Aller au contenu principal

De vendeur de crêpes au halfpipe… qui est le skieur Vincent Maharavo ? 

Gettyimages

Seul représentant français en ski halfpipe, 12 ans après le bronze de Kévin Rolland à Sotchi 2014, Vincent Maharavo a un parcours singulier. Découvrez cinq choses à savoir sur le skieur de Font-Romeu. 

Un an et demi après ses débuts en halfpipe, il participe aux Jeux

A 28 ans, Vincent Maharavo n'a rien d'un parcours classique. Champion de France de big air en 2023 et sur la 3e marche d’un podium de Coupe d’Europe la même année en slopestyle, le skieur des Pyrénées s’est spécialisé en halfpipe sur le tard. Un an et demi après ses débuts dans la discipline, le Parisien de naissance participe à ses premiers Jeux Olympiques à Milan-Cortina 2026. “Je me voyais aux Jeux depuis toujours, mais je n’aurais pas imaginé que ce soit en halfpipe. J’avais raté de peu Pyeongchang en 2018 et Pékin en 2022 en big air et slopestyle, déclare-t-il. Ma progression a été super rapide, j’ai réussi à obtenir les quotas olympiques. Pour résumer, je suis surpris que ce soit en halfpipe mais je ne suis pas surpris d’être aux Jeux”. Autre particularité : Vincent Maharavo a créé sa propre société pour s’aligner en compétition, faute d’existence d’une équipe de France de halfpipe. “La fédération m’a laissé l’opportunité de me construire seul. Entraîneur, kiné, préparateur physique, préparateur mental… j’ai tout créé. La difficulté a été de trouver les financements”. L’argent, le nerf de la guerre. Camps privés, déplacements, staff… une saison lui coûte environ 40 000€ dont la moitié est financée par des sponsors privés. “Si je voulais être totalement dans le confort, ça me coûterait plutôt 70 000€” glisse le skieur de Font-Romeu. 

Il vend des crêpes et loue sa maison pour financer sa saison

Pour financer ses saisons, le Français doit aussi compléter avec des investissements personnels. Et faire quelques concessions. “J’ai loué ma maison et je dormais dans ma voiture. Quand je voyais mes locataires rentrer chez moi pour que je puisse gagner assez d’argent pour skier, je me dis qu'être aux Jeux Olympiques a une saveur particulière” , explique-t-ilAprès sa non-sélection aux Jeux de Pékin 2022, Vincent Maharavo avoue avoir vécu un burn-out et a décidé de mettre le ski entre parenthèses. Il a été contraint de mener d’une main de maître d’autres projets personnels. “Je suis parti à l’armée. J’ai lancé un food-truck pour vendre des crêpes au marché. J’ai aussi fait du mannequinat dans une agence à Paris. C’est là que je me suis rendu compte que le haut niveau et les entraînements me manquaient”. C’est en Suisse qu’il a retrouvé le goût et la passion du ski dans ce “U” géant qu’est le halfpipe. “J’avais l’impression d’être mon moi à 15 ans, avec plein de rêves et d’objectifs. Le ski me rend heureux aujourd'hui”. 

Un “parc d’attractions” dans son jardin 

Après la désillusion de 2022, Vincent Maharavo a tout plaqué. Construire pour se reconstruire, l’expression a pris tout son sens. Il a acheté un terrain à Font-Romeu pour y construire sa propre maison. Son refuge. Un espace de vie qu’il transforme aussi en lieu d’entraînement. Sur les réseaux sociaux, on peut le voir “rider” sur des modules installés dans son jardin. “Quand j’ai construit la maison de mes rêves, je me suis installé toutes les infrastructures nécessaires pour m’entraîner et gérer ma récupération”. Skatepark, ‘rails’ (rampes), sauna, jacuzzi, trampoline, salle de sport… tout y est. “C’est mon parc d’attractions. Mes potes me disent que ma maison est une maison de gamin”. 

Des origines malgaches

Né à Paris, loin de la neige et des reliefs, Vincent Maharavo s’est installé à Font-Romeu lorsque sa maman, enseignante, a été mutée dans les Pyrénées. Français, anglais, espagnol, et un peu de catalan qu’il a appris en Andorre, le français est polyglotte. Il a aussi des origines malgaches qu’il tient de son papa. “Ses parents sont malgaches et pourtant, mon père n’est jamais allé à Madagascar” sourit-il. Son nom “Maharavo” a une signification bien particulière. “Ma grand-mère me donne toujours des définitions différentes, se marre notre tricolore. Ça signifie grand, sage et honorable. D’ailleurs, mon nom entier est tellement long qu’il ne rentre pas à l’avant de mon accréditation. Il est inscrit qu'au dos”, plaisante-t-il. Son origine malgache fait aussi sa singularité. “Je suis très fier de porter ces origines africaines, car Madagascar et la France sont intimement liés”

Ami de Kévin Rolland, médaillé de bronze à Sotchi 2014

En arrivant à Livigno, Vincent Maharavo a eu le plaisir de retrouver l’un des Français les plus performants en halfpipe. Retraité sur les skis mais désormais consultant pour Eurosport, Kévin Rolland, quadruple médaillé aux championnats de monde et médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Sotchi 2014, en a profité pour s’offrir une petite session sur le halfpipe olympique. “J’ai skié avec lui avant-hier, il n’a rien perdu, il est toujours impressionnant !”, confie Vincent. Son amitié avec Kévin Rolland ne date pas d’hier. Les deux hommes sont très proches. “Il m’a toujours donné des conseils quand j’avais des doutes. Quand je l’appelle, il répond toujours présent au téléphone. On s’entend super bien, avec Tess Ledeux aussi, sa cousine. Ce sont des amis proches”. Pourvu que la présence de Kévin Rolland lui porte chance...


Partenaires mondiaux


Partenaire officiel

Retour en haut de la page