De retour d’un stage au soleil, le ski cross français arrive “frais” aux Jeux de Milan-Cortina
Le ski cross français est arrivé à Livigno "frais" mentalement et physiquement après un stage à Tenerife.
Une semaine après un stage à Tenerife, les skieurs de l’équipe de France de ski cross sont revenus revigorés, avec le teint légèrement bronzé. Alors qu’ils avaient participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux au stade San Siro de Milan, les Bleus sont partis aux Iles Canaries prendre le soleil. “Ce n'étaient pas des vacances”, tient à rassurer Evan Klufts, qui s’apprête à disputer sa première course olympique.
Ce n’est pas la première fois que Michel Lucatelli, l’entraîneur, prend une telle décision. Lors des Jeux de Sotchi en 2014, le surnommé “Mitch” avait emmené l’équipe pour une même mise au vert en Turquie. Essai concluant puisque les Bleus avaient réalisé un triplé historique, en or, argent et bronze avec Jean-Frédéric Chapuis, Arnaud Bovolenta et Jonathan Midol. “On en avait besoin. On a eu des mois de décembre et janvier assez denses. Je ne pense pas que ça soit un risque de s’éloigner de la neige, bien au contraire” explique le coach. Vélo, séances de musculation, yoga… Les skieurs tricolores ne se sont pas tournés les pouces. A Youri Duplessis-Kergomard d’en témoigner. “Beaucoup de gens pensent qu’on passait notre temps à la piscine et sur la plage, mais on a fait beaucoup de sport".
Une fraîcheur mentale et physique
Si les tricolores sont contents d’avoir retrouvé la neige à deux jours de leur entrée en lice dans la compétition, ils avouent avoir apprécié être loin du tumulte des Jeux Olympiques. “Quand on attend la compétition, les journées peuvent être longues. C’était bien de partir pour être sur un autre rythme et sortir de la ferveur olympique”, explique la maman du groupe, Marielle Berger Sabbatel. “Ca fait que deux jours qu’on est là et je tourne déjà en rond, donc je pense que s’extraire de cette ambiance qui met la pression, c’était pas mal”, ajoute sa coéquipière Jade Grillet-Aubert.
Quand l’épreuve ne se déroule pas la première semaine, l’une des difficultés pour les athlètes est de savoir quelle stratégie adopter. Attendre dans le village olympique et profiter de l’expérience au risque d’y laisser des plumes ? Ou rester loin de cette folie au risque de ne pas profiter de cette aventure, qui pour certains, ne se réalisera qu’une fois dans leur vie ? Pour Mylène Ballet-Baz, le choix est vite fait. "Certaines équipes sont restées là depuis dix jours. Nous, on arrive frais mentalement et physiquement. Je pense que ça va nous être bénéfique”. Constat partagé par Melvin Tchiknavorian qui va disputer sa première Olympiade. Ce stage loin des projecteurs et de la folie olympique permet de garder de l’énergie pour les courses. “Le but était de repartir à zéro pour arriver ici frais dans la tête et dans le corps”. Son cousin, Terence, a déjà deux Olympiades à son actif. Lui sait mieux que tout le monde à quel point les sollicitations médiatiques, le village olympique, ou l’effervescence des autres épreuves peuvent coûter cher. “On a vite tendance à vouloir faire beaucoup de choses ici, aller voir les copains sur les autres épreuves, mais ça épuise. Ça prend du jus qu’on ne voit pas et qui est important pour la compétition”, glisse l’un des tauliers de cette équipe de France.
Jeux de société et karaoké
Seule Anouck Errard n’était pas du voyage pour soigner une blessure au genou. Dans cette équipe de France, la bonne ambiance règne. Pour sortir la tête du ski et des pistes, les athlètes sont de grands adeptes de jeux de société. “Surtout les filles, nous on en peut plus !”, plaisante Evan Klufts. “On joue beaucoup à la coinche (une variante de la belote, ndlr) ou à des jeux de carte faciles à mettre dans la valise !”, glisse Anouck. “On attend les Jeux Olympiques de coinche, parce qu’on est pas mal”, rétorque Jade, dans un grand sourire. Le quatuor masculin composé des cousins Melvin et Terence Tchiknavorian, Evan Klufts et Youri Duplessis-Kergomard est plutôt branché karaoké.
Au moment de s’élancer sur la piste vendredi (femmes) et samedi (hommes), il ne sera plus question de miser sur un atout plus qu’un autre, ou de penser à la musique à lancer dans le jukebox. A Livigno, les ambitions sont très claires pour le clan tricolore. “On n’est pas venus ici pour regarder la piste et manger des pâtes, même si on les adore, plaisante le coach. Faire un podium chez les filles et les garçons, c’est un minimum”. Pour ses premiers Jeux, Youri Duplessis-Kergomard se montre très ambitieux. “C’est l’or olympique ou rien !”. Avec une médaille, il pourra justifier les anneaux olympiques gravés sur sa peau, depuis Tenerife.