Bonne humeur, concurrence saine… pourquoi le snowboard cross français fonctionne si bien ?
CNOSF/KMSP
Il n’y a pas besoin de passer des heures avec lui pour comprendre à quel point la bonne ambiance règne au sein du collectif de snowboard cross tricolore. Un entraîneur peinturluré de vernis à ongles, des frères Chollet “à la cool”, des anciens qui montrent l’exemple, et de l’humour à tout va… la bonne humeur est de mise chez les athlètes tricolores.
Ils sont huit à disputer les Jeux Olympiques : quatre hommes et quatre femmes. Tous sont déjà montés sur un podium en Coupe du monde. Parmi eux, il y a la maman du groupe, Chloé Trespeuch, porte-drapeau et déjà deux médailles olympiques à son palmarès. Il y a les autres “anciens”, comme Loan Bozzolo, Merlin Surget et Julia Nirani-Pereira qui vont disputer leurs troisièmes Jeux Olympiques. Et puis, il y a les « petits nouveaux », comme les appelle leur coach, Kévin Strucl. Léa Casta, Maja-Li Iafrate-Danielsson, Aidan et Jonas Chollet apportent « beaucoup de fraîcheur » dans ce collectif.
De l’expérience et des petits nouveaux, un combo qui fonctionne bien
Ce n’est pas Loan Bozzolo qui dira le contraire. 24e à Pyeongchang et 11e à Pékin, le Haut-Savoyard est ravi d’être au contact de cette nouvelle génération. Rappelons-le. Jonas et Aidan n’ont que 17 et 21 ans. « Le fait d’avoir des plus jeunes qui arrivent, ça nous pousse à nous adapter au mouvement de notre sport. On a vu le snowboard cross d’avant et celui d’aujourd’hui, tout en continuant à être performants », dit-il du haut de ses 26 ans. Expérimenté, avec une 5e place à Pékin en 2022, Merlin Surget se nourrit des plus jeunes. « On a beaucoup de choses à aller chercher chez les frangins Chollet. On se tire vers le haut, c’est ça la force de notre équipe ». La réciprocité fonctionne aussi. « Ils nous donnent des tips pour être plus calmes, plus zens et aller plus vite », glisse Jonas Chollet.
Têtes brûlées, incapables de rester en place au village olympique, Aidan et Jonas Chollet ne veulent pas rater une miette de cette première Olympiade. « On est un peu des gamins ici. On est allé voir les entraînements du big air dès le premier soir. Le lendemain, on a vu les qualifs et la finale, on a tout fait ! On est là pour kiffer ! Ce n’est pas tous les jours les Jeux », rétorque l’aîné. « Ils ont mille fois plus d’énergie que nous. Ils veulent aller partout alors que nous, on sait quand il faut prendre du temps pour se poser. Parfois je me sens vieux », se marre Loan.
Les frères Chollet ont changé de dimension après leur doublé en Coupe du monde à Cervinia (Italie) le 13 décembre. Ils rêvaient de faire les Jeux ensemble. S’ils sont concurrents, leur relation n’est pas toxique, comme l’assure leur coach. « Le grand veut battre le petit, et inversement. C’est très sain. Ils ont tous les deux les armes pour jouer devant ». Loan Bozzolo et Merlin Surget aussi. Finalement, la richesse de cette équipe de France, c’est d’être la meilleure nation au monde alignée sur ces Jeux. Avec huit médailles gagnées en onze courses dans l’histoire des Jeux d’hiver, les Bleus s’avancent comme d’immenses favoris. « Tout le monde a conscience qu’on est une grosse nation. Tous les athlètes sont capables d’aller chercher la médaille ou de gagner. Ce n’est pas le moment de se faire manger par l’événement » raconte Kévin Strucl. Leur palmarès parle pour eux.
« La concurrence et le management sont sains »
Même son de cloche dans le quatuor féminin. Léa Casta et Maja-Li Iafrate-Danielsson arrivent à Livigno sur la pointe des pieds, alors que Julia Nirani-Pereira et Chloé Trespeuch sont de vraies références à l’échelle mondiale. En argent à Pyeongchang à l’âge de 16 ans, 5e à Pékin, Julia a un statut à assumer, tout comme Chloé Trespeuch, médaillée de bronze à Sotchi et médaillée d’argent à Pékin. La patronne du snow français apprécie cette concurrence saine avec la nouvelle génération. « Le staff a toujours privilégié la relève, accompagner les jeunes pour ne pas favoriser que l’élite. C’est important pour faire progresser notre sport. La concurrence et le management sont sains, ce qui permet à chacun de prendre sa place ». Inspirée par ses aînées étant petite, Maja-Li Iafrate-Danielsson savoure avoir « été accueillie les bras ouverts dans le groupe. On a toujours été soudées. On se pousse vers le haut ».
« Personne n’a envie d’être comme l’autre », rétorque Chloé Trespeuch. Avec leurs personnalités différentes et trajectoires variées, les quatre snowboardeuses de l’équipe de France sont complémentaires. Ce n’est pas pour déplaire à Julia Nirani-Pereira, vainqueure à Dongbeiya en Chine le mois dernier. « L’équipe de France féminine est performante depuis très longtemps. On a toutes nos points forts et points faibles mais on travaille ensemble ». « Il y a de la place pour chaque individualité », complète Maja-Li Iafrate-Danielsson du haut de ses 19 ans. En rentrant en piste jeudi 12 février (hommes) et vendredi 13 février (femmes), les Bleues ont de belles chances de briller. Léa Casta, qui vit ses premiers Jeux, se sert aussi de l’expérience de ses aînées pour gérer la pression. « J’ai un guide perso dans le village, c’est Julia. Si j’ai besoin de conseils, je sais à qui je peux demander », sourit celle qui a fêté ses 20 bougies hier. De quoi être sereine avant d’aborder la course la plus importante de sa carrière.