Le ski-alpinisme tient sa médaille d'or, un doublé en biathlon pour conclure... le récap du jour 16 !
CNOSF/KMSP
Emily Harrop et Thibault Anselmet champions olympiques en relais mixte !
Ils en rêvaient tous les deux, ils l’ont fait ! Emily Harrop et Thibault Anselmet ont décroché la plus belle des médailles sur le relais mixte du ski-alpinisme. Après l’argent d’Emily et le bronze de Thibault sur le sprint, il y a deux jours, les tricolores se sont offert l’or, avec une avance confortable sur le reste du podium. Dans ce format de course, chaque athlète doit effectuer deux fois deux boucles. Bien plus long et plus intense, l’effort convient parfaitement à nos Français. Et si les manipulations sont d'autant plus décisives, ils les ont réalisées avec brio.
Devant une partie de sa famille venue du nord de l’Angleterre, Emily Harrop avait mis son coéquipier Thibault Anselmet sur les bons rails dès le départ. En tête après le premier relais, les Français n’ont cessé de creuser l’écart avec les autres nations. Un Thibault appliqué a permis à Emily de poursuivre le travail effectué, grâce notamment à deux montées expéditives. Malgré le retour de la Suissesse, la Française a tout donné pour offrir la main à son coéquipier, pour un dernier relais historique. Rien n’était encore joué quand le médaillé de bronze en sprint a abordé sa première montée. Assurant ses transitions, le Savoyard a de nouveau creusé l’écart. Bras levés avant la dernière descente, le Français avait déjà compris qu’il allait franchir la ligne d’arrivée en tête et offrir la première médaille d’or de l’histoire du ski-alpinisme français aux Jeux Olympiques.
Le duo a permis à la France de décrocher sa 7e médaille d’or sur ces Jeux de Milan-Cortina 2026. “Cette médaille d’or fait du bien, savoure la franco-britannique. On a mis en place une stratégie où il fallait du courage et de la maîtrise. Cette médaille représente tout ce que le ski-alpinisme français met en place depuis des années. On espère aussi que ça va faire grandir notre sport. Ce n’est que du bonheur !”. Moins démonstratif mais tout aussi content, Thibault Anselmet a pris beaucoup de plaisir. “On a fait une super course, on est champions olympiques ! On a mis en place la stratégie de course qui était prévue. Ce sont des années de boulot qui sont récompensées”.
Océane Michelon devant Julia Simon : le doublé final du biathlon !
Insatiables jusqu’au bout. Il y avait 12 médailles à distribuer lors des compétitions individuelles de biathlon féminines aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, et nos Bleues en ont raflé six après le nouveau doublé réalisé sur la mass start, grâce à Océane Michelon et Julia Simon ! A 23 ans, Océane Michelon entre déjà dans le panthéon des championnes olympiques, et de quelle manière, elle qui n’avait encore jamais triomphé en Coupe du monde.
Une fois de plus impressionnante sur les skis pour cette dernière course des Jeux, la tricolore a comblé en l’espace d’un tour le débours consécutif à une faute sur le premier pas de tir. Elle gommait tout aussi rapidement son deuxième passage par l’anneau de pénalité, sur le quatrième et dernier tir, ressortant en 4e position, à huit secondes de la Tchèque Tereza Vobornikova et de la Suédoise Anna Magnusson, et trois de Julia Simon.
Deux kilomètres et demi pour reprendre huit secondes et trois adversaires ? Même pas peur ! Océane avalait dans un premier temps Julia Simon, puis Magnusson dans la première bosse, et Vobornikova dans la seconde. A l’arrivée, elle coupait la ligne d’arrivée avec six secondes d’avance sur sa dauphine… Julia Simon, revenue également prendre le meilleur sur Vobornikova. Jusqu’au bout, nos Françaises auront volé sur les skis cette quinzaine à Anterselva. Dans le coup jusqu’à la mi-course, Lou Jeanmonnot et Justine Braisaz-Bouchet ont ensuite trop fauté sur le pas de tir, la première terminant à 17/20 (16e), la seconde à 14/20 (27e).
Six médailles individuelles pour les filles, dont deux titres ; quatre médailles pour les garçons, dont un titre ; et les trois relais médaillés d’or : c’est une razzia historique que le biathlon français a réalisé dans ces Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026. Et ces deux nouvelles médailles sont les 22e et 23e au total du clan français, à la veille de la clôture des épreuves.
