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En para dressage, la force d’un binôme 

Vladimir Vinchon, para équitation

Du 19 au 23 août, les cavaliers de l’Equipe de France disputent les championnats du monde de para équitation à Aix-la-Chapelle. Mais avant la performance, il y a ce duo unique entre le cavalier et le cheval. Les athlètes Alexia Pittier, Chiara Zenati, Vladimir Vinchon et Vincent Brunet racontent cette relation qui se construit au fil des jours.   

En para dressage, le cheval est un véritable coéquipier. Si le cavalier est souvent mis en lumière, le cheval fait partie intégrante de la performance. Chaque mouvement est le résultat d’un travail quotidien mais aussi d’une confiance construite ensemble. Car avant de former un couple performant, le cavalier et le cheval doivent apprendre à se connaître.  

Vladimir Vinchon partage sa vie avec Pégase Mayenne depuis près de sept ans. « Je vois mon cheval tous les jours. Si je ne le monte pas, je vais m’en occuper. On ne construit pas un couple de haut-niveau sans avoir du temps ensemble pour créer cette osmose, cette complicité. »  

Pour Chiara Zenati, cette relation s’est aussi construite progressivement avec son cheval Zeus. « J’ai commencé avec un travail à pied, pour travailler le respect entre nous. Au début, il fouillait toujours dans mes poches à la recherche de bonbons !» raconte-t-elle en souriant.  

Une relation qui dépasse les entraînements. « J’ai déménagé pour me rapprocher de lui et pour le connaitre un peu plus afin de créer une confiance mutuelle à l’approche des grosses échéances. Je m’occupe de lui tous les jours.»  

Pour Alexia Pittier, en duo avec Sultan 768, la confiance est au cœur du couple. « On construit une relation par la patience, la passion, l’amour du cheval. Le couple se construit sur la confiance, prendre le temps de se comprendre sans les mots, à pied et à cheval.»  

Trouver le cheval qui correspond 

En para dressage, cette relation repose sur une forme d’adaptation mutuelle. Chaque handicap implique une manière différente de monter et de communiquer avec son cheval. Le choix du partenaire est essentiel pour répondre aux besoins de chaque cavalier.  

Pour Vladimir Vincent, qui monte sans jambe droite, Pégase Mayenne s’est rapidement imposé «J’avais besoin d’un cheval qui restait droit. Pour Pégase Mayenne, ça a été instinctif et facile.»  

Vincent Brunet cherchait avant tout un cheval calme et sécurisant. Il l’a trouvé avec Drazic. « Dès que je suis monté dessus, on a rapidement compris que ça serait ce cheval. C’est une crème, il ne fait jamais de geste brusque. » 

Pour Chiara Zenati, l’adaptation était primordiale. « Le potentiel d’un bon cheval, pour moi, est qu’il marche bien. Comme je monte qu’avec une seule main, le cheval s’adapte à cette pratique. » 

Et parfois, la rencontre ressemble à une évidence. Celle entre Sultan 768 et Alexia Pittier a été immédiate. « Ça a été un coup de foudre ! Le feeling est très important dans le choix d’un cheval, ça va être notre coéquipier de vie, donc c’est important d’avoir une connexion dès le début."

Elle a choisi un jeune cheval pour pouvoir construire cette relation dans le temps. « Aujourd’hui, c’est plus facile de communiquer car on a pris le temps d’être ensemble, de construire des codes spécifiques en fonction de mon handicap. »  

 

 

Se comprendre sans les mots 

A force de partager leur quotidien, les cavaliers apprennent à lire leur cheval. Un mouvement, une réaction, une attitude peuvent parfois en dire bien plus que les mots.  

Vladimir Vinchon a appris à communiquer avec son cheval «On est un vieux couple, il me connait et je le connais par cœur. C’est une vraie éponge émotionnelle, il ressent toutes mes émotions. Mais c’est aussi une vraie machine à bisous ! »  

Cette sensibilité est mutuelle. Chiara Zenati a beaucoup appris aux côtés de Zeus, notamment à se remettre en question. « Si je perds le contrôle sur mes émotions, Zeus va encore plus paniquer. Il m’a appris à toujours gérer mes émotions. Parce que c’est comme ça qu’on va y arriver tous les deux.» 

Avec Drazic, Vincent Brunet a aussi appris à écouter son partenaire « Il gère ses émotions, il prend sur lui. Dès qu’il ne comprend pas quelque chose, il s’arrête plutôt que de surréagir.»  

Pour Alexia Pittier, un simple regard peut suffire. « On voit quand ils ne vont pas bien, on voit quand ils vont bien, on apprend à les connaitre. Sans parole, on développe encore plus de sensibilité. »  

Un binôme, mais jamais seul 

Derrière chaque couple, il y a aussi toute une équipe. Groom, coach, vétérinaire, maréchal-ferrant, masseur, school rider…. Tous participent à la préparation quotidienne du cheval et veille à son bien-être. 

« Sultan 768 est un cheval de famille. Avec mon conjoint, qui est aussi mon groom, on s’occupe de nos chevaux à 100%. On leur donne la possibilité de faire plein d’activités différentes pour le garder en forme en tant qu’athlètes. On respecte leurs besoins physiologiques de cheval.» explique Alexia Pittier.  

Cette équipe permet aussi au cavalier de se concentrer pleinement sur sa performance au moment d’entrer en piste. 

« Aujourd’hui je suis en pleine confiance, mon cheval va vraiment très bien. Mon équipe est présente pour me permettre de me détacher et de s’occuper du cheval avant notre entrée en compétition. Au quotidien, on routine le cheval pour son bien-être et éviter quelconque stress. » souligne Vladimir Vinchon.   

Aix-la-Chapelle, première étape vers Los Angeles  

Ce matin, les Bleus ont débuté les championnats du monde à Aix-la-Chapelle.  

Membre de l’Equipe de France depuis un an, cette compétition est ses premiers mondiaux de Vincent Brunet. « Je suis serein pour mes premiers mondiaux. »  

A deux ans des Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028, l’enjeu de cette compétition est important. La France peut décrocher un quota dès cette échéance. Mais pour les cavaliers français, l’objectif ne se résume pas qu’à la qualification. 

« On va donner le meilleur de nous-mêmes et représenter quelque chose d’harmonieux et qui nous ressemble. Mon objectif est de respecter mon cheval avant tout.» résume Alexia Pittier.  

Chiara Zenati partage cet enjeu « Je souhaite que Zeus reparte d’Aix-la-Chapelle avec de bons souvenirs et qu’il soit bien dans sa tête. »   

En para dressage, avant de chercher la performance, il faut d’abord construire une confiance entre le cavalier et le cheval. 


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