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À Cortina, les Bleues de la vitesse assument leurs ambitions

Photo de Laura Gauché sur la descente aux Jeux Olympiques de Pékin 2022

KMSP / CNOSF

À Cortina d’Ampezzo, tout rappelle que les Jeux Olympiques ne sont jamais un rendez-vous ordinaire. Pour l’équipe de France féminine de vitesse, cette conférence de presse qui s'est tenue, ce mercredi 4 février, marque l’entrée dans un autre tempo.

À la tête du groupe, David Chastan, le directeur du ski alpin à la Fédération française de ski, ne détourne pas le regard face aux ambitions du groupe français. La sélection est claire, assumée, construite pour performer sur un site que les skieuses connaissent déjà parfaitement. En effet, Cortina n’est pas une découverte : c’est une piste de Coupe du monde, exigeante. « On vient avec de l’ambition, comme toutes les nations qui se présentent aux Jeux Olympiques », rapporte-t-il. Le super-G reste le terrain de jeu où les Françaises ont le plus de chance de briller, mais la descente n’est pas reléguée au second plan. Sur une course d’un jour, tout peut s’aligner. David Chastan le sait, le staff aussi, tout comme les athlètes.

« C’est souvent l’une des meilleures pistes à skier »

Dans ce cadre, Laura Gauché, 30 ans, avance avec une certaine assurance et une tranquillité assumée. La piste, elle la connaît par cœur : ses mouvements de terrain, ses prises de vitesse, ce passage entre deux rochers. « C’est souvent l’une des meilleures pistes à skier », glisse-t-elle, avant de rappeler l’essentiel : aux Jeux, les sensations sont secondaires. Quatrième ici il y a deux ans, d’une manche de descente de Coupe du monde, elle sait que tout doit être aligné pour qu’elle puisse performer : engagement, stratégie, lucidité. « Faire cinquième ne sert à rien », lâche-t-elle. Le poids olympique, Laura Gauché ne semble pas le subir. Détendue, presque étonnée de l’être, elle décrit une pression différente : moins diffuse qu’en Coupe du monde, plus frontale puisqu’il ne s’agit que d’une seule course. « Il faut tout envoyer et je trouve, au final, que ça donne moins de pression », dit-elle.

« Ça y est, on est dans le rythme olympique »

À ses côtés, Camille Cerutti incarne une autre forme de tension : celle du retour. Revenue aux Jeux après quatre années difficiles, elle ne parle pas de revanche. Pas encore. « Ce sera une revanche quand j’aurai fini mes courses », précise-t-elle. Pour l’instant, être là compte déjà. « On a pris nos marques dans le village, mais également à l'hôtel. On a eu la chance de pouvoir skier ce matin, nous sommes passées au travers des flocons, c'était vraiment sympa. Nous avons pu mettre les habits et croiser les autres athlètes. Ça y est, on est dans le rythme olympique », a ajouté Camille Cerutti.

« Ce serait le moment idéal »

Enfin, il y a Romane Miradoli, figure centrale de l'équipe de France de ski alpin féminin, installée depuis plusieurs saisons parmi les références mondiales du super-G. À Cortina, l’Italie résonne comme un territoire familier. Elle parle de la piste comme d’un duel : prendre ce qu’elle offre, accepter ce qu’elle impose. Sur le podium ici il y a deux ans, en super-G, Romane Miradoli ne fuit plus les projections. Championne olympique ? « Je trouve ça bien que les gens le pensent. S’il y en qui peuvent le penser, mes concurrentes peuvent le penser aussi », répond-elle calmement. La descente aussi fait partie de l’équation. « Ce serait le moment idéal », glisse-t-elle, presque comme une évidence. La magie olympique, Romane Miradoli la tient encore à distance. Pas par froideur, mais par habitude, car profiter viendra plus tard. Pour l’instant, l’énergie doit rester canalisée. À Cortina, les Bleues ne promettent rien. Elles savent simplement pourquoi elles sont venues.


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