Les bobeurs français se renversent et sont éliminés
Les Jeux de Milan-Cortina 2026 touchent bientôt à leur fin. Le bobsleigh lançait le bal de cette avant-dernière journée de compétition avec le quatuor tricolore composé de Nils Blairon, Dorian Hauterville, Romain Heinrich et Antoine Riou. Les Français devaient disputer la moitié de leur concours aujourd’hui avant deux dernières manches demain. Or, tout ne s’est pas déroulé comme prévu.
Malheureusement, l’équipe de France de bobsleigh a manqué son départ en raison d’un embarquement compliqué. Après le sprint de poussée, Antoine Riou s’est coincé le pied dans l’engin, avant que ce dernier ne tape plusieurs fois dans les murets. Avant-derniers à l’issue de la première manche (à 1'68'' de la tête), les quatre tricolores avaient pour ambition de se rattraper lors du deuxième run. Malheureusement, les Bleus ont été pris au piège. Comme deux autres équipages (Trinidad-et-Tobago et l’Autriche), leur bobsleigh s’est retourné à 117 km/h en milieu de parcours après être monté trop haut à la sortie d’un virage. Plus de peur que de mal, l’incident n’a fait aucun blessé. Le quatuor va bien mais les bobeurs français sont éliminés du concours.
Ski de fond : Théo Schely superbe 4e du 50 km
Ces Jeux pouvaient-ils se terminer autrement du côté de Tesero ? La Norvège a dominé le 50 km de clôture des compétitions de ski de fond. Partis en procession depuis leur accélération vers le 20e km, Johannes Klaebo, Martin Nyenget et Emil Iversen ont coupé la ligne d’arrivée dans cet ordre, pour la 6e médaille d’or en autant de courses du premier nommé dans ces Jeux (il en avait déjà fait de même aux Mondiaux l'an passé).
Et derrière les intouchables Norvégiens, la France s’est de nouveau avérée être la meilleure nation du plateau grâce en particulier à Théo Schely qui a été chercher la 4e place dans les derniers hectomètres aux dépens de Savelii Korostelev, tandis que Victor Lovera le suit à la 8e place finale. “Le 50 km est le format où je performe le plus, malheureusement il y en a très peu au calendrier, souriait le Français. J’ai bien géré ma course, mes "ravitos", tout... J’ai cru à la médaille, même, et suis parti seul, quitte à "sauter". Et puis non, j'ai bien tenu, au point qu’à la fin je me battais pour la place de 5e dans ma tête, pour que ça ne revienne pas de l'arrière, et puis j’ai vu que je remontais sur le Russe pour prendre la quatrième place !"
Les deux autres Français engagés, Mathis Desloges et Hugo Lapalus, ont coupé la ligne 33e et 34e, bras dessus, bras dessous. “Je suis tellement content pour les copains, réagissait Hugo. A chaque intermédiaire, je demandais ce qu’ils faisaient. 4e sur le format légendaire des Jeux, c’est dingue. Je suis tellement fier de Théo, et de Victor aussi. On a réalisé des Jeux incroyables, des médailles mais aussi des belles places d’honneur.” Trois médailles pour être précis (deux individuelles pour Mathis Desloges, puis le relais) et, le concernant, deux tops 10, à savoir 5e et 8e sur ses premières courses individuelles. “On est la deuxième meilleure nation. Petit à petit on va gratter ces secondes qui nous séparent des Norvégiens et... rendez-vous dans quatre ans !”
5e, Terence Tchiknavorian sauve l’honneur en ski cross
Les jours se suivent et se ressemblent sur la piste du ski cross de Livigno. Au lendemain de la médaille en chocolat de Marielle Berger Sabbatel, les Français n’ont pas réussi à se hisser sur un podium olympique. La meilleure performance revient à Terence Tchiknavorian. 3e de la demi-finale après un départ raté, l’aîné des cousins Tchiknavorian s’est vite remobilisé en petite finale pour franchir la ligne d’arrivée en cavalier seul. Le tricolore s’est ainsi offert une 5e place, pour sauver l’honneur du clan Français qui était venu en Italie avec d’autres ambitions. “Je suis satisfait de ce que j’ai produit. Je n’ai rien lâché. Je suis allé chercher une place d’honneur pour tous ceux qui me regardent, qui me soutiennent. Je pense que j’avais ma place en finale mais avec des “si”, on refait le monde”.
