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Alpes 2030 : les 5 choses à savoir sur le sprint par équipes, nouvelle épreuve olympique, avec Timothy Loubineaud et Violette Braun

Combinaison aérodynamique, casque profilé sur la tête, lames d’acier d’un millimètre d’épaisseur… Le patinage de vitesse est une discipline historique aux Jeux Olympiques d’hiver. Son apparition date de 1924, aux Jeux de Chamonix (pour les hommes). Les femmes concourent, elles, depuis 1960 à l’occasion des Jeux Olympiques de Squaw Valley, en Californie. Dans quatre ans, aux Jeux Olympiques des Alpes 2030, les patineurs auront l’opportunité de briller sur une nouvelle épreuve : le sprint par équipes, à la fois chez les hommes et chez les femmes. Les leaders de l’équipe de France, Timothy Loubineaud et Violette Braun, nous décryptent cette nouvelle épreuve.

 

Une équipe de trois relayeurs

Le sprint par équipes est l’une des épreuves les plus rapides et dynamiques du patinage de vitesse. « Selon les pistes, on termine la course entre 1min10 et 1min20 », souffle Timothy Loubineaud, 5e du 5 000 m aux derniers Jeux Olympiques d’hiver à Milan-Cortina 2026. Mais alors, en quoi consiste cette épreuve ? « Sur le même fonctionnement que la poursuite par équipes, elle se court à trois patineurs », poursuit-il, à la seule différence que les athlètes d’une même équipe terminent la poursuite ensemble. Ce n’est pas le cas sur le sprint par équipes. 

 

CNOSF / KMSP

 

Le principe est simple : départ arrêté, deux équipes de trois patineurs s’élancent des côtés opposés de l’anneau de 400 m. Ils partent pour trois tours de piste. Le premier patineur fait un seul tour, avant d’abandonner. Le deuxième patineur effectue deux tours avant de s’extraire. Ainsi, le troisième patineur effectue le dernier tour seul. Le chronomètre s’arrête dès qu’il franchit la ligne d’arrivée. L’équipe qui a été la plus rapide remporte la course. « C’est un mélange entre un contre-la-montre à vélo et un relais en athlétisme », tente de comparer Violette Braun, grande spécialiste du 5 000 m. Souvent, la stratégie d’équipe veut que le coureur le plus endurant soit celui qui effectue les trois tours et termine la course. « En général, le premier patineur est un sprinteur spécialiste du court comme le 500 m, le deuxième patineur est spécialiste du 1 000 m et le troisième est celui qui résiste le mieux à l’effort, plutôt habitué au 1 500 m », poursuit la patineuse strasbourgeoise. Cette épreuve demande une tactique bien précise. « Le but, c’est que le premier patineur lance de la meilleure manière ses coéquipiers et que le deuxième patineur maximise la vitesse du troisième », décrypte Timothy Loubineaud.

 

Patiner en harmonie, la clé du succès

Comme pour les épreuves de short-track, le départ arrêté de l’épreuve de sprint par équipes demande énormément de puissance et d’explosivité chez les athlètes. Contrairement aux spécialistes du long, les gabarits sont plus impressionnants, avec notamment une masse musculaire phénoménale au niveau des quadriceps et des fessiers. « Il faut être capable d’accélérer vite avec une lame de moins d’un millimètre sous le pied. La marge d’erreur est nulle, raconte Timothy Loubineaud. Il y a très peu de sports qui demandent un tel niveau technique ». Une fois le trio lancé sur l’anneau de 400 m, la chorégraphie doit être fluide et harmonieuse entre les trois patineurs. « La synchronisation de la foulée est super importante. On a déjà vu des courses avec trois fortes individualités, mais si elles ne travaillent pas ensemble, ça ne fonctionne pas », glisse Violette Braun. « Il faut patiner en osmose, comme un tout, non pas comme trois individualités ».

