« Les JO, c’est notre compétition ! »
Antoine Brizard : « Cette médaille ira bien à côté de l’autre ! Ce doublé n’avait été fait que deux fois dans l’histoire, à une autre époque (URSS 1964 - 1968 et USA 1984 - 1988, ndlr). A Tokyo, on avait galéré de bout en bout. On sait que c’était le tournoi olympique le plus serré de l’histoire et on finit par s’en sortir… Ici, on a abordé la compétition avec la pression d’être à domicile mais, à part le quart contre les Allemands où ç’a été très chaud, le reste s’est plutôt bien passé... Mais ça fait un moment que je ne suis plus bluffé par notre niveau de jeu, en réalité. Ça fait longtemps qu’on peut faire des choses incroyables. Je suis plus bluffé par notre sérénité, notre maturité. Contre l’Italie, on était dans l’euphorie complète. Aujourd’hui, on était en contrôle. Personne dans l’équipe ne s’est vu perdre. »
Barthélémy Chinenyeze : « Il n’y a même pas de mots. Même dans mes rêves les plus lointains et les plus fous, je n’aurais pas pu imaginer ça. Gagner les Jeux Olympiques deux fois d’affilée, dont une à la maison, on se rend compte qu’on marque l’histoire du volley et du sport français en général. Maintenant, quand vous ouvrirez un livre d’histoire du volley, c’est sûr qu’on sera dedans ! On y sera gravés à tout jamais. La dernière fois qu’une équipe avait réalisé le doublé sur deux éditions des JO, je n’étais même pas né ! Personne ne pourra nous oublier. On a cassé le ‘‘game’’ ! En fait, on s’est découvert un truc : les JO, c’est ‘‘notre’’ compétition ! Championnats du monde ? Championnats d’Europe ? Ce n’est pas trop notre truc. Nous, c’est les Jeux Olympiques, et un peu aussi la Ligue des Nations. Pour la suite de ma carrière, je ne ferai que ça maintenant ! »
Trévor Clévenot : « On a vraiment atteint notre meilleur niveau de jeu sur les deux derniers matchs. Très peu de fautes, très concentrés, lucides, agressifs… On a mis tous les ingrédients. Sortir un match comme ça à ce moment-là, où en plus tout le monde a apporté sa contribution, où tout le monde était dedans, c’est fantastique. On le dit et on le redit depuis quatre ans, on est une famille. On se dit tout, on partage tout, on se kiffe, on se respecte et ça produit une énergie juste magnifique sur le terrain. Je n'ai pas de mots assez forts, c'est indescriptible. Le sacre à huis clos à Tokyo était spécial, mais là c'est juste dingue. On s'est réunis il y quatre mois, mais en réalité c’est dès la fin des Jeux de Tokyo qu’on savait vouloir remettre le couvert. Le public nous a tellement poussé, on va pouvoir maintenant profiter à fond. »
Earvin Ngapeth : « On a fait un gros match collectivement, comme en demies. Pour gagner 3-0 contre l’Italie ou la Pologne, il faut réaliser le match parfait et c’est ce qu’on a fait, portés par une salle incroyable. Dès que tu tiens une équipe comme on l’a fait dès le début, et que ça pousse derrière dans les tribunes, ça devient très compliqué pour les joueurs en face [...] C’est une émotion difficile à expliquer. Ça ne m’était jamais arrivé et ça n’arrivera plus jamais. C’est un moment très particulier, il y avait la famille, les amis... Mon père (Eric, lui-même ancien joueur et aujourd’hui entraîneur, nldr) avait des places pour la finale. Il était tout en haut de la tribune et il a terminé au bord du terrain ! Voilà, on l’a fait, on a réussi. On s’était vraiment préparés pour ça, ç’a été un combat quotidien. Je suis vraiment fier de cette équipe. C’est un groupe spécial. »
Benjamin Toniutti : « Deuxième médaille d’or, on y est ! C’est indescriptible. On va réaliser petit à petit. C’est dur de trouver les mots, parce que quand tu es gosse… J’avais regardé les JO de 1996 à Atlanta dans un camping, à la télé. Cette année-là, ‘‘Giangio’’ (Andrea Giani, le sélectionneur) avait perdu en finale contre les Pays-Bas. Je rêvais déjà de jouer les Jeux olympiques. À Rio, tu tombes et c’est dur. À Tokyo, tu gagnes et tu ne sais pas trop où tu es. Et gagner les Jeux à la maison, c’est un sentiment qui est décuplé. Tu ne sais même pas trop comment le gérer. L’aventure a été incroyable, l’état d’esprit et ce qu’on a pu mettre comme cœur. On a gagné ce titre avec le cœur et les tripes. On a gagné à Tokyo devant 300 spectateurs et là, on gagne à la maison, devant 12 000 spectateurs et tout le pays qui te suit. Ce sont deux titres complètement différents. Le premier restera le premier, il est gravé. Le deuxième, on le vit dans notre pays. »