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« Mon truc, c'est surtout de ne pas avoir de regrets » : Mélina Robert-Michon vise Los Angeles 2028 

CNOSF/KMSP

Porte-drapeau de l'Équipe de France à Paris 2024, vice-championne olympique à Rio 2016 et toujours animée par la même passion, Mélina Robert-Michon se lance un nouveau défi : participer pour la huitième fois aux Jeux Olympiques. Elle revient sur son parcours, son rapport au temps qui passe et sa motivation intacte à deux ans de Los Angeles 2028. 

 

Sydney 2000, le point de départ d’une histoire hors norme 

Vingt-six ans après ses premiers Jeux, Mélina Robert-Michon garde un rapport ambivalent à ses débuts olympiques. « Ça me paraît loin et, en même temps, j'ai l'impression que ce n'était pas si loin que ça », confie-t-elle. « Il y a de la fierté aussi quand je vois le chemin parcouru, la personne que j'étais à ce moment-là et celle que je suis devenue aujourd'hui. » 

Car à Sydney, rien ne laissait présager la suite. « J'avais l'impression d'être une bonne athlète, mais pas de faire partie des médaillées. Je ne pensais pas qu'un jour je pourrais vivre ça moi aussi. » 

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Ne jamais s'habituer, pour ne jamais se lasser 

Sept participations plus tard, la magie n'a pas disparu. « Non, je ne m'y habitue pas. Et je pense que c'est justement pour ça que j'ai envie d'y retourner », explique Mélina Robert-Michon. « Si j'étais blasée, je n'aurais plus envie de faire les efforts pour y aller. » 

Sa méthode : vivre chaque olympiade comme si c'était la dernière. « La vie du sport de haut niveau est tellement difficile que, sur chaque Jeux, je me suis dit que c'étaient peut-être les derniers. Et j'en ai profité. » 

CNOSF / KMSP

 

Los Angeles dans un coin de la tête  

La décision de viser Los Angeles ne s'est pas prise dans la foulée immédiate de Paris 2024. Comme beaucoup d'athlètes, Mélina Robert-Michon a connu une phase de redescente après la compétition à domicile. « J'étais fatiguée, usée, parce que ces émotions-là, mine de rien, ça use. » 

Le déclic est venu au mois d'avril suivant, lors d'un stage aux États-Unis. « Je me suis retrouvée pendant quinze jours avec des gens qui ont la même passion que moi... J'ai eu l'impression de retrouver un peu la base, de me rappeler pourquoi je fais mon sport. » Se retrouver auprès d'athlètes plus jeunes a suffi à raviver une flamme qu'elle croyait éteinte : « Ce truc que je pensais parti, il est toujours là. » 

Pour la lanceuse de disque, il ne s'agit plus simplement d'être présente aux Jeux. « C'est pour aller encore plus loin dans ce que j'ai fait. Ce sont les challenges qui me motivent. » 

 

Une vie rythmée par les cycles olympiques 

Cette logique de dépassement se retrouve jusque dans l'organisation de sa vie personnelle. « Ce sont des cycles de quatre ans », confirme-t-elle, au point d'avoir planifié ses grossesses pour ne jamais manquer une édition des Jeux. 

Un tournant reste plus marquant que les autres : l'après-Londres 2012, ses véritables premiers « derniers Jeux ». « J'étais hyper fière parce que j'avais terminé cinquième. Et en même temps, j'étais déçue... "Je m'arrête aussi proche du podium." » Tout semblait alors aligné pour une sortie en douceur. « Et puis l'envie a été trop forte. Donc je suis toujours là. » 

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Porte-drapeau à Paris : une fin parfaite refusée 

Porter le drapeau français à domicile aurait pu constituer, sur le papier, une conclusion de carrière idéale. « Je ne peux pas rêver mieux », admet-elle. Mais sa décision de continuer répond à une autre logique : « Si je ne le fais pas, je ne le saurai pas. » 

Elle refuse catégoriquement qu'un chiffre dicte la fin de sa carrière : « J'arrêterai vraiment parce que l'envie ne sera plus là ou parce que je n'aurai plus le niveau. Mais je n'arrêterai pas parce qu'on a décidé qu'à 30 ans, c'était fini. Je pense même que l'âge est devenu une motivation. » 

 

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Ne pas trop se projeter, la clé de la longévité 

Interrogée sur son dernier lancer olympique, elle assure ne pas y penser en dehors des compétitions elles-mêmes. « Je pense que le fait de ne pas trop me projeter, c'est peut-être aussi pour ça que j'ai duré. » 

Des années de haut niveau supposent forcément des ajustements. « Si j'avais fait la même chose tous les jours pendant 26 ans, je pense que j'en aurais eu marre », reconnaît-elle. « Aujourd'hui, je connais mieux mon corps, mes forces et mes faiblesses. Donc je joue aussi avec tout ça. » 

Face à un tel parcours, la question des regrets s'impose presque d'elle-même. « Forcément, j'aimerais bien avoir plus de médailles. Mais en même temps, je me dis que c'est ce parcours-là qui fait la personne que je suis aujourd'hui. Et la personne que je suis aujourd'hui me plaît », résume-t-elle. 

 

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Mélina Robert-Michon fêtant sa médaille d'argent aux Jeux Olympiques de Rio en 2016.

 

Un message de résilience pour la relève 

Avant de raccrocher, Mélina Robert Michon tient à transmettre un message clair aux jeunes sportifs : ne pas se laisser enfermer dans les discours sur l'âge. « Ce n'est pas parce que, toi, cette première fois ne s'est pas bien passée que tu n'auras jamais ta médaille. » Sa règle de vie, elle la résume en une phrase : « Mon truc, c'est surtout de ne pas avoir de regrets. Ça marche, ça ne marche pas, mais au moins tu as essayé. Et tu n'as pas de regrets. » 

 

L'après carrière, une page volontairement blanche 

Sur ce qui l'attend une fois le sport terminé, Mélina Robert-Michon reste ouverte. « J'ai eu plein d'idées au fil du temps parce qu'en fonction des périodes de ma vie, j'avais des envies différentes. Je ne m'impose rien et je vois comment ça va s'organiser », conclut-elle. 

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