Yannis Dole : « Il faudra déjà penser à mettre le dossard, lever la tête, et rider »

Yannis Dole, portrait, entraineur para snowboard

CPSF

Yannis Dole est entraîneur en chef de l’équipe de France de para snowboard. Petite mais costaude, son équipe se structure peu à peu, et comporte une poignée d’athlètes qui se battent tous pour la médaille, entre anciens expérimentés et jeunes qui en veulent. A quelques jours des Jeux Paralympiques, et quelques semaines après des Championnats du monde réussis, il nous présente les spécificités de son groupe et ses ambitions pour Pékin.

 

Yannis, tu es depuis plusieurs saisons entraîneur en chef de l’équipe de France de para snowboard, est-ce que tu peux présenter ton parcours ?
J’ai commencé le snowboard vers 18 ans, j’ai été moi-même coureur et j’ai commencé à entraîner le club du Grand-Bornand, ou je suis resté pendant 19 longues années où j’ai coaché énormément d’enfants dont par exemple Océane Pozzo, Claire Chapotot, Nelly Moenne-Loccoz, qui ont fait les Jeux Olympiques, et bien d’autres. Ensuite pendant à peu près quatre ans j’ai travaillé à la Fédération Française de Ski chez les valides, avec Xavier Rolland, où on s’occupait du groupe relève snowboard. Derrière, Cécile Hernandez cherchait quelqu’un qui puisse la suivre sur le long terme, et s’engager dans une aventure du côté para. Elle est venue me solliciter alors que je venais de quitter la FFS, et le challenge sportif me manquait, l’attente du résultat, la compétition… donc j’ai relevé le défi. C’était assez dur les deux premières années, il y avait peu de moyens, mais on m’a fait confiance et notamment Monsieur Christian Fémy (directeur des parasports d’hiver) qui a donné beaucoup de crédit à ce que j’essayais de mettre en place, ensuite Maxime Montagionni nous a rejoints. Aujourd’hui, on est en train de créer une équipe relève avec Mathias Menendez et Laurent Vaglica, qui seront tous deux présents à Pékin. Donc le travail commence à payer !

 

Quel est ton rôle en tant qu’entraîneur en chef ?
Entraîneur en chef, c’est faire un planning d’entraînement sur toute la saison, d’avril à avril, et on détermine les dates de stage, les lieux de stage, les structures et stades d’entraînement, tout en mettant en place les stratégies d’entraînement. Par exemple mettre l’accent à certains moments sur le boardercross, ensuite sur du bank ou du géant, puis du freestyle, des sauts… Ce qui permet de rassembler toutes les disciplines comprises dans le boardercross et le banked slalom. Je gère tout ce calendrier et le budget qui doivent être validés par Christian Fémy avec les déplacements de chaque coureur. Il y a aussi la dimension du relationnel avec les coureurs, je leur envoie le planning et toutes les infos pour les stages. Je gère aussi la présence d’un kiné qui nous suit depuis maintenant trois ans, il a accepté de rejoindre l’aventure jusqu’aux Jeux. On a aussi Xavier Rolland, anciennement à la FFS qui nous rejoint en tant que technicien et entraîneur.

 

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GettyImages/Buda Mendes - Cécile Hernandez, Peyongchang 2018

 

Tu étais chez les valides auparavant, comment on gère cette transition, notamment au niveau du matériel et avec toutes les différences de handicap qui ont chacun leur spécificité ?
Oui tout à fait, c’est très intéressant il y a un gros travail à faire. Quand on a eu Laurent Vaglica et Mathias Menendez, qui sont amputés tibiaux, où on a dû faire un immense travail avec un prothésiste. C’est quelque chose qu’on essaie d’améliorer en continu, ce travail tripartite qui lie l’athlète, le prothésiste et le coach. On essaie de faire évoluer le niveau technique de l’athlète, tout en prenant en compte son handicap. Il faut trouver l’appareillage qui permet de fonctionner comme on le voudrait en tant que coach, mais aussi en fonction de ce que le prothésiste est capable de faire, avec les matériaux à sa disposition… Avec cette complexité qui mêle les trois parties, on arrive à avoir des athlètes presque aussi forts que des valides. Il faut que tout le monde travaille ensemble, le prothésiste comme l’athlète, et qu’on mette aussi les moyens puisqu’il faut changer de prothèse presque tous les deux mois. Il y a un équilibre à trouver entre le confort et l’efficacité du matériel, quand un athlète est blessé à cause d’un problème de prothèse ou d’emboîture, ça peut durer plusieurs mois, donc on stop la progression de l’athlète. Quand on commence à s’améliorer techniquement et mentalement vers le haut niveau, le matériel évolue aussi, et il faut que l’athlète s’adapte, et ça peut être très exigeant pour leur moignon, comme on dit, donc on cherche cet équilibre et cette amélioration constante.

 

Après des championnats du monde réussis avec plusieurs titres, vous arrivez dans quel état d’esprit à Pékin ?
On arrive confiants dans un sens, parce que le travail se met en place, et en même temps conscients du travail à accomplir puisque rien n’est fait, et il faut que les athlètes aient bien ça en tête. Ça a très bien marché aux championnats du monde, mais il faut éviter que tout le monde soit trop confiant. C’était une course il y a quelques semaines, et là ça ne sera pas la même chose. Il faudra déjà penser à mettre le dossard, lever la tête, et rider. On y va pour faire le mieux qu’on peut et donner le maximum à tous les niveaux, mais pour moi le résultat n’est pas encore acquis. Il sera acquis quand la médaille sera autour du cou, pas avant.

 

Tu as un petit groupe de deux ou trois athlètes, comment ça se passe à l’entraînement ? ça permet de vraiment tout individualiser, de se tirer vers le haut ?
En ce moment j’essaie de faire intervenir des valides avec nous, pour leur montrer certaines choses, je m’y colle aussi parfois, malgré mon âge ! C’est plutôt intéressant mais c’est difficile de rider et de coacher en même temps donc je le fais plutôt rarement. On fait aussi en fonction des états de fatigue, des emplois du temps de ceux qui sont parents, forcément c’est un gros engagement personnel pour chacun, alors on fait en sorte que tout se passe bien avec tout le monde !

 

Les test events ont été annulés l’année dernière à cause de l’épidémie, comment on aborde des pistes qu’on ne connaît pas ?
C’est une belle inconnue pour nous, mais je préfère chercher des solutions plutôt que de me faire du souci. Effectivement on a cette contrainte de n’avoir pas vu la piste, de pas avoir pu tester tout ça, et on n’a pas vu la concurrence chinoise depuis deux ans. Il ne faut pas l’oublier parce que le parcours c’est une chose, mais la concurrence chinoise qui a pu s’entraîner sur site c’est un facteur aussi. Donc on ne va pas s’arrêter à ce problème, au fait de ne pas connaître la neige, le dénivelé etc… c’est comme avec les prothèses des athlètes, on doit trouver des solutions. On essaiera avec les athlètes, leurs qualités et leurs défauts, de trouve le positif pour avoir les meilleurs résultats possibles.

 

Quel est votre programme en tant qu’équipe juste avant les Jeux ?
On a fait un stage fantastique au Grand Bornand, où on a pu faire une mise en place exceptionnelle. Ça nous a permis de très bien travailler pendant cinq jours. On a enchaîné sur quinze jours de pause, tranquille à la maison en famille pour se ressourcer et préparer les bagages en toute quiétude, avant de se retrouver à Paris pour embarquer pour Pékin !

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