À Los Angeles, les disciplines de la voile française découvrent leur futur terrain de jeu
CNOSF/KMSP
À deux ans des Jeux de Los Angeles 2028, les différentes disciplines de l’équipe de France de voile ont profité du Sailing Grand Slam, disputé du 17 juillet au 8 août à San Pedro et Long Beach (États-Unis), pour découvrir le futur plan d’eau olympique. Nacra 17, 49er, 470, ILCA 6, iQFoil et Formula kite : chacun avec ses spécificités, les Français ont pu confronter leurs premières impressions, accumuler des repères et surtout commencer à comprendre le site olympique de Los Angeles 2028.
Un premier rendez-vous avec le futur terrain de jeu olympique
Pour Aloïse Retornaz et Tim Mourniac, en Nacra 17, cette première venue avait d’abord pour objectif de prendre leurs marques : « L'objectif pour nous, c'est vraiment de découvrir ce plan d'eau olympique, de faire nos gammes dessus et de voir comment le bateau se comporte, comment nous, on réagit dans les conditions ici », explique Aloïse.
En 49er, Clément Péquin et Erwan Fischer ont rapidement constaté que le site ne livrerait pas tous ses secrets en quelques jours.
« Le plan d'eau est quand même très compliqué. On a appris beaucoup de choses. Chaque journée se ressemble un peu mais, finalement, c'est totalement différent », constatent-ils.
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Un constat que partage Louise Cervera, engagée en ILCA 6.
« On nous a dit : “C'est simple, le thermique rentre tous les jours, il va y avoir entre 15 et 20 nœuds.” [...] Mais en fait, pas du tout. On a eu quatre jours où c'était assez compliqué », raconte-t-elle.
Un plan d’eau qui demande de l’adaptation pour toutes les disciplines
À San Pedro, les Français ont rapidement constaté qu’il n’existait pas de recette toute faite. Vent, courant, état de la mer ou encore différentes zones de navigation rendent le site particulièrement exigeant.
En iQFoil, Nicolas Goyard et Tom Arnoux ont notamment insisté sur la nécessité de travailler rapidement sur ses spécificités.
« C'est vrai que c'est différent. C'est pour ça qu'on est là en avance aussi. On vient faire un premier bloc cet été pour découvrir le plan d'eau », explique Nicolas.
Pour les deux Français, cette première expérience doit permettre de préparer la suite : « Il va falloir travailler au maximum sur la spécificité du plan d'eau pour être le plus prêt possible pour le test event et ensuite pour les Jeux. »
En Formula kite, Lauriane Nolot, vice-championne olympique à Paris 2024 et multiple championne du monde de la discipline, apporte un autre regard. « On pouvait penser que le scénario serait le même tous les jours, mais en fait, pas du tout. Il se passe tellement de choses, avec les îles, les digues, les algues, les porte-conteneurs, etc. Donc non, c'est un plan d'eau qui est très joueur, mais qui est très sympa aussi. »
Son expérience à Marseille, pour les Jeux de Paris 2024, lui permet également de comparer les deux sites olympiques. « C'est un plan d'eau où il faut être principalement rapide. [...] C'est un plan d'eau qui est beaucoup moins technique et vraiment plutôt physique », analyse-t-elle.
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Apprendre aussi à vivre les Jeux
La découverte ne s’arrête pas au plan d’eau uniquement. Les Français commencent également à appréhender l’environnement dans lequel ils évolueront en 2028.
Pour Lucie De Gennes et Matisse Pacaud, en double 470, le fait de loger à UCLA, qui accueillera le village olympique, permet déjà de se projeter dans ce futur quotidien.
« On a la chance de loger à UCLA, qui est assez loin, mais qui nous met vraiment dans une ambiance de préparation pour les Jeux Olympiques », expliquent-ils.
Déplacements, distances, rythme des journées : autant de paramètres à intégrer dès maintenant. Pour Tim Mourniac, ces détails comptent.
« L'objectif, c'est de prendre ses marques, de goûter à la vie californienne, de créer aussi des petites routines, que ce soient les transferts entre la marina et nos lieux d'hébergement ou tout simplement s'acclimater », explique-t-il.
Régater pour transformer les observations en repères
Du 17 juillet au 8 août, la compétition a permis aux Français de confronter leurs premières observations à la réalité de la régate.
Pour Aloïse Retornaz et Tim Mourniac, « l'idée, c'est à la fois de prendre nos marques et de se préparer à aller combattre avec les copains ».
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Mais au-delà des résultats, chaque manche permet surtout d’enrichir la connaissance du site. Lucie De Gennes et Matisse Pacaud espèrent ainsi pouvoir multiplier les venues : « Cette année, on va venir qu'une seule fois et on espère revenir une fois par an jusqu'aux Jeux Olympiques. »
Clément Péquin et Erwan Fischer ont déjà cette logique en tête : « L'objectif, c'est d'arriver en 2028 en ayant toutes les cartes en main et en connaissant par cœur le plan d'eau. »
Tous les regards tournés vers 2028
Cette première immersion californienne aura donc permis à chaque discipline de repartir avec ses propres enseignements : vitesse, vent, courant, zones de navigation, environnement, déplacements ou encore adaptation aux conditions.
Mais l’un des principaux atouts des Français est justement de ne pas découvrir ce terrain de jeu seuls. Les expériences de chacun peuvent nourrir celles des autres, même lorsque les supports sont différents.
« La grande chance qu'on a aussi, c'est d'avoir tous les autres membres de l'équipe de France qui sont présents. Ça permet d'avoir les retours de chacun sur chaque navigation et zone de course et de pouvoir débriefer ensemble », soulignent Clément Péquin et Erwan Fischer.
Nicolas Goyard partage cette vision : « On a tous des visions différentes du plan d'eau. [...] Ça permet d'avoir un autre œil, un œil extérieur. »
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À deux ans des Jeux, chaque navigation, chaque observation et chaque retour compte. Les Français ont encore du temps pour transformer ces premières découvertes en automatismes. Et surtout, ils peuvent compter sur une force commune : le collectif France.
Pour Lauriane Nolot, cette découverte est aussi l’occasion de se projeter vers ce qui attend la voile française en 2028 : « Je pense que ça peut vraiment être des Jeux qui vont faire rayonner la voile. Et ça peut être génial de faire partie de ça. »
À San Pedro, chacun découvre son futur terrain de jeu et, ensemble, les Français posent déjà les bases pour mettre toutes les chances de leur côté aux Jeux de Los Angeles 2028.