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Chloé Aurard-Bushee, pilier de l'équipe de France de hockey

©CNOSF/GETTY IMAGES - X. LAINÉ

Le hockey sur glace est une affaire de famille chez les Aurard. Née de parents hockeyeurs, Séverine et Thierry, Chloé a naturellement chaussé les patins à l'âge de trois ans. D'abord, pour le patinage artistique. Mais très vite, elle s'est prise d'amour pour les crosses et les palets, comme son grand frère, Eric, joueur actuel de Division 1 à Villars-de-Lans. C'est dans cette ville du massif du Vercors que Chloé Aurard-Bushee a découvert le haut niveau. « On allait voir les matchs tous les week-ends lorsque l'équipe jouait en Ligue Magnus. Avec les copains, on jouait au hockey dans les tribunes avec les crosses de street hockey. C'était tracé que j'allais m'y mettre ». Sa sœur jumelle, Anaïs, a aussi attrapé le virus, pour jouer dans les cages.

Première Française dans l'élite américaine

C'est avec elle que la native de Saint-Martin-d'Hères (Isère) a eu le courage de quitter le domicile familial de bonne heure. A seulement 15 ans, un an après sa première sélection en équipe de France jeunes, l'attaquante tricolore a traversé l'Atlantique pour les Etats-Unis. « Je ne serai jamais partie sans ma sœur. Ça a allégé beaucoup de choses car on appréhendait. On a eu de la chance d'arriver dans une ville un peu perdue dans la campagne, qui ressemblait à notre village d'enfance » rembobine-t-elle. Elle avait été repérée par l'académie de Vermont University. Trois ans plus tard, c'est à Northeastern University en NCAA qu'elle a posé ses valises, où elle a terminé six fois vainqueur de la conférence Est. « Je ne pouvais pas rêver mieux pour mes cinq années à l'université. Les infrastructures étaient dingues. On jouait à la Matthews Arena, un temple historique qui abritait les Boston Celtics avant de devenir une patinoire pour la franchise des Bruins de Boston ».

En mai 2023, elle a rejoint les Pride de Boston puis, quatre mois plus tard, elle a été draftée par les Sirens de New York. Sa carrière a basculé. Chloé Aurard est devenue la première joueuse tricolore à jouer en NWHL, l'élite du hockey nord-américain, soit l'équivalent de la NHL masculine. Le vrai rêve américain. « J'ai reçu beaucoup de messages de parents, de jeunes filles et de coéquipières en France. J'ai réalisé que j'étais la première Française à jouer dans la plus grosse ligue au monde. J'ai eu un impact aux Etats-Unis mais c'est difficile de s'en rendre compte », dit-elle modestement.

©CNOSF/GETTY IMAGES - X. LAINÉ

« Je ne voulais pas finir ma carrière sans les Jeux Olympiques »

La n°17 des Bleues a disputé une cinquantaine de matchs dans l'élite, entourée des meilleures joueuses du monde. Elle a alors découvert un hockey plus rapide et physique. Et des ambiances à l'américaine, qu'elle a notamment vécu en jouant contre Montréal. « La patinoire était pleine, il y avait un DJ, des lumières et de la fumée. C'était une ambiance de malade. Même si je jouais dans l'équipe adverse, ça me faisait quelque chose en entrant sur la glace ». Dans l'élite nord-américaine, elle a aussi côtoyé la Canadienne Marie-Philip Poulin, son idole de toujours. Icône du hockey sur glace, elle a déjà participé à quatre Jeux Olympiques. Mais Chloé ne la regarde plus avec les yeux écarquillés d'enfant. Dans quelques jours, elle sera sur la même patinoire à Milan-Cortina.

Pour la première fois, la joueuse aux 117 sélections et l'équipe de France vont participer aux Jeux Olympiques d'hiver. Dix ans après sa première cape chez les Bleues, où elle avait disputé le mondial à Rouen (2015), c'est toujours la même émotion. « J'ai toujours la même fierté de porter le maillot tricolore que la première fois. Chanter la Marseillaise, c'est toujours aussi fort », confie-t-elle. Cette participation aux Jeux est vue comme une juste « récompense » pour l'attaquante des Bleues. « Je pense à tous les sacrifices que l'on a pu faire : les déplacements, les efforts, l'argent dépensé par nos parents pour nos équipements. Ils dépensaient sans compter pour qu'on vive de notre sport » rajoute, émue, celle qui a ouvert une cagnotte en ligne pour financer sa participation olympique.

Les Françaises entreront dans la compétition le 5 février, veille de la cérémonie d'ouverture, contre l'Italie, le pays hôte. Un rêve de gosse qui devient réalité pour celle qui n'a manqué aucune des finales des Jeux d'hiver, notamment les chocs entre le Canada et les Etats-Unis. « Au départ, le hockey était une passion qui est finalement devenu mon métier. Je ne voulais pas finir ma carrière sans les Jeux Olympiques ». Ce n'est plus qu'une question de jours désormais. Sélectionnée parmi les 23 joueuses du collectif français, la joueuse du ZSC Zurich (Suisse) ne veut pas se contenter de cette participation. « On veut faire un quart de finale ! A nous d'écrire l'histoire ». Treize de ses proches ne manqueront pas ce rendez-vous en Italie. Un avant-goût de ce qu'elle pourrait vivre à la maison dans quatre ans, lors des Jeux des Alpes Françaises 2030.


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