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Alpes 2030 : Julia Simon et Quentin Fillon Maillet décryptent l’épreuve du relais mixte simple

CNOSF/KMSP

Individuel, sprint, poursuite, mass-start, relais… et désormais, le relais mixte simple. Cette épreuve de biathlon, présente depuis 2015 sur le circuit mondial, va faire son entrée sur la scène olympique dans moins de quatre ans. En juillet 2026, le Comité International Olympique (CIO) a acté l’introduction de cette discipline au programme olympique des Alpes 2030. Il y aura donc douze épreuves de biathlon au programme dans les Alpes Françaises (cinq masculines, cinq féminines et deux mixtes), sur le site du Grand-Bornand, près d’Annecy. “Cette décision montre que notre discipline plaît. C’est une opportunité supplémentaire pour le biathlon français de briller” savoure Quentin Fillon Maillet, déjà double champion du monde du relais mixte simple avec Lou Jeanmonnot en 2023, puis avec Julia Simon deux ans plus tard. 

 

Une chance de plus de médaille pour le biathlon français 

La moisson exceptionnelle de l’équipe de France de février dernier, aux Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, pourrait-elle se reproduire dans quatre ans en France ? Les admirateurs se laissent le droit de rêver. Les spécialistes, eux, tentent de tempérer. “Nous avons été exceptionnels sur les derniers Jeux. La plus grande difficulté, c’est de réitérer ce genre de performance, souffle Quentin Fillon Maillet, devenu papa l’été dernier. Est-ce qu’on fera mieux en 2030 ? Je n’en ai aucune idée, mais j’espère que l’âge d’or du biathlon français n’est pas encore arrivé.” Ce qui est certain, c’est que le biathlon tricolore aura de grandes ambitions dans cette épreuve pour tenter de garnir encore davantage l’étagère à trophées.

Ce format réunit un homme et une femme dans une équipe de deux relayeurs. Chacun se relaie à tour de rôle sur un format court et dynamique. L'athlète qui s'élance en premier effectue deux boucles de ski de fond d'environ 1,5 km, ponctuées par deux passages sur le pas de tir (un tir couché, puis un tir debout) avant de donner le relais à son coéquipier. Chacun réalise deux fois ce parcours. “Il y a deux passages de relais, c’est plus vivant, souligne Julia Simon, grande adepte de cette épreuve. C’est intéressant en termes de stratégie. Il y a beaucoup de tension, ce qui me convient bien”. Sur le papier, ce format permet aussi aux “petites nations” de se révéler, bien que la France et la Norvège se partagent tous les titres mondiaux depuis l’introduction de ce format. Sur les quatre dernières éditions, les Bleus ont glané trois médailles d’or, dont celle de 2025 remportée par Julia Simon et Quentin Fillon Maillet. L’une des particularités de ce format se situe au niveau du pas de tir. Chaque biathlète a cinq balles pour faire tomber cinq cibles. En cas d’erreur, il bénéficie de trois balles de pioche pour rattraper la mise, avant de partir sur l’anneau de pénalité en cas de nouvelles erreurs. “L’anneau de pénalité est vraiment signe de contre-performance. On perd environ 10 secondes par balle de pioche auxquelles s’ajoutent environ 30 secondes sur l’anneau. Ça fait beaucoup”, raconte le quintuple champion olympique. 

 

“On pousse les limites sur les vitesses de tir” 

Ce relais mixte simple se distingue aussi par le dynamisme lié aux courtes distances parcourues et l’intensité de l’effort. Ainsi, les biathlètes sont à 100% dès le coup de pistolet sur la ligne de départ. “C’est un effort très violent”, admet le Jurassien, avant d’être rejoint par sa coéquipière. “On part très vite. Quand on passe la ligne d’arrivée, on est aussi épuisé que sur longue distance. Tout le monde peut faire cette course, mais certains profils physiques s’y prêtent plus”, glisse Julia Simon, dix titres de championne du monde à son actif, toutes épreuves confondues. Quand on arrive sur le pas de tir, le cardio monte haut, le cerveau manque d’oxygène, on peut se retrouver dans des situations extrêmes”. 

Contrairement aux épreuves de demi-fond, ce format court demande des qualités de puissance et d’explosivité chez les biathlètes. Il faut avoir une bonne vitesse de pointe sur les skis, mais la différence se fait essentiellement sur le pas de tir, où les meilleurs gèrent leurs émotions avec brio. “Le duo doit être capable de tirer sous pression. On se retrouve souvent avec des athlètes à côté, il faut tirer vite et bien”, indique Quentin Fillon Maillet. “On pousse les limites sur les vitesses de tir”, complète Julia Simon. Il convient aussi de bien gérer son effort lors des temps de repos, quand son binôme effectue sa course. “Il faut mettre son anorak pour rester au chaud, se remettre en activité et trottiner. Si on ne bouge pas, les jambes vont être très dures”, continue la quintuple médaillée olympique. 

 

Une épreuve à suspense 

Si pour les athlètes, cette épreuve demande des efforts considérables, elle est l’une des épreuves les plus impressionnantes et passionnantes pour les spectateurs. Le relais mixte simple reflète toute l’imprévisibilité du biathlon. “Le classement évolue en permanence. A chaque passage au pas de tir, il peut y avoir des bouleversements”, avoue le vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2022. Le suspense est entier jusqu’au bout, ce qui rend le format très apprécié pour le public. 

Dans quatre ans, les supporters français auront l’occasion d’en profiter à domicile. Les épreuves de biathlon des Jeux Olympiques des Alpes 2030 auront lieu au Grand-Bornand, un site que connaissent parfaitement bien les athlètes en Coupe du monde. L’atmosphère à domicile sera forcément particulière pour la délégation tricolore. “En tant que spectateur, j’ai vu des épreuves et des médailles incroyables aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Le vivre en tant qu’athlète, ça doit être magique. Quand j’ai démarré ma carrière, je n’imaginais pas participer aux Jeux Olympiques en France. J’ai envie de continuer à écrire l’histoire avec l’équipe de France”, ambitionne Quentin Fillon Maillet. Avec cette nouvelle épreuve au programme olympique, le multimédaillé a toutes les raisons de croire à une nouvelle razzia du biathlon français. 


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