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Relais open : “Deux passages, tu sais que ça va faire mal”

Para ski de fond, relai open

GettyImages/Chung Sung-Jun

Tous sont unanimes : “Cette course-là, elle n’est pas comme les autres”. Entraineurs, athlètes, guides, staff médical et technique, l'opinion fait consensus. On a donc voulu savoir pourquoi, et on a compris que ce n’était pas envoyé à la légère. Dans sa forme, le relais open de fond c’est 10km de ski de fond, découpés en quatre passages de 2,5km. Ce relais fait pour quatre para skieurs, nos Bleus le font à deux, charge à chacun d’encaisser deux fois 2,5km d’effort violent. Une contrainte qui ne fait pas peur à nos vice-champions du monde en titre.

 

Aujourd'hui samedi, la veille du dimanche 13 mars, ils le savent déjà, ils auront du mal à s’endormir. Le lendemain ce sera leur ultime épreuve aux Jeux, la plus collective, la plus éprouvante, sans aucun doute. Ils seront quatre au départ : Benjamin Daviet (LW2), Anthony Chalençon (B1), guidé par Brice Ottonello pour le premier tour, puis par Alexandre Pouyé. Pour Benjamin Daviet et Anthony Chalençon, l’enjeu au niveau physique sera douloureux : “Ça peut expliquer le stress avant. Deux passages, tu sais que ça va faire mal" explique Brice Ottonello.

 

N°1 classique, n°2 skate, n° 3 classique, n° 4 skate
La course impose que le premier et le troisième relayeur skient en classique, la spécialité de Benjamin Daviet la “Machine à bras” du Grand-Bornand. C'est donc lui qui s’élance en premier “Comme j’ai la vue, c'est plus pratique pour moi de prendre le départ au début avec tout le monde autour. Quand je passe le relais à Antho, ça lui laisse plus d’espace de liberté car il y a un peu moins de monde.” Anthony Chalençon enchaine alors en skate, guidé sur son premier passage par Brice Ottonello.

 

Guider avec la voix, dans le brouhaha
Avec le sprint, le relais de fond est la seule course en confrontation directe. Une difficulté supplémentaire pour les skieurs déficients visuels qui s'orientent à la voix de leurs guides, comme nous l’explique Brice : “Le truc c’est que, même au milieu de tous les autres, on continue à parler comme on fait d’habitude. Ne surtout pas crier sinon ça part en vrille. Il faut qu’Antho ne perde pas mon son, il ne faut pas lui montrer qu’il y a de la tension. Je dois me recentrer sur les infos essentielles, les pas à faire, l’avertir de la chute d’un concurrent devant qui pourrait le gêner... Et tout ça, on doit le faire de la manière la plus calme possible.” Et si parfois, dans l’intensité de la course, certains guides viennent se mettre entre les skieurs, ne jamais se déconcentrer : “On ne peut pas se permettre de laisser des mètres, s’il y a du brouhaha, on reste dedans.”

 

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CPSF / G. Picout

 

Entre les deux tours, courir pour drainer le muscle
Entre le premier et le deuxième passage d’Anthony, pendant que Benjamin effectue lui son deuxième tour, un ballet express et millimétré se met en marche au bord de la piste. Chacun sa partition, tout le monde entre en action. Brice Ottonello transmet son haut-parleur à Alexandre Pouyé, qui à son tour s’équipe. De son côté, Anthony Chalençon déchausse et part courir avec un kiné de l’Equipe de France pour rester chaud et drainer ses muscles. Un technicien récupère ses skis et les prépare pour le deuxième tour. Une fois équipé Alexandre Pouyé reste actif avec Anthony. Au besoin, un kiné masse rapidement les jambes d’Anthony, et il est déjà temps de repartir pour un second tour, de l’acide lactique encore plein les jambes. Alexandre Pouyé guide Anthony en finisher, il donne de la voix et motive son coéquipier sur ce dernier tour. Brice Ottonello a terminé son travaille de guide, reste celui de coéquipier et supporter numéro 1 : “Je cours partout, sur la moindre portion de piste où je peux les encourager. Je n’ai plus les cartes en mains, il y a de la tension, du suspens, c’est excitant mais ça passe vite.”

