"Quand c'est partagé c'est toujours meilleur" : les réactions du relais médaillé d'argent en ski de fond
Théo Schely, Hugo Lapalus, Mathis Desloges et Victor Lovera ont pris la médaille d'argent du relais masculin (4x7,5 km) de ski de fond aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Réactions.
Théo Schely
"Quand j'en termine, à chaud je suis déçu. Je ne suis pas au contact, le travail n'a pas été fait. J'avais les jambes dures. Je ne pense pas que ce soit dû au stress, plutôt juste une journée moyenne. Et puis quand je vois le scenario à la fin, je relativise. Je me dis que cet écart n'était pas grand-chose, finalement ! J'ai fait le job, on l'a fait en équipe, on dépend tous de toute manière de la course des autres. Je suis content de faire partie de cette équipe pour la première fois. C'est un héritage que Maurice (Manificat, ndlr) nous laisse. Cette médaille est pour tout le ski de fond français, on n'est pas que quatre. Cela fait quatre fois de suite que le relais français est médaillé aux JO d'hiver (après trois médailles de bronze, ndlr), cela a une saveur particulière d'y prendre part."
Hugo Lapalus
"A un moment je me suis dit que j'allais finir à 40 secondes, que j'allais tout planter. Franchement c'était horrible. J'ai tout mis pour rentrer. Je savais que si j'arrivais à rester avec les quatre gars qui jouaient l'argent, Mathis allait les "tuer" derrière. Je n'avais pas le droit de lâcher. Avant les Jeux, je me disais qu'à choisir je préférerais une médaille collective à une médaille individuelle. Quand c'est partagé c'est toujours meilleur. Cela rend les choses mille fois plus belles. Cette médaille est pour tous ceux qui ont mis une petite pierre à l'édifice : le staff, les kinés, les techniciens, tous ceux qui ne sont pas aux Jeux... C'est la quatrième médaille de suite pour le relais de ski de fond français aux Jeux, une histoire qui continue... et ça nous tient à cœur de continuer à l'écrire. Aujourd'hui, on a changé la couleur de la médaille et on va continuer à s'entraîner pour aller chercher le seul métal qui nous manque encore. On est de plus en plus proches des Norvégiens. On les aura un jour, c'est sûr !"
Mathis Desloges
"Je suis vraiment content de ce qu’on a fait en équipe. C’est la troisième médaille d’argent que je ramène dans ces Jeux et c’est largement la plus belle parce qu’elle est partagée avec les coéquipiers du relais et tout ceux qui sont derrière dans l’équipe. Elle représente beaucoup plus que les quatre personnes sur les skis. C’est vraiment une course d’ensemble, de collectif. Je suis vraiment fier de ce qu’on a conquis aujourd’hui. Je pense qu’on écrit l’histoire petit à petit, course après course, et on le fait ensemble. C’est vraiment beau."
Victor Lovera
"C'était un relais de dingue. Je suis parti à fond, j'étais tellement content d'avoir l'occasion de conclure la belle course des copains. C'est beaucoup de pression aussi de finir un relais olympique, surtout quand c'est le premier : à la fin, j'ai un peu skié avec la peur. J'ai eu peur dans les virages, j'avais les jambes dures ! Mais la dernière descente, la dernière ligne droite, tu vois les copains qui bondissent juste derrière la ligne... C'était... Pff, je n'ai pas les mots. J'ai envie d'avoir un mot pour tous ceux de l'équipe qui n'étaient pas sur les skis : "Julo", "Clem", "Chanav", "Tchoup" et "Mouss" (Jules Lapierre, Clément Parisse, Lucas Chavanat, Jules Chappaz, Rémi Bourdin, ndlr). On l'a fait pour l'équipe, c'est "ouf" !"
Olivier Michaud, directeur des équipes de France de ski de fond :
"Cette course, et cette médaille, sont hyper importantes pour tout le collectif, tout le système : les coachs, les techniciens, les kinés et bien sûr les autres athlètes qui ne sont pas sur le podium. C'est toujours compliqué d'en laisser certains sur la touche donc on est super heureux de ce que les quatre en piste ont produit et que ça se finisse bien. On a mis 45 minutes pour définir ce relais, en analysant la piste, en élaborant le scenario d'après ce qu'on avait vu des filles la veille. Théo avait une grosse responsabilité et il a fait le job en restant quasiment au contact. Hugo a été exceptionnel, vraiment, une leçon de force mentale pour replacer la France. Mathis, dans ces conditions, on savait qu'il allait tout faire exploser sur son passage et Victor n'a plus eu qu'à sécuriser cette place... Et en plus il a eu le temps de profiter de la dernière ligne droite !"