Saut à ski masculin : une équipe jeune, un leader affirmé et un tremplin déjà apprivoisé
CNOSF / KMSP
Ils sont arrivés tôt en Italie, après de longues heures de route, et ils ont sauté presque aussitôt. Ce samedi 7 février, au fil d’une conférence de presse, donnée quelques jours avant le début des compétitions, l’équipe de France masculine de saut à ski a évoqué, sans le moindre stress, son envie de se confronter à ce premier rendez-vous olympique.
D’emblée, le ton est donné par Étienne Gouy, directeur des équipes de France. « C’est vrai que c’est une équipe très jeune. On voit qu’ils sont trois à être sélectionnés aux Jeux Olympiques. C’est leur première participation. Ils ont tous entre 22 et 23 ans. C’est un petit peu l’avenir du saut à ski français », a déclaré Étienne Gouy. L’encadrement ne se cache pas : ces Jeux sont autant une étape qu’un point de départ. « On est vraiment en construction », insiste-t-il, tout en soulignant que « les choses se sont bien passées » lors des premiers entraînements.
« Valentin Foubert, c’est le leader »
Au cœur de ce groupe, Valentin Foubert assume naturellement un rôle de référence. « Valentin, c’est le leader. C’est vrai qu’il a fait des belles performances cet hiver. Il était proche d’un premier podium, chose qu’on n’avait pas vue depuis 15 ans, voire plus. Donc c’est vraiment le maillon fort de cette équipe », pose clairement Étienne Gouy. Sans en faire un objectif chiffré, le cadre est posé : « Si Valentin est dans le top 10, il aura vraiment fait des beaux Jeux ».
L’intéressé, lui, reste fidèle à sa manière d’être. Son arrivée en Italie s’est faite sans accroc malgré un léger contretemps physique. « Pour le moment, tout se passe assez bien. J’ai un léger rhume, ce n’est pas grave », balaie-t-il simplement, confirmant avoir bien participé aux entraînements dès jeudi. Sur le tremplin olympique, qu’il connaît déjà, Foubert entre rapidement dans le concret. « C’est un tremplin qui est assez spécial pour sa taille. Je trouve qu’on passe assez haut pour un 90 mètres », décrit-il, évoquant des sensations déjà familières, même si « la table est juste un peu différente ».
« Vivre le moment présent »
Cette reconnaissance des lieux nourrit surtout sa confiance. « C’est de la confiance, c’est de l’amusement, de voir qu’on est capable de faire des bons résultats, explique-t-il en revenant sur sa saison hivernale réussie. Le seul truc qu’il faut faire, c’est d’y aller à fond et pas de se retenir, et juste de vivre le moment présent », a ajouté le sauteur à ski tricolore. Une approche qui colle à ce que son staff attend de lui : de la liberté, pas de crispation.
Autour de lui, les deux autres Français découvrent également les Jeux. Jules Chervet, pour qui l’aventure est doublement singulière puisqu’il la partage avec sa sœur jumelle Emma, raconte des premiers jours denses. « On est arrivé puis on a directement sauté. Hier, on était à la cérémonie, donc première expérience, c’était génial de se retrouver avec tous ces athlètes et toutes ces nations », a confié le Français. La qualification commune avec sa sœur a marqué un moment fort. « Quand on a appris tous les deux qu’on était qualifiés, c’était assez incroyable et c’était un vrai bon moment en famille », a déclaré le sauteur à ski tricolore.
« Être en finale »
Sur le plan sportif, Jules Chervet détaille avec précision le petit tremplin. « C’est quand même un gros petit tremplin. Il y a de la hauteur gratuite en sortie. Il faut essayer de prendre l’appui sur l’air et de voler le plus loin possible », a analysé le Français. Même discours du côté d’Enzo Milesi, pour conclure la conférence. « Tout a été très vite. On est arrivé jeudi, on a sauté le jour même. On s’est directement mis dans le bain », raconte-t-il, décrivant des journées bien remplies entre entraînements, travail des combinaisons et préparation physique. Sur le tremplin, son verdict est positif. « Les tremplins sont vraiment supers. C’est un 90 mètres où ça vole un peu quand même. »
Sans promesse démesurée, sans posture, l’équipe de France masculine avance donc avec lucidité. Apprendre, performer quand les conditions le permettent, engranger de l’expérience. Et, pour certains, déjà viser plus loin. Comme le résume Étienne Gouy, l’objectif est clair pour les plus jeunes : « Être en finale ».