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Le poids du drapeau, la force du collectif

Martin Fourcade et Marie-José Pérec racontent leur expérience unique de porte-drapeau de l’équipe de France olympique. Deux Olympiades, entre été et hiver, mais une émotion universelle : celle de représenter son pays et de porter la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture.

Une responsabilité inattendue

Pour Martin Fourcade, six fois champion olympique de biathlon, l’annonce est d’abord un dilemme. « Je ne voulais pas être porte-drapeau », confie-t-il. « J’imaginais uniquement les contraintes : plus de fatigue, plus d’exposition, et tout cela, la veille de ma course. » Mais le sens du devoir l’emporte, et il accepte la mission. Rapidement, il découvre un autre aspect des Jeux : « Pour la première fois de ma carrière, j’ai pris conscience de la force du collectif. À aucun moment je n’ai eu l’impression de tirer les autres, au contraire, je me suis senti poussé. » Porter le drapeau devient alors une expérience de partage et de fierté, complémentaire avec sa performance sportive.

Marie-José Pérec, triple championne olympique d'athlétisme et porte-drapeau à Atlanta en 1996, se souvient d’une émotion similaire mais dans un contexte différent. « Être choisie, en tant que femme, pour mener cette équipe était une immense fierté. Par mon parcours et la façon dont j’ai grandi, représenter la France dans la ville de Martin Luther King avait une telle portée symbolique que je me suis sentie investie d’une véritable mission. » La cérémonie dépasse la simple formalité : elle devient un moment symbolique où chaque geste compte.

Marie José Perec Atlanta 1996 CNOSF/PRESSESPORTS-DE MARTIGNAC

Le mythe du porte-drapeau

Ce rôle n’est pas exempt de superstition. Pour Marie-José Pérec, un détail lui a donné la mesure de l’honneur : « L’athlète qui avait porté le drapeau quatre ans plus tôt m’avait dit : Tous les portes-drapeaux avant toi ont été médaillés d’or. Tu dois continuer la chaîne. » Martin Fourcade, lui, avait entendu parler de la fameuse "malédiction du porte-drapeau". « En réalité, j’ai été transcendé par cette expérience. Porter le drapeau m’a donné tellement d'énergie positive. »

Au-delà de la performance individuelle

L’expérience de porte-drapeau transforme la perception de la compétition. Pour Marie-José Pérec, même concentrée sur la quête de ses titres olympiques, elle prend soin de ses coéquipiers : « Je voulais savoir comment ils allaient, créer cette ambiance où l’équipe se serre les coudes. » Martin Fourcade partage ce sentiment : il porte avec lui tous ceux qui n’étaient pas présents, blessés ou tragiquement disparus, comme David Poisson. « En tant que porte-drapeau, je voulais représenter toute l’équipe, et pas seulement moi. »

Le rôle prend alors une dimension collective et humaine, au-delà du côté très solennel de la cérémonie. « Il y a un côté symbolique et institutionnel », note l'ancien biathlète, « mais c’est aussi un moment de convivialité, où l’on peut taquiner ses coéquipiers, montrer notre esprit français. »

Martin Fourcade PyeongChang 2018 CNOSF/KMSP - J. CROSNIER

Un souvenir gravé dans la mémoire

Tous deux s’accordent sur l’intensité de ce moment. « On ne vit ça qu’une fois dans une vie », souligne Marie-José Pérec. « Il faut en profiter, être soi-même et transmettre quelque chose aux autres. » Martin Fourcade se remémore cette expérience comme une véritable révélation : « Sourire, profiter, incarner le rôle à ma manière… Cela m’a appris autant sur moi que sur l’équipe. »

Porter le drapeau, c’est donc une autre victoire : celle de l’unité, de la responsabilité et de l’émotion partagée. Deux parcours différents, une expérience commune, et une fierté du drapeau qui transcende les médailles.


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