Un relais de biathlon en or, le record de 16 médailles aux Jeux Olympiques d'hiver... le récap du jour 12 !
CNOSF / KMSP
Le biathlon français encore en or, record de médailles battu !
Attention, voici une médaille qui pèse lourd. Avec cette 16e récompense pour l'Equipe de France aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina, le relais masculin de biathlon a permis de battre d'ores et déjà les records de Sotchi 2014 et PyeongChang 2018 (15). Celui de médailles d'or (5 à PyeongChang 2018 et Pékin 2022) a par la même occasion été égalé. Quentin Fillon Maillet devient quant à lui le Français le plus distingué aux Jeux d'hiver (8 médailles).
Et quoi de mieux qu'un match au sommet pour valider tout ces records ? Celui entre Français et Norvégiens avait déjà débuté avant le relais masculin du jour. Hier soir, au village olympique, le duo tricolore Fabien Claude et Eric Perrot a donné une leçon aux Norvégiens à la console de jeu. Puis sur les skis, les tricolores ont encore prouvé qu’ils étaient au sommet de la hiérarchie. Les Bleus n’avaient pourtant pas pris un départ idéal. Fabien Claude, vice-champion olympique sur ce même relais en 2022, a été en difficulté au tir, contraint de réaliser un tour de pénalité après son tir debout.
En donnant le relais à Émilien Jacquelin avec 50 secondes de retard sur la tête de course, la France retenait son souffle. Mais elle a pu compter sur un Jacquelin des grands jours. En trois kilomètres de course, le nouveau médaillé de bronze en poursuite avait déjà comblé 20 secondes. Puis, après un tir couché impeccable, notre tricolore est ressorti à 7 secondes de la tête de course dominée par l’Allemand David Zobel, avant de reprendre les devants. Phénoménal sur la piste où il avait remporté le titre mondial en 2020, Émilien Jacquelin a remis la France sur orbite avant de donner la main à Quentin Fillon Maillet.
En tête devant la Finlande, le champion olympique du sprint sur ces Jeux de Milan est parti à bloc, avec l’envie de continuer le travail exceptionnel réalisé par son coéquipier. Avec une seule faute sur le tir couché, notre tricolore est resté en tête, avec 6 secondes d’avance sur la Norvège avant de ressortir troisième après le tir debout, au contact de la Norvège et la Suède. Très puissant sur les skis, Quentin Fillon Maillet a donné le dernier relais à Eric Perrot en tête, pour un match incroyable entre favoris. Très habile derrière la carabine, le leader de la Coupe du monde a été plus rapide et plus précis que ses concurrents sur le tir couché, pour ressortir du pas de tir avec 9 secondes d’avance sur la Norvège.
Dans un suspense insoutenable, malgré deux erreurs sur le tir debout, le dernier relayeur français a réalisé un finish exceptionnel et a mis au tapis Vetle Christiansen. Le biathlon français a décroché son quatrième titre aux Jeux de Milan-Cortina et sa neuvième médaille, permettant à la délégation française de dépasser son record de médailles aux Jeux Olympiques d'hiver (16). Quentin Fillon Maillet est quant à lui devenu l’athlète français le plus décoré des Jeux d’hiver, avec huit médailles olympiques (dont cinq titres).
“Aux Jeux Olympiques, il y a des larmes de joie et de tristesse. J’ai connu les deux sur ces Jeux. L’or sur le relais masculin, ça n’était jamais arrivé. C’est incroyable. Ce sont des émotions folles”, confiait un Émilien Jacquelin ému après la course. Comme un symbole, les quatre mousquetaires ont reçu leur médaille d’or de Martin Fourcade, six fois champion olympique. Son frère Simon, entraîneur de l’équipe de France, n’a pas caché sa joie en zone mixte. “On appelle ça du biathlon champagne, on avait le magnum aujourd'hui ! C'est énormément d'émotions. Les gars ont fait quelque chose de grand ! Je suis content pour toute l’équipe”. Une chose est sûre, on se souviendra de ce mardi 17 février 2026.
