Une jeune équipe de France de combiné nordique qui veut jouer sans complexe
CNOSF / KMSP
La conférence de presse de l’équipe de France masculine de combiné nordique s’est tenue ce dimanche 8 février, à quelques jours du début des compétitions. Autour d’un groupe jeune mais ambitieux, le staff et les trois athlètes qui vont représenter l’équipe de France ont livré un discours lucide, oscillant entre réalisme et envie de rêver en bousculant les nations actuellement au sommet de la hiérarchie.
D’entrée, Étienne Gouy, directeur du saut et du combiné nordique à la Fédération française de ski, a posé le cadre. « L’équipe de combiné se compose de trois athlètes, des jeunes », a-t-il expliqué, en rappelant que Laurent Mühlethaler, né en 1997, endosse naturellement un rôle de leader, encadrant deux athlètes nés en 2000 et 2003. Face aux grandes nations historiques de la discipline, l’objectif est clair. « L’ambition, c’est vraiment d’arriver à matcher avec les grosses nations que sont les Autrichiens, les Norvégiens et les Allemands », a poursuivi Étienne Gouy, tout en reconnaissant que « sur le papier, la France n’est pas aux avant-postes ».
« On est aux Jeux Olympiques, on espère bien aller les embêter »
Mais le contexte olympique change la donne. « On est aux Jeux Olympiques, on espère bien aller les embêter », a-t-il glissé, avant de rappeler que, malgré une préparation écourtée par l’enchaînement des compétitions, « on est là pour jouer et pour donner le meilleur de soi-même ». Interrogé sur les cartes que peut jouer la France face à des nations plus installées, Etienne Gouy a insisté sur l’imprévisibilité de la discipline. « Chaque compétition est différente », a-t-il rappelé, s’appuyant sur des exemples récents. « On a vu aujourd’hui que les Norvégiens, qui font souvent un, deux, trois sur le ski de fond, n’étaient pas intouchables », a-t-il analysé, soulignant que les Bleus avaient déjà su monter sur le podium par le passé.
Pour Marco Heinis, ces Jeux marquent une première Olympiade chez les seniors, après une expérience aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2020, à Lausanne. Son arrivée au village s’est faite dans la continuité d’un stage. « La préparation a suivi son cours et on a pris la direction du village », a-t-il expliqué, avant de livrer son ressenti. « Le collectif est présent et c’est ça qui est le plus impressionnant. Avoir autant de gens autour de nous pour veiller à nos petits soins, c’est très satisfaisant », a-t-il raconté, évoquant aussi « toute l’organisation » impressionnante autour des Jeux.
« On sent l’ambition dans les yeux de chaque athlète »
Sur l’atmosphère olympique, Marco Heinis a reconnu un format différent de certaines éditions passées. « C’est sûr que c’est un peu différent quand les sports sont dispatchés », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que la présence de tous les athlètes nordiques au même endroit rappelait « un peu des championnats du monde ». Mais l’essentiel reste ailleurs. « On sent l’ambition dans les yeux de chaque athlète », a-t-il observé, estimant que, pour une première expérience aux Jeux, « c’est déjà bien suffisant ».
Quant à ses ambitions personnelles, Marco Heinis a préféré rester fidèle à ses convictions. « Ce qui me tient le plus à cœur, c’est de donner la meilleure version de moi-même », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’aligner entraînements, performances et sensations. Il s’est aussi voulu rassurant sur son état de forme. « C’est mon meilleur début de saison de toute ma carrière », a-t-il confié, tout en rappelant que, malgré deux week-ends de Coupe du monde plus compliqués, il arrivait « maître de ses moyens pour donner le meilleur ».
Leader du groupe, Laurent Mühlethaler a, lui, décrit une acclimatation fluide. « On a été super bien accueillis, on est bien installés », a-t-il raconté, évoquant le village, l’ambiance et même la restauration, avant de reconnaître une atmosphère différente de la Coupe du monde. « On sent que ce n’est pas la Coupe du monde, ni les championnats du monde, il y a une autre atmosphère », a-t-il analysé, malgré la distance entre les différents sites de compétition.
« Sur une course d’un jour, tout peut se passer »
L’absence à la cérémonie d’ouverture n’a pas généré de frustration particulière. « Je ne regrette pas, on avait besoin de continuer à s’entraîner et de faire quelques réglages », a-t-il expliqué, assumant un choix tourné vers la performance. L’actualité récente, marquée par l’exploit de Mathis Desloges, en argent, sur le skiathlon, a nourri l’optimisme du groupe. « On voit une armée de Norvégiens dominer en Coupe du monde, mais sur une course d’un jour, tout peut se passer », a souligné Laurent Mühlethaler, convaincu que « ça montre que c’est possible ».
Interrogé sur ce qui définirait des Jeux réussis, le Français a livré une réponse mesurée. « Ce que je recherche avant tout, c’est de donner la meilleure version de moi-même et d’être fier de moi », a-t-il expliqué, avant d’évoquer des repères chiffrés avec prudence. « Si je tourne autour de la dixième place, c’est très bien », a-t-il estimé.
« Mentalement, j’ai l’impression que toute l’équipe est dans un bon état d’esprit »
De son côté, Maël Tyrode a raconté la découverte du village avec un mélange d’étonnement et de sérénité. « C’est impressionnant, mais à la fois accueillant », a-t-il confié, notant que cette édition, avec des villages répartis, restait proche de ce qu’il connaissait déjà sur les grands événements nordiques. Physiquement remis après une légère grippe, il s’est dit confiant. « Mentalement, j’ai l’impression que toute l’équipe est dans un bon état d’esprit », a-t-il analysé, soulignant une dynamique collective tournée vers le plaisir sans se laisser happer par l’événement.
La vie en groupe participe pleinement à cette expérience. « On vit déjà ensemble, on regarde les compétitions tous ensemble derrière nos écrans », a expliqué Maël Tyrode, estimant que vivre les Jeux à plusieurs rend l’aventure plus intense. « Tout seul, ce serait différent, un peu plus triste », a-t-il reconnu. À l’heure d’entrer en lice, l’équipe de France masculine de combiné nordique avance donc sans illusion, mais sans complexe.