Quentin Fillon Maillet : "Aller chercher le plus beau palmarès olympique français, c’est incroyable"
CNOSF/KMSP
Médaillé de bronze sur la mass-start, Quentin Fillon Maillet est monté sur le podium olympique pour la quatrième fois aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 (après l’or en sprint, sur le relais et le relais mixte), la neuvième au total dans sa carrière après les cinq médailles de Pékin 2022 (dont deux titres). Il devient ainsi l’athlète français le plus médaillé aux Jeux, été et hivers confondus. Interview.
"Avec cette médaille de bronze, vous devenez l'athlète français le plus médaillé de l’histoire aux Jeux Olympiques. Qu’est-ce que cela vous procure ?
C'est clair que j'ai toujours rêvé de me mettre dans cette position. Quand on se prépare, on imagine des Jeux Olympiques comme ceux-là. Mais c'est compliqué, la préparation est dure, cela demande beaucoup d'investissement, de doutes, d'erreurs. Il y a plus d'échecs que de succès dans une carrière. Les trois dernières saisons n'ont pas été simples. J'étais rarement à mon meilleur niveau, les podiums se faisaient rares. Je courais souvent après quelque chose que j'avais du mal à produire. Mon début de saison encore n'était pas exceptionnel. Mais j'ai écouté il y a quelques temps une interview de Roger Federer dans laquelle il disait qu'il n'avait gagné que 54 % des points pendant toute sa carrière. Vu comme ça, ce n'est pas tant mais il a gagné les bons points. C'est ce qu'il faut faire pour devenir un grand champion. Il n'y a pas besoin d'être parfait tout le temps. Il faut aller chercher les bonnes choses. Cela m'avait trotté dans la tête.
Avez-vous pensé à la perspective de ce record durant la course ?
Il y a quatre ans, quand j'arrive au dernier tir de la mass start et que Johannes (Boe, ndlr) fait deux fautes alors qu'il était en tête, je sais que je peux aller chercher le record de médailles aux Jeux Olympiques et ça m'avait fait trembler d'émotion (il avait terminé 4e, ndlr). Je ne voulais pas revivre ça ici, mais être dans le moment présent, faire une bonne course... et c'est ce que j'ai réussi aujourd'hui. Ce n'est pas une course parfaite mais j’ai produit l’un des meilleurs skis de ma carrière et je suis ravi d'être encore sur le podium. L’objectif était minimum d’être sur la "boîte". C'était compliqué au tir, avec un peu de vent, surtout sur le troisième tir où l'on a tous été un peu surpris par les rafales et où l'on est nombreux à avoir été tourner sur l’anneau de pénalité, mais je me suis senti très, très fort sur les skis. C’est ça aussi le biathlon, on construit les victoires avec les qualités du jour !
A 33 ans, vous bouclez une quinzaine exceptionnelle avec ces 4 médailles, dont 3 titres...
Ce ne sont pas les cinq médailles de Pékin 2022 mais il y en a une de plus en or, donc Milan-Cortina 2026 vaut presque Pékin 2022 (sourire). Je suis ravi d’avoir été si performant pendant deux semaines, de produire un de mes meilleurs skis à 33 ans. Après Pékin, je me demandais si à cet âge je serais encore performant. La question a été vite répondue (rires). J’ai envie de dire merci à tout le monde, à commencer par les techniciens qui nous ont donné du matériel exceptionnel. Et puis le staff, ma famille, qu’ils soient ici ou restés à la maison... On me voit tout seul sur les skis et derrière la carabine mais, en réalité, je suis poussé par des dizaines de personnes qui croient en moi et m’aident à aller chercher ces succès. Aller chercher aujourd'hui le plus beau palmarès olympique français, c’est assez incroyable. Bon il reste Martin (Fourcade, ndlr) et ses six médailles d’or (sourire)... C'est exceptionnel de vivre ces moments-là et, de plus en plus, je me mets à me dire que l’horizon des Alpes 2030 me plaît. Si tout veut bien s’aligner, pourquoi pas."