Trois Français dans le top 20 en combiné nordique
Le combiné nordique allie deux épreuves : le saut à ski et le ski de fond. Avec un saut à 119 m ce matin sur le site de Predazzo, Marco Heinis s’est mis dans de bonnes dispositions avant d’attaquer les 10 km de fond. 10e à plus d’une minute du leader, le benjamin du groupe tricolore avait encore des chances d’aller décrocher une médaille. L’athlète de 22 ans a finalement terminé 14e après l’épreuve de ski de fond. “Je me suis fait plaisir sur les skis sur les deux épreuves. C’est avec des courses comme ça que je vais grandir. Il y a un gap entre les leaders et moi, j’ai encore du boulot. Faire un top 15 pour mes premiers Jeux, c’est bien” a déclaré notre tricolore qui sera certainement au rendez-vous dans quatre ans dans les Alpes Françaises.
La matinée a été plus compliquée pour nos deux autres Français. Laurent Mühlethaler a terminé le saut à ski avec la 17e place provisoire. L’aîné du groupe a malheureusement reculé cet après-midi en terminant 20e au général. Quant à Maël Tyrode, 24e en saut à ski, il s’est bien rattrapé en ski de fond. L’athlète de 25 ans est remonté pour gagner sept places et finir 17e, à trois minutes du médaillé d’or, le Norvégien Jens Luraas Oftebro. “Je suis content de ma course. Ce matin, je me suis dit que j’aurais bien aimé finir dans les 20 premiers. On voulait montrer le meilleur de nous-même. Je pense que j’ai réussi aujourd’hui. J’ai fait un combiné à mon niveau."
Hockey sur glace : la dure leçon des sommets olympiens
Opposés à l’Allemagne, vice-championne olympique en 2018 à PyeongChang, nos Bleus ne sont pas passés à côté du match que le capitaine Pierre-Edouard Bellemare qualifiait de “plus important de nos carrières”, avec pour enjeu un quart de finale olympique. Mais le manque d’expérience à ces altitudes s’est fait sentir quand ils ont concédé une ouverture du score précoce (0-1, 4e) puis le break quelques minutes plus tard (0-2, 11e). Cinq tirs côté Allemagne, quatre côté France à ce moment, mais déjà un tableau de score indiquant 0-2 : dure leçon de réalisme, bientôt accentuée en fin de tiers-temps (0-3).
Mission quarts impossible ? C’est toujours plus beau quand c’est impossible et Pierre-Edouard Bellemare a réduit l’écart à la reprise (1-3, 24e), impulsant un tiers-temps très abouti de la part de nos Bleus. Le troisième débuta avec les mêmes intentions et on aurait aimé voir à quoi aurait ressemblé la fin de match si les Bleus étaient parvenus à revenir à 2-3… mais le rêve est passé quand les Allemands, ayant survécu au temps fort tricolore sans encaisser ce satané deuxième but, se chargèrent de corser l’addition (1-4, 47e).
La dernière réalisation allemande est anecdotique, consécutive au tout pour le tout des Bleus, sortant le gardien pour un joueur de champ supplémentaire dans les dernières minutes (1-5). L’attaquant Anthony Rech se chargeait de poser des mots sur un moment riche en émotions pour tout un groupe : “C’était le dernier match en bleu de certains, et ç’a été une expérience incroyable pour tout le monde. Le rêve d’une vie pour les anciens et une bonne expérience pour ceux qui vivront les Jeux de 2030 en France, pour les jeunes qui arrivent, qui grandissent, comme Antoine Keller (le gardien, ndlr) qui a fait un super match. Il y a plein de jeunes qui suivront et j’aurais rêvé avoir encore 25, 26 ans pour vivre ça !"
Patinage de vitesse : nouveau top 5 pour nos Bleus
Timothy Loubineaud, Valentin Thiebault et Giovanni Trebouta ont terminé leur épreuve de poursuite par équipes sur une bonne note, en remportant la finale C qui les opposait à la Norvège. C’est un nouveau top 5 olympique pour la bande à Timothy Loubineaud, dans le sillage de son leader qui avait pris les 4e et 5e places des 10 000 et 5 000 m individuels. “Quand on voit d’où on vient, qu’on se souvient qu’il y a encore deux ans on n’avait pas d’équipe et que dans ce laps de temps on a construit une “team poursuit” olympique compétitive, on peut être fiers de ce qu’on a accompli et de ce top 5 aux Jeux”, lâche Giovanni Trebouta, qui disputait sa première “team poursuit” sur le circuit.
