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De Paris à Strasbourg, les Bleus du cécifoot en route vers un nouveau titre

Le 7 septembre 2024, le Stade Tour Eiffel retenait son souffle. Après une finale grandiose face à l’Argentine, l’Equipe de France de cécifoot décrochait son premier titre paralympique de l’histoire au terme d’une séance de tirs au but. Deux ans plus tard, les Bleus débuteront un nouveau chapitre à Strasbourg. Du 17 au 23 août, ils remettront leur titre européen en jeu devant leur public à Strasbourg.

Paris 2024, des souvenirs gravés à jamais

Lorsque les Bleus replongent dans leurs souvenirs de Paris 2024, un mot revient sans arrêt : « magique ».

Capitaine de l’Equipe, Frédéric Villeroux se souvient avant tout de cette étrange sérénité qui habitait les joueurs avant la finale. « Dès le matin, il y avait une atmosphère particulière. On avait l’impression que plus rien ne pouvait nous arriver. Ce jour-là, toutes les planètes étaient alignées. ». 

Lors de l’égalisation des Argentins, les joueurs ne doutaient pas. La victoire était pour eux. Pendant la séance des tirs au but, le gardien Alessandro Bartolomucci revoit encore son arrêt décisif face au troisième tireur argentin. « Ce qui me marque, c’est le silence au moment de la frappe. Quand je pars du bon côté, je sais que je vais réussir à arrêter le tir. Puis, d’un coup, il y a eu le bruit de toute la tribune derrière moi. C’était merveilleux ! »

Quelques minutes plus tard, Frédéric Villeroux, surpris d’être choisi pour le tir de la victoire, s’élance. Derrière les cages, Yannick Le Colvez fait resonner les poteaux pour le guider. Pour lui, le temps s’est arrêté. « Il y a un temps d’incompréhension, de fierté. On ne se rend pas tout à fait compte qu’on vient de gagner les Jeux. Puis tout s’enchaine très vite, mais cette émotion est magique ». 

Les Bleus offrent alors à la délégation paralympique sa dernière Marseillaise. 

 

©CPSF/KMSP

 

Un collectif construit sur des années

Derrière ce sacre historique se cache un groupe forgé avec le temps. Frédéric Villeroux est dans l'Equipe depuis 2003, Hakim Arezki depuis 2009, Alessandro Bartulomucci depuis 2020 et Yannick Le Colvez les guide depuis plus de vingt ans. Cette équipe expérimentée trouve son équilibre dans un collectif soudé depuis plusieurs années. Elle est complétée par quelques nouveaux visages depuis Paris 2024.

La réussite française repose autant sur le travail que sur l’entente du collectif. Pour Frédéric Villeroux chacun apporte sa pierre à l’édifice. « On a de la fougue, de la jeunesse, des joueurs plus calmes, plus posés. ». « On a su tirer le meilleur de chacun et le mettre dans ce pot commun qu’est l’Equipe de France. Le groupe vit très bien, sur le terrain comme en dehors, et c’est ce qui fait notre force. » explique Hakim Arezki. 

La communication, une arme du cécifoot

Au cécifoot, tout se passe par l’écoute. Si le public est silencieux, l’Equipe communique sans cesse. 

Placé derrière les cages adverses, Yannick Le Colvez, guide les attaquants. Son vocabulaire est précis, rapide, presque militaire. Il parle en code pour ne jamais saturer l’environnement sonore. « Je donne des notions de distance, de présence des adversaires. Il faut parler avec des mots plus qu’avec les phrases. Plus c’est synthétique, plus c’est efficace. ». 

A l’autre bout du terrain, Alessandro Bartolomucci ne se contente pas d’arrêter les ballons. Seul joueur voyant, il dirige la défense avec des mots clefs. « Au cécifoot, tout va très vite, on anticipe moins. On communique avec des mots très courts. On réagit plus qu’on agit ». Le jeu se construit aussi sur le mental. Pour perturber l’adversaire, chacun utilise ses astuces. « Parfois, il y a un peu d’intox avec les guides adverses pour brouiller les pistes, notamment en parlant un peu plus fort ».

Entre le guide, le gardien et le coach présent au bord du terrain, la communication repose sur une confiance absolue et une grande coopération. 

 

©CPSF/KMSP

 

Défendre un titre européen à la maison

Championne d’Europe en titre et championne paralympique, l’Equipe de France arrivera à Strasbourg avec une cible dans le dos. Les huit meilleures nations européennes seront réunies et les Bleus savent qu’ils seront très attendus. « On est l’équipe de battre. Mais cette position ne nous fait pas peur. Notre objectif en trois mots : garder notre titre ! » confie Hakim Arezki.

Pour y parvenir, les Français comptent sur le soutien du public. Première compétition depuis leur victoire à Paris 2024, les joueurs espèrent garder leur titre devant la même ferveur. « Être champion paralympique ne garantit rien. A nous de leur montrer qui est l’Equipe de France ! » dit prudemment le capitaine.

Un doublé à Los Angeles

Au-delà de Strasbourg, l’horizon Los Angeles 2028 se dessine déjà. Le chemin vers la qualification est encore long mais la France connait déjà son ambition : « On va aller défendre notre titre paralympique à Los Angeles ! » assure Hakim. 

Avant de rêver d’un doublé paralympique, la première étape débute lundi 17 août, avec une rencontre face à l’Angleterre.


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