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Bobsleigh : un groupe ambitieux qui veut passer un cap 

CNOSF / KMSP

La conférence de presse de l’équipe de France de bobsleigh s’est tenue ce mercredi 11 février, à quelques jours des premières échéances. Absent du point presse, car mobilisé à l’entraînement de Lucas Defayet, Bruno Mingeon, entraîneur de l’équipe de France, a tenu à faire passer un message : la sélection a été l’aboutissement d’un processus engagé depuis l’été.

« La sélection a été établie vis-à-vis du chemin de sélection mis en place dès l’été dernier », a-t-il expliqué, précisant que « côté des hommes, la sélection s’est faite assez tôt dans la saison » tandis que du « côté des femmes, la sélection s’est faite jusqu’à la fin, avec un choix qui s’est établi sur les dernières courses ». « Le choix a été fait sur les meilleurs de la saison », a-t-il insisté, en ajoutant une notion centrale dans la logique du groupe France. « C’est un groupe complet, qui n’a pas vraiment de titulaires ni de remplaçants », a-t-il souligné, rappelant que « c’est un groupe qui fait une équipe ».

 « Meilleure saison depuis assez longtemps »

Sur le plan sportif, le coach a dressé un bilan encourageant. « Ça a été une saison assez solide qui s’est conclue sur un positionnement régulier dans le Top 10 », a-t-il rappelé, en parlant même de « meilleure saison depuis longtemps ». L’objectif olympique s’inscrit dans cette continuité : « continuer sur cette lancée, se solidifier sur un Top 10 et voir si c’est possible d’aller chercher le Top 8 », a-t-il annoncé. Il a enfin glissé un point clé sur la piste. « Elle est assez technique sur le haut », a-t-il averti, estimant que c’est là que « les différences vont sûrement se creuser ».

Côté féminin, Margot Boch et Carla Sénéchal ont abondé dans ce sens. Interrogée sur la passerelle fréquente entre athlétisme et bobsleigh, Margot Boch a résumé l’évidence du recrutement. « On va souvent chercher les pousseurs à l’athlétisme parce qu’ils ont déjà les bases pour la course : la vitesse, la puissance et l’explosivité », a-t-elle expliqué, rappelant que ce sont « vraiment tout ce qu’on recherche au bob ». Carla Sénéchal a complété par une réalité propre à la discipline. « C’est une discipline qu’on commence assez tard », a-t-elle expliqué, évoquant un début généralement situé « entre quatorze et seize ans », ce qui laisse le temps de « tester des activités physiques » avant de basculer pleinement vers le bobsleigh.

Sur les ambitions, les deux Françaises ont affiché une ligne claire. « L’objectif, c’est d’aller chercher un Top 10 dans chaque discipline », a déclaré Margot Boch, avant d’assumer l’envie d’aller plus loin : « On veut mieux, forcément ». Sénéchal a insisté sur la dynamique de progression au fil de l’hiver. « Étape de Coupe du monde après étape de Coupe du monde, on a augmenté notre niveau », a-t-elle expliqué, espérant avoir « un niveau encore supérieur ici pour les Jeux Olympiques ».

« Je suis très fière d’avoir gagné toutes mes sélections et de pouvoir faire partie de l’aventure »

La question de la sélection, serrée jusqu’au bout, a naturellement ramené au sujet du collectif. « L’année olympique est toujours particulière pour les pousseurs », a expliqué Carla Sénéchal, évoquant aussi une « sélection interne » qui n’est jamais évidente. « Je suis très fière d’avoir gagné toutes mes sélections et de pouvoir faire partie de l’aventure », a-t-elle ajouté. Margot Boch a confirmé ce scénario familier. « Ça a vraiment été une sélection qui s’est faite jusqu’au bout et ça veut dire que le niveau a augmenté au sein de l’équipe », a-t-elle souligné, y voyant « plutôt des bonnes nouvelles ».

Sur l’exposition médiatique, souvent concentrée tous les quatre ans, Margot Boch a choisi d’en faire une opportunité. « C’est une chance de pouvoir mettre notre sport en lumière », a-t-elle expliqué, souhaitant « donner envie à des jeunes » et « faire grandir la discipline et le collectif » de l’équipe de France. Carla Sénéchal a partagé ce constat. « On aimerait être mis en lumière plus régulièrement », a-t-elle reconnu, avant d’ajouter que c’est « à nous d’être sur les podiums plus régulièrement pour qu’on parle plus souvent de nous ».

Chez les hommes, le groupe est emmené par Romain Heinrich et Dorian Hauterville, qui ont déjà participé aux Jeux Olympiques, et nourris par l’arrivée de nouveaux pousseurs : Nils Blairon et Antoine Riou. Romain Heinrich a tout d’abord tenu à parler de son retour en équipe de France, quelques mois après avoir annoncé sa retraite. « Quand j’avais pris la décision en 2023 d’arrêter ma carrière, j’étais persuadé d’avoir fait le tour », a-t-il confié, avant d’avouer l’effet déclencheur. « L’annonce du retour des Jeux en France pour 2030, ça m’a pris par les tripes », a-t-il expliqué, ajoutant avoir « appelé tous les anciens pour remonter une équipe ». Le projet se lit donc sur deux temporalités. « Nous voilà à la fois en 2026 à Cortina et sur la route de 2030 », a-t-il résumé.

« Rentrer dans un Top 10, c’est le minimum »

Sur la passerelle entre l'athlétisme et le bobsleigh, Dorian Hauterville a donné un exemple précis. « C’est au championnat de France d’athlétisme de 2016 que j’ai été approché », a-t-il raconté, soulignant que l’explosivité issue du sprint ou des lancers prouve que l’on peut évoluer en bob. Romain Heinrich a détaillé le combo nécessaire. « Quand on vient des sports de force, il faut développer la vitesse. Quand on vient du sprint, on cherche à développer la force », a-t-il expliqué, rappelant un élément central : « Le départ est très important dans la performance finale ».

Pour Dorian Hauterville, l’ambition sur ces Jeux Olympique est chiffrée et assumée. « Rentrer dans un Top 10, c’est le minimum », a expliqué Hauterville, avant d’ouvrir plus grand. « Un Top 8 ou un Top 6, ce serait vraiment top ». Même ligne chez Romain Heinrich. « Le niveau de satisfaction démarre au Top 10 et on aimerait accrocher un Top 8, voire un Top 6 », a-t-il déclaré, en précisant que l’ambition est identique « en bob à deux et en bob à quatre ».

La piste, justement, fait partie du défi mental. Romain Heinrich a refusé l’excès de confiance. « Tous les pilotes qui jouent dans le Top 10 se disent la même chose », a-t-il analysé, en insistant surtout sur l’exécution. « Sur cette piste très difficile, les fenêtres de pilotage sont très resserrées », a-t-il expliqué, rappelant qu’un geste « trop tôt ou trop tard » empêche la vitesse de se créer. « Mon objectif, c’est d’avoir une exécution du haut en bas, qui soit la meilleure possible, sur quatre manches », a-t-il conclu.

Enfin, les nouveaux venus ont raconté l’apprentissage auprès des anciens. « Romain m’a dit qu’il fallait que je suive mon plan, que je ne fasse pas de débordement », a expliqué Nils Blairon, citant l’idée de « respecter les consignes du coach et rester focus jusqu’au bout ». Au sein de cette équipe de France de bobsleigh les ambitions semblent donc réalistes à la vue de la mentalité des différents athlètes.


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