Timothy Loubineaud abonde : “Ce projet de la "team poursuit", c'est ce qui nous réunit, ce qui fait qu'on vit ensemble tous les jours, ce qui nous motive le matin... Avec aussi Germain (Deschamps) et Mathieu (Belloir), nous formons une équipe encore jeune en termes d’expérience, aussi il faut savoir apprécier les progrès faits si rapidement. Il nous a manqué encore un peu de temps de travail ensemble pour arriver sur ces Jeux, mais c’est de bon augure pour les Alpes 2030. Notre mantra est de toujours faire mieux que la fois d’avant et ça va nous motiver ces quatre prochaines années.”
Un spectacle grandiose sur le big air
Les conditions météo peu clémentes n’ont pas empêché les freestyleurs d’assurer le spectacle sur le big air de Livigno. Les dizaines de spectateurs frigorifiés se sont même réchauffés tellement le suspense a tenu le monde en haleine. C’est finalement le Norvégien Tomor Frostad qui est devenu champion olympique devant l’Américain Mac Forehand et l’Autrichien Matej Svancer. Du côté de nos Français, les conditions ont compliqué la tâche. “Le combo neige et vent de face rend la vitesse beaucoup plus lente et surtout instable. Il faut essayer de s’adapter mais il y a tellement de choses à gérer déjà”, racontait Timothé Sivignon.
Malgré une chute au premier run, le Savoyard a donné le meilleur de ce qu’il avait, pour terminer 11e sur 12 concurrents. “C’était l’une des compétitions les plus folles que j’ai vécues en big air. Je suis fier d’y avoir participé, surtout que je n’ai pas été ridicule. Je suis forcément déçu, car j’aurais pu aller chercher quelque chose. C’est comme ça, il faut passer au-dessus. Il faut être heureux de ce que j’ai vécu ici. J’ai beaucoup appris, ça va me servir pour les prochaines Coupes du monde”, a déclaré le néo-olympien, déjà tourné vers les prochaines échéances.
Son coéquipier en bleu a terminé juste devant lui. Malgré sa 10e place au général, Matias Roche était extrêmement frustré du ski qu’il a livré ce soir. “J’ai l’impression que je n’ai pas montré ce que je savais faire. Je me sentais super bien, je sentais que ça allait bien se passer mais j’ai fait n’importe quoi sur le dernier run. Je suis hyper déçu” a-t-il déclaré avant de se tourner vers la suite de sa carrière. “Les prochains Jeux sont dans quatre ans, j’ai le temps de me préparer davantage”.
Bobsleigh : Romain Heinrich et Dorian Hauterville tiennent leur top 10
Ils ont bien fait de sortir de leur retraite. 13e en bob à deux à PyeongChang en 2018, 12e à Pékin quatre ans plus tard, Romain Heinrich et Dorian Hauterville avaient ensuite mis leur carrière dans le bobsleigh en sommeil… jusqu’à ce que les Jeux de Paris 2024, conjugués à l’obtention de ceux d’hiver par les Alpes françaises en 2030, leur donnent envie de ressortir casques et gants. Et en Italie, ils ont réussi à intégrer leur premier top 10 olympique. Passés 11e à l’issue de la manche 3, doublés par les Autrichiens Treichl et Bertschler, ils ont réintégré in extremis les dix premiers à la faveur du passage manqué des Britanniques Hall et Greenwood en dernière manche. Ce top 10 était leur objectif en Italie sur la route des Jeux 2030 : contrat rempli.
Patinage artistique : Lorine Schild sera de la fête jeudi pour le libre
Touchée au sortir de la glace, un instant persuadée de ne pas revenir jeudi présenter son programme libre, Lorine Schild peut souffler : certes, sa prestation au son de "Stairway to heaven" n'a pas été aussi aboutie qu'une semaine plus tôt lors du team event (55.63 contre 62.24), mais elle lui vaut tout de même la 24e place du classement... soit la dernière qualificative pour le second volet de cette compétition de danse individuelle. On retrouvera donc notre Française jeudi soir sur la glace.