 

CNOSF / KMSP

 

Foulée, fréquence, posture… tout doit être parfaitement huilé et coordonné entre les trois membres de l’équipe. Ainsi, pour favoriser l’effet aérodynamique et maximiser la vitesse du groupe, il faut savoir profiter de l’aspiration du “train” (les athlètes s’alignent les uns derrière les autres). « Ce qui prime, c’est l’harmonie entre les capacités physiques des trois patineurs. Si le premier part comme un avion et que le dernier patineur a dépensé trop d’énergie pour garder l’aspiration ou, au contraire, s’il a été trop exposé à l’air, ça peut être compliqué », analyse Timothy.

 

A 70km/h sur la glace

Même balancement de bras, même fréquence de foulée, tout est millimétré sur l’épreuve du sprint par équipes. Le fait d’être aligné les uns derrière les autres, demande aux patineurs de coller leurs lames à quelques centimètres de leur coéquipier situé juste devant. « Le moindre écart peut entraîner une chute collective. Les athlètes doivent aller super vite, mais en plus, ils doivent être capables de prendre des trajectoires parfaites ». Super vite, c'est-à-dire ? Les patineurs peuvent aller jusqu’à 65 à 70 km/h en tenant un équilibre parfait sur des patins extrêmement fins. A titre de comparaison, sur les épreuves de long (3 000 m ou 5 000 m), la vitesse de pointe se situe autour de 55 km/h chez les hommes et 50 km/h chez les femmes.

 

CNOSF / KMSP

 

Ne pas avoir peur de tomber fait partie des qualités des patineurs de vitesse. Tout comme le fait de patiner quasiment à l’aveugle. « On ne voit pas devant soi, il faut faire confiance à celui qui guide le train, abonde Violette Braun. Une image m’avait marquée lors des championnats du monde de cyclisme. Les coureurs étaient téléguidés par l'oreillette. C’est un peu comme nous ». « Ça demande des qualités de relaxation énormes », ajoute Timothy Loubineaud.

 

Une course palpitante pour les spectateurs

Dans quatre ans, les épreuves de patinage de vitesse auront lieu à la patinoire Thialf à Heerenven (Pays-Bas), à environ une heure de Rotterdam. Considéré comme “La Mecque” de la discipline, le site va fêter ses 175 ans lors des Jeux Olympiques des Alpes 2030. Dotée de ses 12 500 places et l’assurance pour les athlètes français de s’y entraîner jusque-là (l’équipe de France y établit son camp de base), nul doute que l’ambiance sera au rendez-vous. « L’ambiance sur les compétitions internationales dans cette patinoire est imbattable ! savoure Violette Braun. C’est toujours plein. Les Néerlandais sont portés par ce sport, c’est incroyable ».

 

CNOSF / KMSP

 

Au-delà de l’outil exceptionnel dans lequel vont concourir les Français, tout laisse à penser que cette épreuve de sprint par équipes viendra aussi apporter une touche de spectacle dans l’arène. Son format ultra court et explosif offre un suspense incroyable et permet de tenir en haleine les spectateurs jusqu’au bout. « Ça amène une dimension jouée à la discipline. Je pense que c’est plus amusant qu’une course longue pour les spectateurs », complète Violette Braun.

 

L’occasion de faire briller la discipline

Si l’épreuve de sprint par équipes fait déjà partie du calendrier des championnats du monde ISU depuis 2019, elle sera une grande première aux Jeux Olympiques d’hiver des Alpes 2030. Cette discipline, qui revient sur le devant de la scène tous les quatre ans, souffre encore d’un manque de médiatisation. L’arrivée de cette nouvelle épreuve au programme olympique fait forcément des heureux dans le camp tricolore. A Timothy Loubineaud d’en témoigner : « Tout ajout de distance est appréciable, ça veut dire que le sport évolue et que les instances internationales nous valorisent. Pour une fois, le sprint sera mis en avant. Ces athlètes qui dépensent énormément de temps à s’entraîner pour une course qui se joue au millième de seconde près seront enfin mis en lumière ».

Cette nouvelle épreuve vient aussi offrir des chances de médaille en plus pour l’équipe de France et pourquoi pas, l’occasion de battre son record sur une édition des Jeux Olympiques d’hiver. En février dernier, les Bleus sont rentrés de Milan-Cortina avec un total de 23 médailles, dont huit en or, neuf en argent et six en bronze.

 


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