Charlotte et Laura Tremble :  Comme deux gouttes d’eau !

Matt Roberts/Getty Images

Les sœurs jumelles Charlotte et Laura Tremble, 22 ans, sont nos représentantes en natation artistique (ex-synchronisée) à Tokyo 2020. Leur symbiose tout autant physique que psychique est un de leurs atouts majeurs. Entretien croisé avec deux filles à l’enthousiasme communicatif…

 

Comment avez-vous découvert la natation artistique ?

C. : On a découvert ce sport au gala de fin d’année d’une copine. On a eu toutes les deux un coup de cœur pour cette discipline qui réunissait l’eau et la danse. Il se trouve que nous étions très à l’aise dans l’eau et qu’on adorait danser.

C’était où et quand ?

C. : C’était à Senlis, là où on habite, et on avait (elle hésite) 6 ans.

Vous faisiez déjà de la danse ?

L. : On avait testé plusieurs sports : le judo, la gym, la danse style modern-jazz. De toute façon, il fallait qu’on bouge. C’était plutôt de la danse pour les petits.

C.: Il fallait qu’on se dépense.

Vous avez vite progressé à Senlis ?

C. : On va dire que c’est un petit club de Picardie. C’était surtout pour apprendre la synchro de base.

L.: Oui, ce n’est pas un club formateur tourné vers le haut niveau. Il y avait que du loisir. Ensuite, on a suivi Corinne Rousselin, un entraîneur, à Rueil Malmaison.

C’est loin de Senlis (2) …

L.: Oui. On l’a suivie et c’est grâce à elle qu’on a beaucoup progressé et aussi Pascale Meyet  qui nous a prise à l’INSEP de temps en temps et qui nous a permis d’intégrer l’INSEP par la suite.

 

On a eu la chance d’avoir des parents qui nous ont toujours beaucoup soutenue

 

Et comment alliez-vous de Senlis à Rueil ?

L. : On a eu la chance d’avoir des parents qui nous ont toujours beaucoup soutenues. Donc on faisait les allers-retours en voiture. Nos parents nous emmenaient là-bas, nous ramenaient. Ils travaillaient là-bas, ils dormaient là-bas. Pour l’anecdote, on a retrouvé notre père endormi sur un banc après un entraînement parce qu’on finissait parfois à 22 heures. On mangeait dans la voiture. Ils nous préparaient une gamelle. On faisait nos devoirs dans la voiture. C’était toute une organisation.

 

Et vous êtes des passionnées d’aviation ?

L. : Oui, c’est ça. On est tous les trois (avec leur petit frère) dans la même école d’ingénieur aéronautique, l’IPSA (à Paris). Toutes les deux, on est en deuxième année de prépa intégrée. L’école nous a soutenues en nous accueillant parce que ce sont des études qui demandent beaucoup de temps. Ils nous soutiennent en nous laissant vivre notre rêve autant sportif que professionnel. On est super heureuses et privilégiées d’être suivies par notre école

 

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Quinn Rooney/Getty Images

 

Vous semblez vous entendre parfaitement après toutes ces années dans l’eau…

L. : C’est vrai. On est très attachées l’une à l’autre. On a fait toute notre vie ensemble. On a fait les mêmes choix de vie. La synchro, c’était notre choix. Continuer la synchro, c’était notre choix. Les études : pareil. C’est vrai qu’on a des caractères très différents voire opposés parfois mais on se complète bien.

En quoi, vos caractères sont-ils opposés ?

L. : Ce n’est pas si facile. Moi je vais décrire Charlotte. Elle a un vrai caractère de Tremble comme on dit chez nous. Elle a un fort caractère. Elle va râler, elle est capable de s’énerver très vite. Elle est impulsive tout en pouvant être aussi super douce et très joyeuse.

