Émilien Jacquelin : « Un ambassadeur du monde de l’hiver »
À quelques heures de sa première sélection en équipe de France de cyclisme, nous avons retrouvé Émilien Jacquelin pour évoquer ce nouveau défi dans sa carrière et la manière dont ses années au plus haut niveau en biathlon peuvent l’aider à franchir ce nouveau cap.
Comment s’est décidée cette sélection en Équipe de France ?
C'est venu assez naturellement, en accord avec le CNOSF et la Fédération Française de Cyclisme. Cela a toujours été pour moi un honneur de porter les couleurs de la France et du Comité National Olympique, depuis le Festival Olympique de la Jeunesse Européenne en 2013 et ensuite sur trois Jeux Olympiques d’hiver. Ayant tenté cette nouvelle aventure dans le cyclisme, la symbolique et le fait de pouvoir incarner ces valeurs dans une compétition de sports d’été nous a tous plu. Je suis comme un ambassadeur du monde de l’hiver qui vient dans le milieu des sports d'été. C'était à la fois un beau clin d’œil et une belle opportunité, et je suis très content d’être là.
Vous avez une très longue expérience des grands rendez-vous sportifs mais c’est un baptême en sports d’été : que ressentez-vous depuis votre arrivée à Tarente ?
Elle a le goût des premières fois. J’ai découvert un Village dans lequel on croise beaucoup de sports collectifs, des sports de combat, du canoë-kayak… Je suis quelqu’un de très curieux dans la vie et j’aime ces échanges avec des sportifs et tout un collectif France que je n’ai pas l’habitude de côtoyer au quotidien. C’est rafraîchissant et enrichissant. J’ai pu prendre le petit déjeuner avec certains athlètes qui sont eux aussi contents que je puisse être ici et qui se montrent intéressés, de leur côté, à l’idée de découvrir un athlète des sports d’hiver. On s’est dit avec des gars du canoë qu’on allait regarder des épreuves à la télé ensemble, par exemple.
Sentez-vous aussi de leur part une curiosité vis-à-vis de votre démarche d’explorer un deuxième sport à haut niveau ?
Oui clairement, je sens une curiosité, autant liée à ma démarche actuelle qu’à une d'actualité encore très récente, à savoir celle des Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Il y a la curiosité de savoir comment se sont passés les JO d'hiver, comment je les ai vécus, des petits détails sur la préparation… en même temps que les interrogations sur le nouveau challenge que je me suis fixé. Discuter de tout cela avec d’autres athlètes est un réel plaisir, j’échange là-dessus sans souci avec quiconque m’interroge.
Comment abordez-vous la course elle-même ? Quelles ambitions nourrissez-vous lundi ?
Étant le seul Français engagés, je vais essayer de développer mes qualités tactiques. La configuration de course va surtout dépendre des autres nations, je pense notamment aux équipes d'Italie et d’Espagne. Toutefois cela reste des effectifs de quatre au maximum, pas non plus des équipes de sept avec un leader et six équipiers qui roulent pour lui, donc ça peut quand même être une course décousue, qu’aucune équipe ne parvient à vraiment verrouiller. J’ai vu en reconnaissance qu’il y a quelques parties accidentées. En outre, la chaleur et l’humidité peuvent rendre le parcours difficile. Donc je vais essayer de sentir la course, être fin tacticien pour prendre les bonnes décisions et me retrouver à l'avant quand ça comptera le plus. L’objectif quand on prend un départ en Équipe de France est toujours la médaille. On se doit d’être ambitieux en endossant ce maillot. Après, cela reste du cyclisme, une feuille et des écarts n’expliquent pas tout. Une fois en course, beaucoup de choses peuvent se passer. Ça ne dépendra pas que de moi et de ma forme.