Perrine Laffont et Camille Cabrol, une amitié en or depuis 17 ans
CNOSF/KMSP
Il y a celles et ceux qui vivent les Jeux Olympiques en famille, comme les cousins Tchiknavorian (skicross) ou les jumeaux Chervet, Emma et Jules (saut à ski). Et puis, il y a celles qui savourent les Jeux entre meilleures amies. C’est le cas de Perrine Laffont et Camille Cabrol, toutes les deux spécialistes du ski de bosses. Leur amitié a débuté en 2009 lors des premières compétitions jeunes. “Pep”, comme elle est surnommée par sa coéquipière, avait 11 ans. Camille, un an de plus. « Perrine, c’est un peu la sœur que je n’ai pas eue, glisse celle qui a deux frères de sang. On a des caractères différents qui se complètent. Cet équilibre amical est hyper enrichissant ».
« Partager les Jeux avec quelqu’un que l’on aime beaucoup, ça rend l’aventure encore plus belle »
Les Françaises ne se lâchent pas d’une spatule depuis maintenant 17 ans. À Milan-Cortina 2026, les deux freestyleuses disputent ensemble leurs troisièmes Jeux Olympiques. Les quatrièmes pour la star pyrénéenne, les troisièmes pour la Savoyarde. « C’est ouf de partager mes troisièmes Jeux avec l’une de mes meilleures amies. Le soutien de Perrine est très important. J’espère lui apporter autant. Il faut en profiter un maximum. Ce sont des moments de vie qu’on n’oubliera jamais ». D’un tempérament plus timide, Perrine Laffont, sextuple championne du monde, ne cache pas sa joie de vivre les Jeux Olympiques avec une amie proche. « J’ai de la chance de vivre une grande partie de ma carrière avec ma meilleure amie. Partager les Jeux avec quelqu’un que l’on aime beaucoup, ça rend l’aventure encore plus belle. On partage des moments privilégiés ».
Colocataires pendant les études, inséparables lors des stages d’entraînement avec l’équipe de France de ski de bosses, bras-dessus, bras-dessous à la cérémonie d’ouverture sur le site de Livigno, elles partagent tout. Ensemble, elles ont fait les 400 coups, toujours le sourire au coin des lèvres. Dans sa chambre au village olympique, Camille Cabrol a même placardé une photo souvenir des deux copines. Quand le ridicule ne tue pas.... « Tout est parti du super slalom imaginé par Julien Lizeroux (une course festive qui encourage les participants à se déguiser). On avait essayé les costumes des Totally Spies. C’est un délire qui est resté. J’ai fait un montage un peu douteux avec Milan en fond et nous habillées en Totally Spies », plaisante la pensionnaire du club de Megève. Amies sur les skis mais aussi dans la vie, elles se côtoient régulièrement en dehors des pistes. Au printemps dernier par exemple, elles sont même parties en vacances ensemble. Contrairement à ce que le grand public pourrait croire, elles ne parlent pas que de ski. « Le point fort de notre relation c’est que l’on a aussi d’autres sujets de conversation. Ça permet d’avoir un sas de décompression », raconte Camille.
Un duo inséparable sur et en dehors des skis
Pour en revenir aux bosses, pas question de parler de rivalité entre les deux tricolores. Si elles sont concurrentes sur la piste, les deux amies se respectent, s’entraident et se soutiennent. Un rituel avant d’entrer dans le portillon de départ ? « On sait qu’il ne faut pas déranger l’autre, et vice versa » précise Camille. Depuis tout ce temps, la mécanique est bien huilée. Sans avoir besoin de se parler, un simple regard ou un geste affectueux suffisent pour se faire comprendre. En cas de coup dur, Perrine sait vers qui se tourner. « J’ai une épaule sur qui me reposer si besoin. Mes saisons les plus dures, c’est quand Camille n’était pas là. On a su créer un cocon ensemble qui nous met dans notre bulle », confie la championne olympique de Pyeonchang 2018. Si la médaille olympique est dans un coin de leur tête, le rêve ultime serait de monter sur la boîte ensemble, main dans la main. L’histoire n’en serait que plus belle.