C. : Laura, elle est très impulsive tout en étant très protectrice avec moi. Si quelqu’un fait une réflexion sur moi ou sur notre frère, elle se met dans tous ses états. Je me souviens au collège, elle s’était mise dans tous ses états pour me protéger. C’est un peu une maman ours. Et puis, quand elle se met une idée en tête, elle y va à fond. Par exemple, elle s’est mise au crochet. Et bien, elle a regardé toutes les vidéos de crochet sur internet. Elle a appelé tous les gens qu’elle pouvait connaître pour avoir des conseils. Moi, je suis plus cérébrale, j’explose un peu moins vite.

 

C’est un sport très complet. Il faut allier danse, natation, gymnastique, gainage, cardio, apnée

 

Ce qu’on ne réalise pas forcément, c’est le côté très athlétique et physique de votre discipline. Pouvez-vous décrire votre entraînement ?

L. : C’est un sport très complet. Il faut allier danse, natation, gymnastique, gainage, cardio, apnée. On s’entraîne environ 40 heures par semaine. On fait de la PPG (préparation physique générale), cardio, muscu. On fait aussi de la voltige selon la place dans l’ensemble. On travaille les portés. On a aussi quatre chorégraphies à apprendre : deux en duo (technique et libre) et deux avec l’équipe. On fait aussi du yoga et du pilates qui sont très complémentaires.

C. : Il y a aussi de l’endurance pour pouvoir tenir les portés dans l’ensemble. Il y a aussi du travail de précision.

Il y a aussi l’aspect chorégraphique. Qu’allez-vous présenter à ces Jeux. ?

L. : En duo libre, on va présenter la même chorégraphie qu’aux championnats du monde de Gwangju : les Amazones (3). Et en duo technique, on a choisi le thème « Les violences faites aux femmes ». C’est quelque chose qui nous tient extrêmement à cœur et qu’on essaye de combattre au quotidien. On a travaillé cette chorégraphie avec Julie, notre entraîneur. On s’est inspiré de nombreuses vidéos de danse qu’on a vues sur internet. On a travaillé devant le miroir pour trouver des mouvements qui nous correspondaient. On ne voulait pas de trash. On voulait que ça reste harmonieux.

Une des particularités de votre sport est qu'il y a peu de surprises

L. : Oui, c’est un sport de jugement. On ne sait pas vraiment les notes mais on sait où se situe chaque équipe. Pour l’or, la Russie devrait gagner mais la Chine se rapproche très près. Mais la FINA veut faire évoluer les choses avec l’aide de Virginie Dedieu pour se rapprocher de la gym où chaque figure possède une note de départ avec également une note d’exécution selon que la figure a bien ou mal faite.

Quelle place visez-vous raisonnablement ?  

C. : C’est vrai qu’avec Laura, on distingue beaucoup le jugement de notre perf. Sur le jugement, on n’a pas la main, alors que notre prestation dépend vraiment du travail que l’on peut faire à l’entraînement. On se concentre là-dessus.

Et pour finir, on peut parler de votre passion familiale pour les avions ?

C. : Nous sommes tombées dedans quand nous étions toutes petites, comme Obélix. Nos parents se sont rencontrés en faisant du parachutisme. On allait voir des meetings aériens. Mon père a son brevet de pilote et nous emmenait voler avec lui. Alors on a tous choisis de poursuivre dans cette voie mais dans des filières un peu différentes. Laura, elle veut essayer de résoudre tous les problèmes qu’un avion peut rencontrer. Moi, j’ai envie d’essayer de pouvoir concevoir des avions durables, des moteurs électriques. Quant à notre frère, il veut se tourner vers l’aspect militaire et l’armement des avions.

  1. Just Dance est un jeu sur la Nintendo Wii où il s’agit d’imiter la chorégraphie apparaissant sur l’écran.
  2. Senlis dans l’Oise au Nord de Paris et Rueil en banlieue ouest sont distantes de 65 km soit souvent plus d’une heure de voiture en fonction des embouteillages.
  3. Charlotte et Laura avaient pris la 8e place en duo libre et la 10e en duo technique (figures imposées).

 

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