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De Teahupo'o à Trestles : Kauli Vaast et sa prochaine vague olympique

Comment tu décrirais Lowers à quelqu’un qui n’a jamais vu cette vague ?

Lowers, déjà, c’est une vague de classe mondiale. Elle est aux États-Unis, en Californie, à San Clemente, sur la plage de Trestles. C’est l’une des meilleures vagues du monde parce qu’elle propose vraiment toutes sortes de conditions, et que chaque condition est exploitable au maximum en termes de manœuvres. On peut y faire des manœuvres aériennes, surfer puissant, et parfois, quand c’est gros, il peut même y avoir des tubes.

 

Qu’est-ce qui la rend si particulière ?

Ce qui la rend particulière, c’est que c’est vraiment une vague complète, parfaite pour le surf. Elle offre une gauche et une droite, sur un fond de sable et de galets. Il y a énormément de choix possibles sur ce spot, énormément de lignes différentes. C’est vraiment la perfection.

 

Toi, tu es goofy. Est-ce que ça change quelque chose dans ta lecture du spot ?

Oui, je suis goofy (avec le pied droit à l’avant de la planche, ndlr), et j’adore cette vague. J’y suis allé plusieurs fois pour m’entraîner, notamment parce que je participais à l’US Open, qui se déroule en juillet-août à proximité. En tant que goofy, j’aime beaucoup la droite : elle est top backside, donc dos à la vague. Et j’aime aussi beaucoup la gauche. Souvent, il y a le vent parfait pour permettre de réaliser des manœuvres aériennes. C’est un terrain de jeu complet, et c’est pour ça que j’adore cette vague.

C’est un terrain de jeu complet, et c’est pour ça que j’adore cette vague.

 

Est-ce que c’est une vague qui récompense davantage la créativité, la vitesse ou la précision ?

Je pense qu’elle récompense un peu tout ça à la fois. Cette vague-là est vraiment prisée par tous les meilleurs surfeurs du monde parce que tu peux vraiment mettre toute ta vitesse. Il y a des sections qui te permettent de générer toute la puissance que tu as sous tes pieds. Elle offre aussi beaucoup de créativité pour les airs : vraiment, tu peux faire tous les airs possibles. Les sections sont parfaites. Voilà, il faut juste avoir de la houle.

 

À Tahiti, tu avais un lien émotionnel énorme avec le lieu. Comment on construit une connexion avec une vague comme Lower Trestles ?

À Tahiti, oui, la relation était vraiment puissante. C’était incroyable de pouvoir faire les Jeux à la maison. Ces émotions, elles ont été uniques. Pour créer une connexion avec une vague comme Trestles, je pense qu’il faut repartir de ce que j’ai vécu en gagnant à la maison : cette énergie, cette façon dont j’étais mentalement, physiquement, et cette manière de gérer les émotions.

Après, c’est une question d’habitude. Il faut aller là-bas, se familiariser avec le spot, avec l’environnement, avec l’endroit, avec le pays. Les émotions d’avoir gagné sont déjà ancrées en moi. Il va juste falloir essayer de les reproduire au maximum, à la perfection, sur ce spot de Trestles. Et ça va aller, j’espère bien.

 

Est-ce que défendre un titre olympique, c’est plus difficile que le conquérir ?

Je pense que ça va être beaucoup plus difficile que d’aller le chercher. Parce que ça repart à zéro, et là, tu as tout à prouver. Tu as aussi très envie de gagner encore une fois. Je pense que la motivation est encore plus grande, le stress est encore plus grand aussi.

Défendre un deuxième titre en sachant que tu es le tenant du titre, il y a de la pression. Mais il y a aussi de la bonne pression, parce que tu sais que tu as gagné ceux d’avant. Après, c’est à toi de gérer. Je pense que le plus dur, ça va être de le refaire une deuxième fois. Mais ce n’est pas impossible. On y va pour ça !

Défendre un deuxième titre en sachant que tu es le tenant du titre, il y a de la pression.

 

Qu’est-ce qui va changer dans ta façon de te préparer ?

Il va y avoir beaucoup de voyages pour aller là-bas, à Trestles. Je vais essayer d’y aller au maximum, même si on a aussi le tour mondial qui entre en jeu, avec énormément de compétitions, douze étapes de mai à décembre sur les cinq continents. Trestles n’est plus au calendrier depuis cette année, donc il va falloir trouver des moments pour aller s’entraîner là-bas.

On avait déjà fait ça pour les Jeux à Tahiti, même si le circuit des Challenger Series (la deuxième division mondiale où Kauli était jusqu’en 2025, ndlr), comportait moins de compétitions et que j’avais donc davantage de temps pour m’entraîner à Teahupoo. Là, la préparation sera différente, mais tout autant intéressante.

 

Après avoir touché l’or olympique, qu’est-ce qu’il reste à découvrir sur une planche ?

J’ai toujours eu ce rêve de devenir champion du monde dans l’élite mondiale, donc de faire partie du WCT, des 32 meilleurs surfeurs mondiaux. Là, j’y suis. Quatre étapes sont déjà passées au moment de l’interview, et c’est beaucoup d’apprentissage, beaucoup de hauts et de bas.

C’est génial de pouvoir être dans le CT, de pouvoir surfer des vagues parfaites avec les meilleurs mondiaux. Ce qu’il me reste aujourd’hui à aller chercher, c’est un titre de champion du monde.

Ce qu’il me reste aujourd’hui à aller chercher, c’est un titre de champion du monde.

 

Comment tu imagines l’ambiance d’un Trestles aux JO ?

J’imagine qu’il y aura énormément de monde. C’est un événement hyper attendu. C’est assez difficile pour moi d’imaginer tout ça aujourd’hui, mais j’ai hâte de découvrir cette ambiance. Et surtout, j’espère être qualifié pour ces Jeux de 2028 aux États-Unis. Alors on verra bien.

 

Plus globalement, quand tu imagines les Jeux de Los Angeles, quelle image te vient en premier ?

Globalement, pour les Jeux de Los Angeles, la première image qui me vient, c’est que quoi qu’il arrive, et je dis bien quoi qu’il arrive, ça ne pourra pas rivaliser avec les souvenirs de Paris 2024. Au niveau émotion, sportif, énergie, les JO de Paris 2024 à Tahiti étaient juste incroyables. Même si on gagne à Los Angeles, ce que j’espère bien, ça n’atteindra pas l’émotion de 2024.


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