 

On n’a pas d’entrainement particulier

 

Quand on demande à Brice Ottonello comment ils préparent cette course, la réponse est claire : “On n’a pas d’entrainement particulier” La raison ? Un passage de relai qui se fait dans une zone d’échange, le premier skieur coupe la ligne et le suivant part, pas besoin de toucher le premier skieur, il n’est donc pas nécessaire de répéter un geste particulier. La difficulté principale se joue sur la fatigue, comme cette épreuve arrive toujours en toute fin de compétition, il faut gérer avec la forme du moment insiste Brice: “L’important c’est l’esprit, c’est de vouloir gagner. Sur le physique, on ne peut pas préparer que le relais, et de toute façon tous les athlètes alignés sont les meilleurs du moment.

 

La seule équipe à faire le relais à deux
Ce dimanche, ils seront la seule équipe à effectuer ce relai avec deux skieurs. Chez les concurrents la composition des équipes est un savant calcul pour mettre toutes les chances de leur côté, comme nous l’explique Brice : “Il faut avoir un cumul qui ne dépasse pas 380% de handicap* avec tes quatre concurrents, en général les équipes tournent autour de la fourchette haute, pour être les moins handicapés possibles. Un fauteuil c’est 10% de moins par exemple, donc tu peux compenser avec un debout qui envoie plus fort.

Il y a quelques semaines, à Lillehammer, nos Bleus ont décroché l’argent, derrière la Russie. En Chine, ils espèrent de nouveau briller, même si les champions du monde en titre sont absents, la bataille s’annonce relevée avec la Norvège, le Canada, les USA, “Il faudra se méfier de tout” conclut Brice.

 

* Le pourcentage de Benjamin Daviet est de 93% et celui d’Anthony Chalençon de 88%.

 

Benjamin Daviet :
“Le relais ça dépend de tout le monde et c’est ça qui est encore plus beau”

 

Cette épreuve semble vous tenir tout particulièrement à cœur. Tu peux me dire pourquoi ?
Cette épreuve elle tient à cœur à tout le monde. C'est de la course d’équipe, mais comme on est que deux, on sait que c’est comme ça, on n’a pas le choix de faire autrement. S'il y a une récompense, c’est une médaille de groupe pour Vincent, pour Pascal (ndlr : les entraineurs), pour le technicien, pour les kinés... Comme je le dis tout le temps, entre les stages et les compétitions, on vit quasiment 180 jours par an ensemble, on est une famille et partager une médaille avec cette famille-là c’est fabuleux. La médaille individuelle c’est ton résultat à toi, que tu as mis en place depuis plusieurs années. Le relais ça dépend de tout le monde et c’est ça qui est encore plus beau.

 

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CPSF / G. Picout

 

Peux-tu nous décrire l’effort à fournir ?
C’est tellement intense, c’est 5min 30 de course chacun en moyenne, c’est un effort brusque et court. Tu vas monter très vite en acide lactique et ton temps de récupération entre les deux relais est très court, surtout pour moi qui ne suis qu’en poussée, et donc forcément plus lent que quelqu’un qui est en skate. Quand j’enchaine mon deuxième tour, je suis déjà dans une phase lactique, donc je suis plus lent, je vais perdre en moyenne quinze secondes, Anthony c’est pareil, donc à deux on perd déjà trente secondes sur deux tours.

 

Elle nous tient tellement à cœur cette course qu’on arrive toujours à se démener.

 

Si vous aviez un troisième ou un quatrième relayeur, ça faciliterait les choses ?
Si on avait un troisième relayeur, comme nous avions à l’époque avec Thomas Clarion, on ne perdait que 12 ou 15 secondes là. Et ces 12 ou 15 secondes là elles peuvent faire la différence à l’arrivée. A quatre tu perds moins de temps, tu peux jouer plus facilement devant. Nous, la chance qu’on a, c’est qu’on est costauds physiquement et mentalement. Elle nous tient tellement à cœur cette course qu’on arrive toujours à se démener.

 

Le relai sera à suivre dimanche 13 mars 2022, en direct sur France TV, à partir de 5h !

 

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