"Une course à mon image" : Émilien Jacquelin, bronzé et comblé !
CNOSF / KMSP
Émilien Jacquelin a décroché sur la poursuite des Jeux Olympiques de Milan-Cortina sa première médaille individuelle aux Jeux. Deux jours après un podium envolé pour moins d'une seconde sur le sprint, ce bronze fait pleinement son bonheur. Interview.
On vous a vu partir à bloc, au point de semer Sturla Laegreid et revenir rapidement sur Quentin Fillon Maillet, parti en tête...
C'est un ensemble de choses. Premièrement, ça faisait une heure que j’étais au comble de l’excitation, avec des frissons partout… J’ai été encouragé par deux pays différents aujourd’hui (il a séduit l’Italie depuis qu'il a déclaré toute son affection pour l'ancien cycliste transalpin Marco Pantani, dont il arbore d'ailleurs la légendaire boucle d'oreille, ndlr) et c’est assez spécial. Et puis c’est aussi qu’au premier tour je me sentais bien. Je voyais que Sturla n’arrivait pas forcément à reprendre Vetle (Christiansen, ndlr) qui était parti juste devant. En poursuite, parfois les athlètes qui sont devant vont moins vite que ceux qui arrivent derrière et j’avais envie de prendre la course à mon compte, être dans mon propre effort, ne pas être sur la défensive ni simplement suivre les autres. C'est cette manière-là qui me permet d'être aussi offensif au pas de tir.
Justement : racontez-vous ce dernier pas de tir où l’or se dérobe à vous...
En fait, dans ma tête, je ne pensais pas forcément au titre. J’étais plus à me dire qu’il fallait que je fasse le plein parce que sinon le dernier tour allait être très compliqué. Malheureusement, je ne me suis pas facilité la tâche mais tout finit bien quand même (il désigne la médaille autour de son cou).
Vous vous êtes vu la perdre, cette médaille ?
Le dernier tour a été compliqué, oui. Quand Sturla m'a dépassé à la sortie du pas de tir, je me suis dit que j'allais encore finir quatrième voire sixième, tellement j'étais cuit. Il est passé si vite que j'ai pensé que je n’étais plus dans le rythme du tout. Et finalement, j’ai réussi à "switcher" et à me servir de lui pour aller de l’avant. Sur le sprint, je m’étais déjà donné à 100 %, mais ça ne l’avait pas fait pour un rien. Et aujourd’hui, j’ai redonné mon 100 %, avec encore plus d’âme. Bronze après avoir fait quatrième pour deux dixièmes sur le sprint il y a deux jours, je prends ! L’or ou l’argent ce sera pour la prochaine fois.
Que représente pour vous ce premier podium olympique individuel ?
C’est magique ! C'est un rêve d’enfant réalisé. Après on peut toujours choisir de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, c’est vrai qu’il y avait moyen de jouer le titre aujourd’hui, mais je suis resté fidèle à moi-même, offensif sur les skis comme sur le pas de tir. J'ai vécu de grandes émotions, j'ai pesé sur la course et c'est comme ça que j'aime pratiquer mon sport. Ce n'est peut-être pas la manière de faire la plus simple pour aller chercher des médailles, on peut dire que c'est trop engagé, mais à la fin je prends du plaisir et je pense que j'en procure. Je vis mon sport d'une manière romantique et remporter une médaille en y mettant ce panache, c'est encore plus beau. J'ai livré une course à mon image."