Ski alpin : Paco Rassat en confiance, Clément Noël serein, Steven Amiez libéré
CNOSF/KMSP
Frédéric Perrin, directeur des équipes de France masculines, a d’abord posé le cadre logistique et sportif. Arrivés progressivement sur site, les trois slalomeurs avaient établi un premier camp de base à Aprica (Italie), il y a quelques jours, afin de commencer à se préparer dans des conditions idéales. « Les garçons se sont entraînés, ils sont arrivés en Italie le 4 février dans une petite station qui s’appelle Aprica, où on a fait un petit camp de base pour la préparation olympique », a-t-il expliqué, avant de préciser que les premières séances s’étaient déroulées dans de bonnes conditions malgré une météo changeante. « Ils ont eu un premier jour d’entraînement avec un peu de poudreuse, puis une piste repréparée, et les journées ont été plutôt bonnes », a-t-il ajouté, se voulant rassurant.
« Il n’est pas tout seul à supporter ça »
Rapidement, la question de la pression autour de Clément Noël s’est imposée. Champion olympique en titre, leader naturel du groupe et porte-drapeau hier soir à Livigno, le Vosgien concentre une grande partie des attentes du clan tricolore. Frédéric Perrin l’a reconnu, rappelant que le slalom arrive souvent en fin de programme lors des grands événements. « Quand on arrive sur une année olympique ou des championnats du monde et qu’on n’a pas encore de médaille, il y a forcément une pression en plus », a-t-il analysé. Mais il a aussi insisté sur un élément nouveau dans l’équation française. « Là où c’est bien pour Clément, c’est qu’il est entouré par des bons slalomeurs, et pas des moindres, notamment Paco Rassat, qui a brillé cet hiver. Ça redistribue un peu les cartes, il n’est pas tout seul à supporter ça », a-t-il poursuivi, soulignant l’importance du collectif pour alléger la charge mentale.
Sur les conditions de piste et la météo, Frédéric Perrin a détaillé une préparation pensée pour s’adapter à toutes les éventualités. « Il y a une préparation de base qui est faite sur la piste pour pouvoir répondre à toutes ces situations », a-t-il expliqué, évoquant aussi bien la gestion d’éventuelles chutes de neige que celle de températures plus élevées. Concernant Clément Noël, il a souligné son évolution technique. « Avant, Clément avait un ski très orienté sur les neiges glacées. Aujourd’hui, il est beaucoup plus dans l’adaptation, que ce soit sur le matériel ou dans sa manière de skier », a-t-il observé, estimant cette polyvalence déterminante à ce niveau.
« Des Jeux réussis, ce serait réussir à m’exprimer pleinement »
Pour Steven Amiez, ces Jeux représentent une première découverte. Arrivé récemment sur le site, le slalomeur a raconté une installation rapide et des journées d’entraînement efficaces. « On s’entraînait à 45 minutes d’ici, à Aprica, on a fait des bons jours d’entraînement et l’installation a été assez rapide », a-t-il expliqué. Interrogé sur ce que seraient, pour lui, des Jeux réussis, Steven Amiez a affiché une ambition assumée. « Des Jeux réussis, ce serait réussir à m’exprimer pleinement, faire mon ski, me lâcher. Je sais que si j’arrive à produire mon ski, je fais partie des meilleurs », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’objectif restait « d’aller décrocher une médaille », tout en acceptant un scénario où donner le maximum resterait essentiel.
Sur la piste olympique, le skieur tricolore a livré une lecture déjà précise malgré une découverte encore partielle. « Ce sont parfois les pistes sans grandes difficultés qui sont les plus compliquées, parce que ça réduit beaucoup les écarts », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité d’être « très précis techniquement », notamment sur les parties plates. L’esprit olympique, encore discret à son arrivée, s’est malgré tout invité dans le groupe. « On n’a pas pu participer à la cérémonie d’ouverture, alors on s’est fait notre propre cérémonie à Aprica », a-t-il raconté, décrivant un moment symbolique partagé avec les coachs et Paco Rassat.
« Je suis fier d’être ici, c’était mon rêve de gosse »
Auteur d’une saison remarquable, ponctuée notamment par deux victoires en Coupe du monde, Paco Rassat a, lui, expliqué sa progression par une confiance construite dans la durée. « Je pense que c’est de la confiance acquise ces dernières saisons », a-t-il analysé, rappelant une période plus compliquée marquée par une opération du dos et un changement de matériel. « Cette année, j’ai pu franchir un cap sur la préparation physique, sur le matériel et mentalement », a-t-il poursuivi, estimant avoir su « surfer sur la vague » après un bon début d’hiver. À l’approche de ses premiers Jeux, il a décrit un état d’esprit mêlant fierté et lucidité. « Je suis fier d’être ici, c’était mon rêve de gosse. Je l’aborde avec de la confiance dans mon ski », a-t-il confié, avant d’insister sur l’importance de produire « du bon Paco », fidèle à ses fondamentaux.
« J’arrive à me sentir performant sur tout type de neige »
Clément Noël, enfin, a raconté son arrivée à Bormio après la cérémonie d’ouverture et son ressenti face à l’événement. « On ressent quand même, un peu, qu’on est aux Jeux Olympiques, ce n’est pas comme d’habitude », a-t-il expliqué, évoquant également l’ambiance italienne et la qualité des sites. Sur le plan sportif, il a replacé son podium de Schladming (Autriche) comme un repère essentiel. « Ce qui était important, c’était la manière dont j’ai skié la deuxième manche, parce que c’était du bon ski, du ski engagé », a-t-il analysé, estimant que ce type de contenu serait nécessaire pour jouer devant.
Interrogé sur son évolution depuis Pékin, Clément Noël a évoqué une plus grande capacité d’adaptation et une maturité accrue. « J’arrive à me sentir performant sur tout type de neige, de tracé, de piste », a-t-il expliqué, ajoutant se sentir « plus serein » et mieux armé mentalement. Concernant la pression, il s’est voulu clair. « J’aurai forcément du stress le jour du slalom, mais ce n’est pas une mauvaise chose », a-t-il conclu, assumant pleinement ce qu’il vient chercher aux Jeux : « vivre ces grands moments à fond ». À l’approche du slalom olympique, l’équipe de France avance donc avec des repères solides.