Julia Simon : "C'est la médaille de la tête et de l'envie !"
CNOSF/KMSP
Trois médailles d'or (sur l'individuel et les relais mixte et féminin) et maintenant une d'argent : Julia Simon a signé la meilleure récolte d'un ou d'une biathlète aux Jeux de Milan-Cortina 2026 (juste devant, Quentin Fillon-Maillet, avec trois médailles d'or et une de bronze). Interview.
"Après déjà trois médailles d'or, que vous procure cette quatrième récompense sur ces Jeux, en argent cette fois ?
C'est vraiment la médaille de la tête et de l'envie parce que je n'avais plus rien dans le "sac" aujourd'hui ! Dès le premier tour, j'étais dans le dur donc j'ai essayé de gérer mes efforts le plus possible, d'être intelligente dans mes trajectoires pour reprendre de la vitesse facilement... Je me suis accrochée à tout ce que j'ai pu. Le dernier tir debout était tellement dur, j'avais les jambes qui tremblaient. Et après, le dernier tour s'est fait à l'énergie, à l'envie. Je me suis arrachée. Je savais qu'Océane était vraiment très, très solide sur les skis mais qu'après ce n'était pas fini pour aller chercher cette médaille.
Et vous réussissez tout de même à aller chercher Anna Magnusson et Tereza Vobornikova dans la dernière boucle...
Honnêtement, je ne sais pas comment j'ai fait. Là, je n'ai plus d'énergie. Je suis "rincée". Je suis arrivée tellement fort par terre sur la ligne d'arrivée que je me suis écorchée tout le genou, j'ai du sang partout sur ma combinaison ! C'était à l'énergie, à la tête. Je m'entraîne depuis des années pour ça. C'est incroyable d'être sur un podium olympique, et le partager avec une copine, c'est encore plus dingue. Je n'avais pas envie de finir 3e parce que c'est toujours mieux de faire un beau doublé sur le podium. "Océ" est une fille qui est arrivée avec beaucoup de fraîcheur, avec l'envie d'être la meilleure biathlète du monde et ce titre est la juste récompense de son travail.
Le biathlon français ramène 13 médailles dans ces Jeux, son record absolu. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Il faut en profiter parce qu'on a une densité géniale. En fait, c'est tellement difficile d'obtenir des médailles individuelles aux Jeux Olympiques. Il y a des grandes championnes qui n'en ont jamais eu. Alors pouvoir réaliser ça en tant qu'équipe, c'est exceptionnel. On est toutes restées nous-mêmes sur ces Jeux : on performe toute l'année en Coupe du monde et on a fait les mêmes choses aux Jeux. On n'a rien révolutionné. Tout le monde est capable de gagner dans cette équipe.
Les prochains Jeux d'hiver ont lieu à la maison, en France : vous y pensez ?
Là j'ai surtout envie de rentrer chez moi et profiter (rires). C'est tellement éphémère et tellement de pression pendant trois semaines que je ne veux pas penser à dans quatre ans. Quatre ans, c'est long pour être performante quand on voit la qualité de notre groupe France. Est-ce que la motivation sera encore au rendez-vous ? Je ne continuerai pas si elle n'est pas à 100 %. Je ne me vois pas faire un projet à 80 %. Je vais faire encore un an, deux ans peut-être, et après on verra. J'ai vécu de grands moments, je me suis donnée les moyens surtout et j'en suis fière. Mes Jeux sont vraiment plus que réussis, c'est la satisfaction du moment. J'ai aimé aussi la manière dont les choses ont été faites. Je pense que j'ai mis la bonne manière, j'ai fait des beaux tirs, les choses se sont bien passées, j'ai été fidèle à moi-même, j'ai fait mon biathlon. Ça me fait énormément plaisir. Je repars pleinement satisfaite."