Karl Tabouret, dans les pas d’un champion
À 22 ans, Karl Tabouret s’apprête à disputer ses premiers Jeux Paralympiques. Un statut de primo-paralympien qui fait de lui le plus jeune homme de l’Equipe de France.
« Ce sont mes premiers Jeux, je ne peux pas arriver la fleur au fusil. » Les Jeux n’ont lieu que tous les quatre ans. L’enjeu est différent des autres compétitions. Un peu stressé, il mesure l’importance du rendez-vous, lui qui en rêvait depuis l’enfance. Il réalisera ce défi devant sa famille, présente en nombre pour l’encourager. « Je suis content qu’ils viennent. Leur présence va m’apaiser. »
Particularité du para ski nordique, les athlètes disputent à la fois le para ski de fond et le para biathlon. Plus performant sur le fond, Karl en fait sa priorité, et plus particulièrement le classique, sa spécialité.
Depuis deux ans, Karl s’impose progressivement sur la scène internationale avec sept podiums en coupe du monde. Aux championnats du monde 2025 à Trondheim, il franchit un cap en devenant champion du monde en sprint classique et vice-champion du monde sur le 10 km classique. Des résultats qui l’installent parmi les athlètes capables de jouer des médailles aux Jeux de Milan-Cortina 2026.
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Dans les pas de Benjamin Daviet
Karl avance avec des repères solides, notamment aux côtés de Benjamin Daviet, figure du para ski nordique et ancien porte-drapeau de la délégation tricolore aux Jeux de Pékin 2022. « C’est comme un frère pour moi. On passe autant de temps ensemble qu’avec notre famille. »
Entre eux, pas de rivalité mal placée. Ils ne se tirent jamais dans les pattes. Au contraire, ils se font progresser mutuellement. « Il m’a donné des pièces du puzzle qu’il avait apprises avec l’expérience. »
En biathlon notamment, Karl est devenu plus habile cette dernière saison. Une nouvelle technique d’installation au pas de tir, inspirée de celle de son coéquipier et travaillée avec sa coach, Anaïs Bescond, championne olympique en biathlon, lui a permis de gagner un temps précieux, et lui a permis de signer ses premiers résultats. « J’ai gagné facilement plus de cinq secondes grâce à leurs conseils. »
À ce niveau, chaque seconde compte. Et s’il rêve un jour d’atteindre le palmarès de son aîné (dix médailles paralympiques et plus de 86 podiums en coupe du monde), il sait le chemin encore à parcourir. « Il va falloir en gagner des courses. » dit-il en rigolant mais avec une lueur dans les yeux.
Entre ambition et apprentissage, Karl Tabouret ne choisit pas. « Des médailles oui, mais je suis aussi là pour prendre un maximum d’expérience pour faire encore mieux dans quatre ans. » Sa prochaine échéance paralympique pourrait se disputer à une heure de chez lui, dans les Alpes françaises.