Sur une piste très lente (“on a dû perdre 30% de vitesse par rapport aux entraînements”), accentuée par la neige fraîche tombée pendant la compétition, les Français n’ont pas pris beaucoup de plaisir. A l’image de Youri Duplessis-Kergomard, plus en colère contre la piste que déçu de son résultat sportif. Il a terminé à la 15e place. “Je suis triste pour mon sport. On a l’occasion tous les quatre ans de montrer au grand public ce qu’on fait toute l’année. On s'entraîne douze mois sur douze pour avoir des physiques hors normes, pour techniquement pouvoir faire des virages à 100km/h sur la glace, pour pouvoir absorber des sauts énormes et on arrive aux Jeux Olympiques, on nous propose une piste verte où c'est du pas de patineur et de la neige molle, a déclaré à chaud le tricolore, pointant du doigt l’organisation. Si on veut que notre sport plaise au grand public, il faut faire le show, avec de la vitesse et des rebondissements. Le spectacle est minable. Si ça continue comme ça, je pourrai inscrire ma mère ! J’ai honte pour les gens qui nous regardent et qui ont fait le déplacement”.
Moins remonté contre la piste que son coéquipier, Melvin Tchiknavorian peinait encore à analyser ce qu’il venait de se produire à Livigno. Alors qu’il avait réalisé l’un des meilleurs temps (5e) en manche de classement, le tricolore n’a pas passé les huitièmes de finale pour se classer 17e. “Aujourd’hui, mon pire ennemi, c’était moi-même. Je suis très déçu. Je suis passé à travers, a confié le Marseillais de naissance. Quelles que soient les conditions, que le parcours soit engagé ou non, on était prêts. On s’entraîne toute l’année pour essayer d’anticiper tout ça. Il n’y a pas d’excuses à avoir”.
Dans leur malheur, les Français n’ont aussi pas eu de chance de se retrouver à trois dans la même course dès le premier tour. Evan Klufts est le seul qui a disputé un huitième de finale entouré d’un Allemand, un Canadien et un Suédois. Lui aussi s’est arrêté aux portes des quarts de finale. “Je suis tellement déçu pour le staff car ça fait tellement longtemps qu’ils travaillent sur ces Jeux Olympiques. Je n’enlève rien à ceux qui ont gagné mais le spectacle n’était pas au rendez-vous. J’imagine que ça n’a pas fait rêver les gens devant leur télévision. C’est dommage pour notre sport, ce n’est pas ce qu’on a envie de montrer, disait un Evan dépité avant de prendre un peu de recul. Je suis hyper reconnaissant ce que j’ai vécu ici pour mes premiers Jeux. J’ai profité du moment avec ma famille pour éviter de me morfondre. Le plus important c’est d’avoir tout donné”.
Patinage de vitesse : Mathieu Belloir 7e de la mass start
En cyclisme, on appelle ça un enterrement de première classe : quand Jorrit Bergsma et Viktor Thorup sont partis seuls, quasiment dès le début de la course, personne n’y a trop cru, laissant les deux outsiders prendre les devants. Puis quand leur avance a commencé à augmenter, personne derrière n’a voulu être celui qui assumerait la poursuite, rôle ô combien ingrat où l'on ramène les autres en y laissant toutes ses forces au passage. Dans ces moments de flottement, le “peloton” ralentit, tout le monde se regarde… et devant, on capitalise : le Néerlandais de 40 ans va au bout de l’exploit devant le Danois. Dans le groupe des battus où on se résigne à jouer la 3e place, Mathieu Belloir joue sa carte mais termine 7e (1 point inscrit), à 20 du podium complété par l’Italien Andrea Giovannini.
"C'était une mass start comme on en vit peu, relève Mathieu. Il n'y avait pas beaucoup de doubles nations donc c'est assez atypique (si un pays a beaucoup de représentants, il est plus susceptible de prendre le contrôle de la course, ndlr), une échappée est partie, tout le monde s'est regardé et... tu attends avec le paquet, tout le monde se jauge, et finalement tu saisis les rares opportunités qui restent comme ce point que j'ai été chercher pour finir 7e. Donc plutôt content d'avoir sauvé cette place mais déçu de ne pas avoir pu saisir l'opportunité du début de course." Lui aussi présent en finale, Timothy Loubineaud termine 11e. Sur ce même format concluant les JO du côté du patinage de vitesse, Violette Braun n’était pas parvenue à s’extirper des demies.
Bosleigh : Margot Boch et Carla Sénéchal terminent sur une bonne note
19e après le troisième run de cette journée, qualifiées in extremis pour la manche finale (il fallait appartenir au top 20), Margot Boch et Carla Sénéchal ont terminé fort leur finale de bob à deux, donnant tout sur leur dernière descente de ces Jeux Olympiques pour prendre la 15e place de ce passage. Ce résultat leur permet de remonter jusqu'au 17e rang du classement final, quelques jours après la 10e place de Margot en monobob.