Short-track : une équipe de France jeune, ambitieuse et tournée vers l’avenir
CNOSF/KMSP
La conférence de presse de l’équipe de France de short-track a confirmé une tendance déjà perceptible depuis plusieurs mois : le collectif tricolore avance dans un cycle de reconstruction, avec une génération rajeunie et une ambition clairement tournée vers l’horizon 2030 lorsque les Jeux Olympiques seront à domicile, dans les Alpes françaises. À l’approche de l’entrée en compétition, le discours du staff et des athlètes a varié entre patience, lucidité et envie de se mesurer à l’exigence olympique.
D’emblée, Djamel Cheikh, directeur technique national de la formation française, a posé le cadre. « L’équipe de short-track a bien pris ses marques avec le staff, les athlètes sont plutôt en forme », a-t-il expliqué, tout en soulignant une attente parfois longue avant le début des épreuves. « Il faut gérer cette attente», a-t-il reconnu, rappelant que la moyenne d’âge du groupe est de 21 ans et que, pour la plupart, à part Quentin Fercoq, c’est leur première expérience des Jeux Olympiques ».
«L’ambition, c’est que chacun produise tout ce qu’il est capable de faire»
Dans ce contexte, les attentes sont volontairement mesurées mais assumées. « L’ambition, c’est que chacun produise tout ce qu’il est capable de faire, avec la lucidité qu’on a sur la jeunesse de cette équipe », a poursuivi Djamel Cheikh. Certaines perspectives font néanmoins naître de l’enthousiasme, notamment en relais féminin. « On ne va pas s’interdire de rêver à une finale », a-t-il lancé, rappelant que la France n’avait plus aligné de relais féminin aux Jeux Olympiques depuis de nombreuses années. « Déjà, nos filles sont dans le top 8 mondial. En finale, tout peut arriver », a-t-il ajouté, tout en rappelant que ces Jeux constituent avant tout « une étape importante en vue de 2030 ». Bérénice Comby le confirme : « L'objectif de ces Jeux est de prendre de l'expérience pour 2030 et profiter. »
Sur la gestion de l’attente avant la compétition, le DTN a précisé le souhait du staff. « Ils ont des entraînements programmés, mais on a aussi souhaité qu’ils profitent du moment », a-t-il expliqué, évoquant notamment la cérémonie d’ouverture vécue sans la pression immédiate d’une course. « Progressivement, on les amène à être focus sur la compétition qui approche », a-t-il précisé.
«J’ai appris à être beaucoup plus professionnelle dans ma façon de voir le sport de haut niveau»
Cette dynamique collective s’appuie en grande partie sur un choix pris il y a quelques années qui semble porter ses fruits : l’entraînement en Italie. Aurélie Lévêque en a détaillé les bénéfices. « Ça fait deux saisons entières qu’on s’entraîne avec l’équipe italienne et ça a été hyper bénéfique », a-t-elle expliqué, soulignant un gain de professionnalisme et une progression globale. « J’ai appris à être beaucoup plus professionnelle dans ma façon de voir le sport de haut niveau », a-t-elle ajouté.
Elle a également insisté sur l’apport du modèle italien. « Ils ont un plan d’entraînement très bien construit pour être en forme sur les jours de compétition », a-t-elle analysé, évoquant aussi les conditions de travail sur une patinoire équipée comme en compétition. « On peut vraiment tout donner à l’entraînement », a-t-elle expliqué, saluant aussi les échanges avec des coachs internationaux.
Cloé Ollivier, elle, juge que cela peut être un avantage pour eux, de pouvoir vivre ces Jeux presqu'à domicile : « C'est sûr que c'est positif, on a eu accès à la patinoire et à la piste plus tôt, on a pu prendre nos repères. »
«Tout le monde est sur le même pied d’égalité»
Même constat pour Eva Grenouilloux, qui a raconté une adaptation progressive. « En termes de vie personnelle, ça n’a pas trop changé, mais à l’entraînement, c’était beaucoup plus d’intensité », a-t-elle expliqué, évoquant un temps nécessaire pour s’adapter au rythme. « Maintenant, on est comme un grand groupe France-Italie, presqu'une seule équipe », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que la rivalité reprend naturellement sur la glace. Concernant les ambitions en relais féminin, elle a affiché un réalisme assumé. « On est la dernière équipe qualifiée, il faut l’avoir en tête », a-t-elle rappelé, avant d’insister sur les forces françaises. « On sait ce dont on est capables, notamment en déstabilisant les adversaires avec notre tactique et notre agressivité », citant les progrès réalisés sur le World Tour. Interrogée sur la piste milanaise, elle a livré une analyse lucide. « La glace n’est ni très bonne ni très mauvaise, elle est moyenne », a-t-elle observé, rappelant que « tout le monde est sur le même pied d’égalité ».
Chez les hommes, Quentin Fercoq a également insisté sur l’importance du collectif élargi. « Être dans un grand groupe permet de faire des entraînements plus intenses », a-t-il expliqué, soulignant que « plus le peloton est grand, plus on est protégé », et donc plus performant. Le patineur a aussi comparé ces Jeux à ceux disputés dans un contexte sanitaire contraint. « Il y a beaucoup plus d’interactions entre les athlètes », a-t-il noté, se réjouissant d’un environnement plus ouvert et plus humain. À l’heure d’entrer en compétition, l’équipe de France de short-track veut apprendre et performer quand l’opportunité se présentera.