Patinage artistique : une tradition à honorer
CNOSF / KMSP
Quand on dit « France aux Jeux Olympique en patinage artistique », on pense d’emblée « danse sur glace », « la » spécialité tricolore, celle des Duchesnay, d’Anissina - Peizerat et, beaucoup plus proche de nous, Papadakis - Cizeron, champions olympiques il y a quatre ans à Pékin 2022 après l’argent à Pyeongchang en 2018. Guillaume Cizeron, justement, est encore de la fête en Italie et son tandem avec Laurence Fournier Beaudry pourrait ainsi lui valoir une troisième médaille aux Jeux. Mais prudence : « Si seulement le fait d’être champion olympique rendait plus serein ensuite, rigole t-il. Mais à chaque championnat c’est comme si on remettait les pieds sur la glace pour la première fois. On ne s’habitue jamais vraiment car il y a toujours l’envie de se dépasser et donc le stress reste le même, malheureusement... ou heureusement, pour trouver cette zone qui nous permet de donner le meilleur de nous-mêmes au meilleur moment. Et puis tout a été une première fois dans notre duo avec Laurence depuis le début de la saison. »
Avec la Canadienne de naissance, qui représente la France depuis l’an passé, une nouvelle aventure s’écrit : « On est un jeune duo mais on a chacun de la bouteille, explique t-elle. C’est certain que notre amitié dans la vie a participé grandement à l’avancement du projet, mais cela évolue : au début on avait plus de sensibilité à se suivre l’un l’autre, et puis au fur à mesure de la saison on a développé des automatismes pour que tout soit plus spontané et moins réfléchi. » Au bout du processus : « L’objectif primordial dans ces Jeux est de délivrer les deux performances que l’on sait être capables de délivrer, tranche Guillaume. Les résultats viendront à la suite de ça. Donc on veut profiter du moment avec la petite touche de magie en plus qui arrive en compétition. »
Adam Siao Him Fa vise la médaille
Dans ce groupe France de patinage artistique, ils sont quelques-uns à ambitionner marcher dans les traces de Guillaume et repartir d’Italie en tant que médaillé(s) olympique(s). A commencer par Adam Siao Him Fa : « L’objectif est une médaille en individuel et par équipes », avance le champion d’Europe 2023 et 2024, qui a renoncé au rendez-vous européen cette année « pour avoir une préparation optimale en vue des Jeux. Cette prépa s’est très bien passée et je me suis content de ma décision. Je me sens en pleine forme, confiant. Maintenant ça reste de la compétition donc plein de choses peuvent arriver, mais je suis prêt à me donner à fond, me faire plaisir et profiter de l’évènement pour ne pas avoir de regrets à la fin. »
Même son de cloche chez Kevin Aymoz, l’autre Français engagé en individuel. Ses soucis de pied derrière lui, il se (re)prend à viser haut : « J’avais une grosse inflammation du nerf ou d’un muscle sous le pied gauche. Les douleurs sont toujours présentes mais contrôlées : je m’entraîne à 100 % et je revis maintenant que je peux refaire des sauts super importants. Je me laisse rêver, c’est ce qui me fait me lever le matin. Ce sont mes deuxièmes Jeux, je vais jouer avec le règlement en présentant des programmes « clean », que je maîtrise, pour scorer. Le podium sera très difficile mais on a vu sur les deux dernières saisons que c’était parfois ouvert. Et tant que je sors de la glace sans regret, je serai gagnant. »
En route pour les Alpes françaises
La médaille, Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud se verraient bien y prétendre… dans quatre ans. Lui : « Ces Jeux doivent nous permettre d’engranger de l’expérience pour viser une médaille à domicile en 2030. » Pour ça, « on aimerait bien rentrer dans le top 8 et faire notre « season best ici ». Elle : « On veut montrer tout ce qu’on a travaillé et la meilleure version de nous-mêmes. »
A 21 ans et pour ses premiers Jeux, Lorine Schild est aussi dans la prise d’expérience. « Tout est nouveau pour moi, c’est très grand mais je reste focus sur ma compétition, les moments où il faut que je sois prête, ou que je me repose, et ceux où je peux en profiter. Mais je me sens bien. Je prend tout ce qu’il y a à prendre. J’aimerais passer le cut pour aller faire le libre mais surtout prendre du plaisir et faire du mieux possible. »
Camille et Pavel Kovalev enfin entendent savourer ce rendez-vous olympique, eux qui ont dû attendre jusqu’à très récemment la confirmation qu’ils étaient bien repêchés en couple. « Mais nous savions que nous aurions l’épreuve par équipes et nous nous sommes préparés dans ce but, relève Camille. Tout ce qui change, c’est que maintenant on y va pour performer sur deux épreuves. » Avec un accent prononcé pour ce format par équipes qui les enthousiasme tous. Kevin Aymoz se fait le porte-parole du groupe (en attendant d’en être le capitaine ?) : « C’est une chance de pouvoir faire une épreuve par équipes dans un sport où on est finalement souvent assez seul. Je suis trop content de partager ça avec les amis. Il y a une très bonne dynamique, écoute et entraide entre nous. »