Jules Segers, une montée en puissance
CPSF/Grégory Picout
« Je suis là pour les médailles » Jules Segers, sans arrogance, pose simplement les choses, comme une évidence. À l’approche des Jeux de Milan-Cortina 2026, le skieur affiche une sérénité qui contraste presque avec l’ampleur de l’événement.
Quatre ans plus tôt, à Pékin, il découvrait les Jeux Paralympiques, à seulement 19 ans. Sans trop d’attente sur ses résultats, sa participation avait plutôt un aspect de gain d’expérience et d’apprentissage que de performances. « Un outsider », comme il le dit lui-même. Depuis, le décor a changé.
Plus performant, plus confiant
En deux saisons, Jules est monté en puissance. Ses deux médailles en slalom et slalom géant remportées aux championnats du monde de Maribor en 2025 sont un déclic majeur de sa carrière. Sa progression continue et se confirme sur le circuit des coupes du monde. Huit podiums cette année, qui s’ajoutent aux cinq de la saison passée.
« C’est ma meilleure saison de tous les temps ». En slalom géant, sa discipline de prédilection, il ne quitte plus les podiums. Son pire résultat cette saison ? Une troisième place. Sa régularité lui permet de se classer 2e au général du slalom et 3e au classement de toutes disciplines. Côté vitesse, Jules surprend avec une 3e place au général du Super-G, une discipline dans laquelle il se sent plus confiant.
CPSF/Grégory Picout
S’adapter aux conditions
Derrière cette progression, il y a aussi les ajustements, parfois contraints. Comme ce changement de règlement dans sa classification qui l’oblige, depuis novembre 2023, à skier avec un seul bâton. Une évolution loin d’être anodine, notamment en slalom. « C’est plus compliqué. Avant j’étais plus géantiste que slalomeur », reconnaît-il. Une adaptation technique permanente, presque invisible pour le grand public, mais déterminante au plus haut niveau.
A travers les images des épreuves féminines aux Jeux Olympiques, Jules analyse la piste de Cortina d’Ampezzo, qu’il connaît déjà. Il voit des mouvements de terrain, des trajectoires à prendre, des erreurs à éviter « C’est une belle piste. Ce n’est pas la plus difficile, mais on peut vite sortir si on ne fait pas une bonne reconnaissance et qu’on n’est pas juste sur nos lignes. ».
Il garde notamment un bon souvenir de cette piste, où il avait signé la 2e place en slalom en 2023. Il la juge relativement plate pour le slalom, ce qui joue à son avantage, meilleur sur le plat que sur les pistes plus raides.
Au-delà des ambitions individuelles, un rêve partagé
Malgré l’importance des Jeux Paralympiques, Jules reste calme « ça reste de la neige et des piquets, avec les mêmes concurrents qu’en coupe du monde ». Il choisit de ne pas se laisser impressionner par la grandeur de l’évènement, et de rester serein et concentré sur ses ambitions. Habitué aux compétitions avec le Ski Club des Gets depuis son enfance, il a conscience que dans le ski tout peut basculer en une manche.
Dans cette Equipe de France de para ski alpin resserrée, composée de 8 athlètes, des liens forts se ressentent. Avec Arthur Bauchet et Oscar Burnham, Jules partage une ambition qui dépasse sa propre performance. Ils rêvent d’une Marseillaise sous un podium entièrement bleu-blanc-rouge. Une ambition dite avec le sourire, mais qui montre toute la cohésion et le dynamisme de cette Equipe.