3 questions à… Lucas Defayet, seul Français engagé en skeleton
CNOSF/KMSP
Lucas, pour commencer, peux-tu nous décrire ce qu’est le skeleton, une discipline encore confidentielle ?
« C’est un sport de glisse qui se pratique sur la même piste que celle du bobsleigh. Après un sprint de 4 à 5 secondes, je saute sur ma luge à plat ventre, la tête en avant. J’ai des chaussures uniques avec 300 pointes à l’avant du pied. Je ne peux pas utiliser des pointes d’athlétisme, car elles sont trop grosses et casseraient la glace.
Ensuite, je me sers de mes épaules pour diriger l’engin. J’appuie sur mon épaule droite pour aller à gauche et inversement. La descente fait entre 1,2km et 1,5km. Le but du jeu est d’aller le plus vite possible. C’est un shot d’adrénaline sur moins d’une minute !
Tu es allongé à plat ventre sur une luge, la tête la première vers la pente, as-tu conscience de pratiquer un sport dangereux ? T'es-tu déjà fait peur ?
Ce n’est pas dangereux. C’est l’idée que les gens se font de mon sport mais les risques sont assez maîtrisés et les descentes sont étudiées pour ne pas sortir de la piste. Je me suis déjà fait peur, mais ça a toujours été contrôlé. En cas de chute, on glisse juste à plat ventre ou sur les fesses. Il peut y avoir quelques brûlures, mais rien de grave. Le ski ou la luge sont bien plus dangereux que le skeleton. La moindre petite faute, c’est la chute immédiate.
Quand on commence le skeleton, on ne commence pas du haut de la piste. Par exemple, dans mon club à la Plagne, il y a 19 virages. Un débutant va commencer au virage 12 jusqu’au 19 pour aller à 80 km/h. Là, il ne peut rien se passer de dangereux. Progressivement, il va débuter plus haut sur la piste, pour aller plus vite.
Tu peux aller jusqu’à 140 km/h… quelles sont les sensations au ras du sol, alors que ton menton touche quasiment la glace ?
Ce sont des sensations uniques. C’est très difficile de décrire ce que je ressens sur l’engin. En étant au ras du sol, l’effet de vitesse est décuplé. Dans les virages, je suis plaqué contre un mur à 5 mètres de haut, j’adore cette sensation. Il y a beaucoup de pression qui s’exerce sur la tête, et notre tête touche la glace. Parfois, on ne voit plus rien, c’est tout noir. J’ai toujours été amateur de sensations fortes. J’ai un peu tout essayé : le saut en parachute, le saut en parapente, j’ai conduit des voitures de course, mais les sensations n'ont rien à voir. Il faut essayer le skeleton pour comprendre ! »
Lucas Defayet débutera ses épreuves de skeleton jeudi 12 février à 9h30 sur la piste légendaire de Cortina d’Ampezzo, utilisée lors des Jeux d’hiver de 1956.