Snowboard freestyle : Romain Allemand et Enzo Valax, prêts à en découdre aux Jeux
CNOSF / KMSP
Avec le hockey sur glace féminin, le snowboard freestyle va ouvrir les Jeux Olympiques de Milan-Cortina, avant même la cérémonie d'ouverture. Jeudi 5 février, place aux qualifications de big air avant la finale samedi 7 février, sur le site de Livigno. Les épreuves de slopstyle débuteront le lundi 16 février pour une finale le 18 février. Au sein de l'équipe de France masculine, deux athlètes ont été sélectionnés : le jeune rider Romain Allemand (19 ans) et l'expérimenté Enzo Valax (25 ans). Ils disputent tous les deux les premiers Jeux d'hiver de leur carrière.
"Le site olympique est impressionnant"
Arrivés samedi 31 janvier en Italie, les athlètes ont pris leurs quartiers au village olympique de Livigno et ont pris le temps de s'imprégner de l'ambiance. Sous la houlette de leur entraîneur, Maxence Tevelle, ils sont entrés en piste pour une première séance d'entraînement lundi 2 février, à trois jours de l'ouverture du bal. "Au vu des conditions de neige, ce n'était pas garanti qu'on ait de bonnes structures", glisse l'entraîneur, presque surpris et satisfait du spot olympique proposé. La réception des sauts est confortable avec de la vraie neige. C'est un site impressionnant". En confiance sur leur planche après ces premiers réglages, ses deux poulains ont hâte d'en découdre.
Romain Allemand, le créatif
Premier français à avoir remporté une manche de Coupe du monde à Laax (Suisse) le 18 janvier et invité pour la première fois aux X Games, une semaine avant les Jeux, Romain Allemand arrive en Italie avec le plein de confiance. Malgré son jeune âge (19 ans), il ne fait aucun complexe. "La pression glisse sur ses épaules. C'est sa grande force" assure son coach.
Avec son style bien à lui, le natif de Marseille se veut très créatif lors de ses rides, en slopestyle comme en big air. De quoi impressionner son propre coéquipier, Enzo Valax. "La première fois qu'il est arrivé en équipe de France, j'ai dit à l'entraîneur : "je n'ai rien compris au snowboard en fait". Il y va sans réfléchir. C'est inspirant de voir sa fraîcheur et sa spontanéité", raconte son aîné. Le principal intéressé a bien conscience que le jour J, il faudra trouver un juste milieu entre créativité et efficacité. "La créativité peut être un avantage car tu fais des choses que les autres ne font pas mais tu prends aussi des risques qui peuvent ne pas plaire au jury". Une chose est sûre, il ne tentera pas l'impossible. Parmi le top 30 mondial et face à la concurrence des Asiatiques, Romain Allemand rêve d'un podium olympique. "Les Jeux Olympiques, c'est tous les 4 ans, sur une qualification au mérite. J'en rêve depuis gamin. Dans tous les cas, je veux viser une médaille aux Jeux", ambitionne le rider de La Plagne.
Enzo Valax, l'outsider qui n'a rien à perdre
Un peu plus âgé que son coéquipier, Enzo Valax (25 ans), n'est encore jamais monté sur un podium en Coupe du monde. Plus sage, plus posé, mais aussi "plus classique et régulier" sur la planche, selon les dires de son entraîneur, le natif de Compiègne va aussi prendre part à ses premiers Jeux Olympiques. Un rêve qui l'anime depuis ses 8 ans. "J'avais lu une BD à la maison où le protagoniste allait aux Jeux Olympiques. En 2008 lors des Jeux de Pékin, je n'avais pas décroché de la télévision pendant deux semaines. La cérémonie d'ouverture, les pays, la grandeur de l'événement... ça m'a profondément marqué". Excité en voyant le village olympique de Livigno se remplir de jour en jour, le gamin de l'Ariège a hâte d'en découdre.
Jeudi, en montant sur la piste, il ne veut pas se poser de question. "Je ne fais pas partie des favoris. Comme je ne suis pas attendu, je n'ai pas de pression extérieure, dit-il. Je ne veux pas trop réfléchir. Je ne vais pas tenter l'impossible en croisant les doigts. Je vais juste me respecter et faire ce que je sais faire". Bien que les Jeux Olympiques font leur retour en Europe, une première depuis douze ans, Enzo Valax va vivre cette Olympiade loin de ses proches, qui le suivront à distance, dans son village d'origine. "J'ai toujours vécu mon parcours comme ça. C'est ma bulle, je préfère me concentrer sur moi que sur l'extérieur". Le message est clair. Dans le portillon de départ, il n'y aura que lui, ses figures et ses bosses pour faire le show et pourquoi pas, rêver d'une médaille olympique. "Ca reste la compétition d'un jour !" rétorque Maxence Tevelle, l'entraîneur, impatient de démarrer cette aventure olympique.