Oscar Burnham : “On se tire vraiment la bourre”

Oscar Burnham, para ski alpin, portrait

CPSF

Oscar Burnham est un nouveau venu chez nos Bleus. Il fait ses premiers Jeux Paralympiques en Chine, à l’âge de 22 ans. Il y a quatre ans il découvrait les Jeux Paralympiques d’hiver depuis son lit d’hôpital, une paralympiade plus tard, il s’aligne dans cinq épreuves du para ski alpin : descente, slalom, super G, super combiné, géant. Ce passionné d’escalade et de ski de randonnée gravira les sommets pour les premiers Jeux de sa carrière.

 

J’ai vu que tu avais commencé le ski très jeune, pourquoi le ski alpin ? C’est ta maman, monitrice de ski, qui t’a entrainé ?
Ma mère est Italienne et mon père est anglais, je suis né en Sicile, mais mes parents vivaient déjà en France quand je suis né. On habitait à l’année à Tignes, dès que j’ai su marcher ma mère m’a mis sur les skis, c’était naturellement le truc à faire quand tu es un gamin de la station. Puis j’ai suivi le cursus normal en allant au club des sports, les compétitions départementales, régionales... J’ai fait ski études au collège de Bourg St Maurice, petit mon rêve c’était de faire les Coupes du monde, comme tout gamin de cet âge-là qui habite ici.

 

En 2018 un accident te prive de ton avant-bras gauche, quelques mois plus tard tu étais déjà sur les skis, une transition rapide, comment ça s’est fait ?
En juillet 2018, j’ai été amputé de la main gauche suite à un accident. Pendant tout le mois on a essayé de sauver ma main pour finir par décider de couper. J'ai eu un mois pour l’accepter. Ma main n’était pas dans un bel état au fond de moi je savais que ça allait mal finir. On m’avait demandé de choisir si je préférai essayer de sauver ce qui restait ou si je voulais couper. J'ai préféré couper. Par rapport au ski, je faisais moins de compétitions depuis quelque temps car je faisais ma formation de moniteur de ski. A l’hôpital, j’ai réalisé que j’allais devenir handicapé, je me suis dit que je pourrais refaire de la compétition, mais en para. J’ai tapé “Jeux Paralympiques” sur Google et je suis tombé sur des vidéos de skieurs de cette année-là, j’ai trouvé ça cool, j’ai vu Marie Bochet qui skiait avec un seul bâton, je me suis dit, c’est possible.

 

J’ai tapé "Jeux Paralympiques" sur Google

 

Puis je suis allé en centre de rééducation pendant trois mois au centre Rocheplane à Grenoble, et là j’ai eu comme kiné François Dubillot, qui était kiné de l’équipe de France de ski aux Jeux Paralympiques de Sotchi. Il m’en a parlé aussi. Enfin, en novembre Christian Fémy (ndlr directeur du ski à la Fédération Française Handisport), qui vit à Tignes, m’appelle, il savait que je faisais de la compétition avant, il m’a proposé de faire une semaine de ski pour essayer avec eux. C’était parti. Maintenant en dehors des stages avec la Fédération Française Handisport, je m’entraine avec le club de Tignes, en particulier pendant les vacances scolaires.

 

Tu es arrivé très vite en Equipe de France, peux-tu nous raconter tes débuts dans ce collectif et cette ascension soudaine ?
Ils ont été super cool, on est un bon groupe super soudé. On a la chance d’avoir des athlètes qui ont les meilleurs résultats du monde, ça me permet d’apprendre de leur parcours, de leur expérience : la rigueur, le professionnalisme. Moi quand je suis arrivé dans l’équipe, j’étais tout jeune handicapé, ils m'ont appris plein de choses, et en particulier Marie Bochet.

 

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CPSF/L.Percival - Oscar Burnham, Slalom géant, Pékin 2022

 

Marie Bochet, qui a le même handicap que toi, dit de toi que tu es son “petit frère”, peux-tu nous dire quelle-est votre relation ?
Marie est toujours là, prête à soutenir tout le monde dans l’équipe, c’est la grande soeur. Mais moi, sur le plan perso, elle m’a appris plein d’astuces pour m’habiller avec une seule main, pour faire mes lacets, pour étaler mon nutella sur ma tartine le matin. Même si j’avais déjà plutôt bien accepté mon handicap, ça m’a aidé de me retrouver avec des personnes qui avaient leur handicap depuis plusieurs années, ça fait du bien. Ce sont des personnes qui n’ont pas la pitié dans le regard comme j’ai pu en voir après mon accident.

 

Hors du ski, tu es étudiant et moniteur de ski en formation, comment ça se passe ? Tu arrives à gérer ton planning personnel et ton planning sportif ?
Cette année c’était en stand-by, je voulais être concentré sur mes entrainements. J’ai très envie de finir le diplôme de moniteur de ski quand j’aurais un peu de temps. Pour les études, je suis étudiant en ski études sur Annecy en DUT Technique de commercialisation, je suis libéré tout l’hiver, je n’ai cours qu’au printemps.

 

On s’est bien préparé physiquement, on est bien entrainés

 

Lors des Championnats du monde à Lillehammer 2022, les premiers de ta carrière, tu as fait 8e en slalom et 7e en super G, dans quel état d’esprit ces résultats te mettent-ils à l’approche des Jeux ?
Franchement plutôt un bon état d’esprit. Ce sera les mêmes personnes aux Jeux, car on retrouve toujours les mêmes adversaires. Je me retrouve dans un groupe où on se tire vraiment la bourre aux alentours d’une seconde, tu peux être 5e, 4e ou même 3e, et alors tu fais une seconde de plus et tu te retrouves 10e, 11e, 12e. En tout cas, je vais essayer de faire mon meilleur ski, on s’est bien préparé physiquement, on est bien entrainés.

 

Ces Jeux sont particuliers en raison du Covid, as-tu mis en place des mesures spécifiques pour partir le plus sereinement possible et rester concentré sur ta performance ?
Psychologiquement c’est un stress en plus. Avant le départ pour la Chine on a dû s’isoler, c'étaient des contraintes mais ça valait le coup. Tu deviens parano, tu mets du gel hydroalcoolique tout le temps, le masque FFP2 dès que tu sors. C’est un truc qui plane au-dessus de ta tête. Pour m’enlever le plus de stress possible, je n'ai vu personne et comme je suis resté isolé, que j’ai minimisé les risques, je sais que je peux rester concentré au maximum sur ma compétition.

 

Que peut-on te souhaiter pour les premiers Jeux Paralympiques de ta carrière ?
De profiter un maximum, de vivre l’événement, même si c’est particulier cette année, ça va être énorme. J’en rêve depuis que je suis à l’hôpital, je me souviens, j’ai dit à ma maman : « t’inquiète, maintenant que je suis handicapé, je peux faire les Jeux Paralympiques !”  Maintenant j’y suis donc je suis super content, mais je suis surtout un compétiteur. Je vais essayer de me lâcher un maximum et de chercher la meilleure place possible, et aussi de faire mon expérience pour la suite.

 

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