Deux titres olympiques, un nouveau défi devant : le volley français se réinvente pour Los Angeles 2028
Deux ans après Paris 2024, l’équipe de France de volley entame un nouveau cycle olympique. Cet été, plusieurs de ses champions olympiques ont choisi de prendre du recul avec la sélection nationale, ouvrant naturellement la porte à de nouveaux visages. Un renouvellement que les cadres encore présents accompagnent au quotidien, à l’image d’Antoine Brizard, devenu capitaine des Bleus depuis la retraite internationale de Benjamin Toniutti, et de Trévor Clévenot. Face à eux, une nouvelle génération prend progressivement ses marques, à l’image de Mathis Henno et Daniel Iyegbekedo. Entre héritage, transmission, exigence et insouciance, c’est un nouveau collectif qui se construit, avec Los Angeles 2028 déjà en ligne de mire.
À l’heure de reprendre le chemin de l’équipe de France, une chose est claire : le passé appartient au passé. « On n’a pas vraiment envie d’y penser, on a encore envie de gagner des titres et c’est pour ça qu’on est là », résume Trévor Clévenot. Après deux sacres olympiques consécutifs, le défi est désormais de repartir avec de nouveaux objectifs et un groupe qui évolue, sans renier ce qui a fait sa force.
Quand les champions deviennent les anciens
Pour Antoine Brizard, la prise de conscience a été plutôt directe : « Je me suis rendu compte que j’étais littéralement le plus vieux de l’équipe. Et que Dani a 15 ans de moins que moi. » Avec le brassard de capitaine désormais sur l’épaule, le passeur des Bleus occupe une position nouvelle dans ce groupe où il fait partie de ceux qui ont déjà connu le sommet.
Son rôle dépasse désormais les aspects purement sportifs. Ce qu’il cherche à transmettre aux nouveaux venus tient avant tout à l’exigence nécessaire pour atteindre le très haut niveau : « Tout le monde est fort dans l’équipe. Tout le monde a du talent. Mais tout le monde a du talent partout dans toutes les équipes. Donc j’essaie de montrer qu’il faut faire plus pour espérer y arriver. »
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Une réalité que Daniel Iyegbekedo a rapidement découverte lors de ses premiers rassemblements. « J’étais à l’aise dans le groupe », raconte-t-il, notamment grâce à la présence de plusieurs jeunes. Mais l’équipe de France lui a aussi imposé de nouvelles habitudes, jusque dans les détails du quotidien : « Ce qui m’a marqué le plus, c’est qu’il fallait arriver un petit peu en avance à tous les rendez-vous. » Lui qui avait « l’habitude d’arriver un peu en retard malgré "lui" » a dû revoir ses réflexes.
Pour Mathis Henno, l’apprentissage passe davantage par l’observation. Les joueurs ayant déjà remporté deux titres olympiques sont naturellement devenus des références : « Antoine, Trévor, des joueurs comme eux, je pense que ce sont un peu les exemples à suivre. »
L’expérience des uns, la fraîcheur des autres
Cette nouvelle configuration du groupe fait émerger une complémentarité entre deux générations qui n’ont pas vécu les mêmes étapes, mais qui peuvent désormais avancer ensemble.
Trévor Clévenot reconnaît volontiers ce que les jeunes apportent aux anciens : « Eux, ils apportent un peu de folie, d’insouciance, que nous on a perdu avec l’âge. » En retour, les cadres veulent apporter leur expérience et leur exemplarité, convaincus que les deux dimensions sont nécessaires pour performer : « Je pense que c’est un bon mix qui fait que ça peut performer. Et je pense qu’il y a besoin des deux pour aller loin. »
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Pour Antoine Brizard, cette jeunesse constitue même une nouvelle source de motivation. « Ils nous apportent la fraîcheur des premières années, leurs talents », explique-t-il. Voir des joueurs plus jeunes progresser lui donne une énergie supplémentaire : « Ça nous donne beaucoup de force. Ça nous booste. Ça donne un nouvel objectif aussi pour nous. »
Le capitaine imagine déjà la suite, avec l'idée de voir l'un de ces jeunes atteindre un jour les sommets : « D’imaginer qu’un d’eux, peut-être lui là [Mathis], un jour sera le meilleur joueur du monde. Un peu grâce à nous. C’est un boost énorme pour nous. »
Une transmission qui fonctionne donc dans les deux sens et qui donne au groupe une identité particulière. Daniel Iyegbekedo la résume en trois mots : « Folie, expérience et mix. »
Un troisième titre olympique comme nouveau défi
Après Tokyo et Paris, difficile de ne pas penser à une éventuelle troisième médaille d’or consécutive. Pour Trévor Clévenot, le défi est historique : « La motivation est que personne ne l'a réalisé. Je pense que c’est quelque chose qu’on aimerait écrire. »
Mais pas question pour autant de brûler les étapes. Avant de penser au podium de Los Angeles 2028, les Bleus devront décrocher leur qualification. « La première chose où on doit s’arrêter, c’est de choper la qualif. Parce que c’est pas facile du tout, surtout en étant un pays européen », rappelle Trévor. La pression n’est donc pas encore d’actualité. « Pour le moment, la pression n’est pas là. (Pour Los Angeles. ndlr.) Elle arrivera peut-être plus tard, le jour où on se qualifiera », poursuit-il.
Pour Mathis Henno, côtoyer les doubles champions olympiques au quotidien doit justement permettre de transformer l’ambition en moteur : « Je pense pas qu’il faut prendre ça comme une pression. Je pense qu’il faut plutôt prendre ça comme un challenge. Et se dire qu’on peut atteindre nous aussi ces sommets-là. »
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Los Angeles 2028 comme horizon, sans brûler les étapes
À deux ans des Jeux, difficile d'imaginer précisément à quoi ressemblera l'équipe de France. Antoine Brizard donne d'abord une réponse très pragmatique : « Un groupe qualifié déjà, parce que pour l’instant c’est pas le cas. »
Trévor Clévenot se projette néanmoins sur une équipe qui aura gagné en maturité. Les joueurs auront eu le temps de progresser dans leurs clubs, notamment à l'étranger, et pourront revenir avec davantage d'expérience à mettre au service de la sélection : « J’espère que ce sera de cette manière-là. Avec des joueurs qui seront encore plus matures. Et qui auront encore plus d’expérience à apporter au groupe. »
Mathis formule, lui, un souhait plus collectif : conserver une grande partie de ce groupe. « J’espère que ce sera à peu près le même groupe. Parce que si on est à Los Angeles 2028, c’est parce qu’on s’est qualifiés avec cette équipe-là. Moi je me suis attaché à ce groupe. »
Une projection encore lointaine, mais une ambition déjà clairement posée. Antoine Brizard résume le niveau d’exigence attendu : « Si on est qualifiés, j’espère que ce sera un groupe médaillable. »
Pour l’instant, le chemin commence ailleurs : dans les entraînements, les premiers rassemblements et la construction de ce nouveau collectif. Les deux titres olympiques appartiennent à l’histoire. Ce nouveau collectif, lui, est déjà en train d’écrire la sienne.
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